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Libye : le CICR continue de répondre aux urgences

12-04-2012 Point sur les activités

En Libye, la fin du conflit ne signifie de loin pas la fin des besoins humanitaires. Au cours des dernières semaines, le CICR a reconduit son accord de siège avec les autorités libyennes pour une période de plusieurs années et s’est employé à fournir une assistance d’urgence aux personnes blessées par suite des affrontements qui se sont produits à Sabha et à proximité de la frontière tunisienne.

Assistance aux structures de santé de Zouara, Al-Jamil et Ragdaline

Le 2 avril dernier, des affrontements se sont produits dans les environs des villes de Zouara et de Ragdaline, à quelque 120 km à l’ouest de Tripoli, sur la route menant vers la Tunisie. « Les violences ont fait environ 25 morts et plus de 300 blessés », explique Fatma Eljack, déléguée du CICR.

Les 4 et 5 avril, le CICR et le Croissant-Rouge libyen ont distribué des médicaments et du matériel médical destiné aux premiers secours et aux soins d’urgence, des sacs mortuaires et des brancards aux hôpitaux de Zouara et d’Al-Jamil, ainsi qu’à l’unité de soins de santé primaires de Ragdaline.

« Le Croissant-Rouge libyen a en outre évacué de nombreuses personnes blessées dans ces trois villes vers des hôpitaux à Tripoli, Sabratha et Zawiya, ainsi que vers des établissements en Tunisie, précise Mme Eljack. Nous continuons à suivre de près la situation humanitaire. »

Au lendemain des violents affrontements de Sabha

Les affrontements qui ont récemment opposé les tribus Toubous et Ouled Slimane à Sabha, dans le sud de la Libye, ont fait quelque 150 morts et plus de 350 blessés, selon les estimations du CICR et du Croissant-Rouge libyen.

« De nombreux Toubous ont été déplacés et des personnes ont été capturées dans les deux camps », indique Georges Comninos, chef de la délégation du CICR en Libye. « Afin de pouvoir répondre aux besoins les plus urgents, nous avons dépêché 12 collaborateurs à Sabha, dont des agents de santé et des ingénieurs hydrauliciens. »  

« Par ailleurs, un médecin du CICR a visité les blessés évacués vers les hôpitaux de Tripoli pour se rendre compte de leur état de santé », ajoute-t-il.
Le CICR  a procuré du matériel chirurgical et d’autres fournitures médicales à l’hôpital central de Sabha de manière à ce que les personnes souffrant de blessures par arme puissent y être soignées. Il a également fourni du matériel médical à un hôpital de campagne installé à Tayouri, un faubourg de Sabha habité principalement par des Toubous et des Touaregs. Des collaborateurs de l’institution ont en outre prodigué des conseils techniques concernant l’emploi des sacs mortuaires et la gestion des dépouilles aux membres des services sanitaires et de sécurité de Sabha.

Le système d’approvisionnement en eau de Tayouri ayant été endommagé lors des combats, le CICR a installé 10 réservoirs d’eau et distribué 20 000 litres d’eau potable aux habitants.

Le CICR a aidé les techniciens locaux à réparer le système d’alimentation électrique tombé en panne lors des violences. Il a aussi fourni 200 litres de fuel pour que la pompe a eau puisse être actionnée au moyen d’un générateur. En outre, il a remis un réservoir souple au Croissant-Rouge libyen de Sabha pour qu’il soit mieux en mesure de répondre aux besoins urgents en eau.

Assistance aux communautés vulnérables et aux personnes déplacées

Le CICR a continué à suivre de près la situation humanitaire à Koufra et à Ribyana, dans le sud-est de la Libye, après les combats qui s’y sont déroulés en février dernier. Si la plupart des déplacés internes sont rentrés chez eux, leur situation demeure très précaire.

Le 3 avril, 5 000 habitants de ces deux localités ont reçu du riz, du sucre, des pâtes, de l’huile de tournesol, des couches pour bébés, des couvertures, des bâches, des assortiments d’ustensiles de cuisine et des seaux.

Afin d’assurer l’approvisionnement en eau potable des 15 000 habitants de Koufra, le CICR a fourni sept pompes submersibles au service local des eaux. Cela faisait cinq mois que la ville était privée d’un approvisionnement régulier en eau, du fait du manque d’entretien du réseau pendant le conflit en Libye.

Des personnes originaires de Tawarga, Gwalish, Mashashia et Tamina sont toujours déplacées dans les régions de Bani Walid, Urban et Tarhouna. Ces deux dernières semaines, le CICR a remis des vivres et d’autres articles de première nécessité à une organisation de Bani Walid, pour qu’elle les distribue aux personnes déplacées installées dans la ville et dans ses environs.

Accord entre le CICR et les autorités libyennes

Le 28 mars dernier, le CICR a reconduit son accord de siège avec les autorités libyennes. Il y réitère son engagement à répondre aux besoins humanitaires qui se font encore sentir en Libye, après la fin du conflit. « Nous nous félicitons de l’accord que nous avons signé et qui courra pour une période de cinq ans, déclare M. Comninos. C'est l'expression de la part des autorités libyennes d'un engagement pour faciliter notre travail et respecter les principes humanitaires. »

« Malheureusement, la fin d’un conflit ne signifie pas la fin des souffrances humaines, précise encore M. Comninos. En Libye, cela est aujourd’hui particulièrement vrai pour les personnes qui sont toujours déplacées ou qui vivent dans des régions fortement contaminées par des restes explosifs de guerre, pour les familles dont des proches sont morts ou portés disparus, pour les blessés, les détenus et pour leurs familles. »

Informations complémentaires :
Soaade Messoudi, CICR Tripoli, tél. : +218 913 066 198
Steven Anderson, CICR Genève, tél. : +41 22 730 20 11 ou +41 79 536 92 50


Photos

Sabha, Libye. Le CICR a été la première organisation à pouvoir se rendre à Tayouri, un faubourg de Sabha, où il a acheminé de l’eau potable par camion le 1er avril 2012. Le camion a été mis à disposition par la Société des eaux et de l’assainissement de Sabha. 

Sabha, Libye. Le CICR a été la première organisation à pouvoir se rendre à Tayouri, un faubourg de Sabha, où il a acheminé de l’eau potable par camion le 1er avril 2012. Le camion a été mis à disposition par la Société des eaux et de l’assainissement de Sabha.
© CICR / A. el Badeaa al Dada

Sabha, Libye. Une scène de désolation dont a été témoin l’équipe du CICR, la première à avoir pu pénétrer dans Tayouri, un faubourg de Sabha. 

Sabha, Libye. Une scène de désolation dont a été témoin l’équipe du CICR, la première à avoir pu pénétrer dans Tayouri, un faubourg de Sabha.
© CICR / A. el Badeaa al Dada

Sabha, Libye. Le CICR remplit des réservoirs d’eau potable. 

Sabha, Libye. Le CICR remplit des réservoirs d’eau potable.
© CICR / D. Kaelin

Sabha, Libye. Le CICR remplit des réservoirs d’eau potable. 

Sabha, Libye. Le CICR remplit des réservoirs d’eau potable.
© CICR / D. Kaelin

Sabha, Libye. Une équipe de techniciens a été déployée avec l’appui du CICR pour évaluer les dégâts occasionnés au système d’alimentation électrique. 

Sabha, Libye. Une équipe de techniciens a été déployée avec l’appui du CICR pour évaluer les dégâts occasionnés au système d’alimentation électrique.
© CICR / D. Kaelin

Bani Walid, Libye. Des colis de secours d’urgence attendent d’être distribués par une organisation locale aux personnes déplacées installées dans la ville et ses environs. 

Bani Walid, Libye. Des colis de secours d’urgence attendent d’être distribués par une organisation locale aux personnes déplacées installées dans la ville et ses environs.
© CICR / X. Hu