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Israël et les territoires occupés : soutien à la population de Gaza et suivi des détenus en grève de la faim

15-08-2012 Point sur les activités

Le CICR continue de suivre les conséquences humanitaires des politiques et pratiques israéliennes dans les territoires occupés. Dans la bande de Gaza, l'escalade de la violence et les pénuries de carburant ont exacerbé les conditions de vie déjà précaires. Ci-après le point sur les activités du CICR en Israël et dans les territoires occupés entre janvier et la fin mai 2012.

Au cours du premier semestre 2012, le blocage du processus de paix a perduré malgré les efforts déployés par la Jordanie pour faciliter les pourparlers entre Israël et l'Autorité palestinienne.

De plus, le processus de réconciliation entre le Hamas et le Fatah qui était au point mort s’est avéré être un obstacle insurmontable, et les discussions sur un gouvernement d'union nationale et les élections ont dû être reportées.

Début mars 2012, la violence entre Gaza et Israël a repris avec une intensité aussi forte que lors de l'opération ‘Plomb durci’ en 2008-2009. Le meurtre d'un haut fonctionnaire des comités de résistance populaire par les Forces de défense israéliennes a provoqué le déclenchement de tirs de roquettes depuis la bande de Gaza qui ont blessé des civils.

Le bouclage de Gaza, qui entre maintenant dans sa cinquième année, continue d’entraver tous les aspects du quotidien dans l’enclave côtière et balaie tout espoir de relèvement économique, malgré certaines concessions octroyées par les autorités israéliennes. La longueur des procédures d’autorisation et la sévérité des contrôles de sécurité imposés pour sortir de Gaza, que ce soit à des fins de traitement, d’éducation ou de formation, sont toujours particulièrement préoccupantes. Grâce aux programmes « argent contre travail » et de soutien des moyens de subsistance, le CICR aide les personnes démunies à faire face à leur situation précaire.

Au départ, les Palestiniens détenus dans des lieux de détention israéliens ont observé individuellement des grèves de la faim pour protester contre la détention administrative et appeler à leur libération. Le 17 avril, plus de 1 500 détenus ont entamé une grève de la faim collective, exigeant la reprise des visites familiales pour les détenus de Gaza, la levée des mesures d’isolement, et un certain nombre d'améliorations de leurs conditions de détention. Le CICR a intensifié ses visites et suivi de près l'état de santé des détenus concernés.

Le CICR s’est également préoccupé des conséquences humanitaires des restrictions sur les déplacements et l'accès à la terre, de l'augmentation de la violence des colons, des opérations militaires et de maintien de l’ordre.

Renforcement des visites aux détenus en grève de la faim

Entre janvier et la fin mai 2012, le CICR a régulièrement visité des détenus à la fois dans des lieux de détention israéliens et palestiniens afin d'évaluer leurs conditions de traitement et le traitement qui leur est réservé. Dans les lieux de détention israéliens, l’institution a suivi la situation générale de quelque 8 500 détenus palestiniens, en particulier les détenus soumis à des interrogatoires, les détenus placés en isolement prolongé et les mineurs.

Le CICR a également suivi l'état de santé de plus de 1 500 détenus palestiniens tout au long de leur grève de la faim d'avril à mai 2012 et tenu des entretiens bilatéraux avec un certain nombre d'autorités détentrices et médicales israéliennes.

« Notre rôle était d'assurer le respect des normes internationales durant la grève de la faim prolongée », déclare le docteur Nicoloz Sadradze, de la délégation du CICR en Israël et dans les territoires occupés. « Nous respectons la libre volonté des détenus mais nous les avons informés des conséquences médicales de leur décision. »

Un accord conclu entre les détenus et les services pénitentiaires israéliens a mis fin à la grève le 14 mai 2012. L'accord stipulait aussi que les visites familiales pour les détenus dont les familles vivaient à Gaza - suspendues par les autorités israéliennes en 2007 - reprendraient.

De janvier à fin mai, quelque 4 000 détenus de Cisjordanie, Jérusalem-Est et du plateau du Golan ont reçu des visites familiales de 41 000 personnes dans le cadre du programme du CICR.

Le CICR a aussi visité quelque 2 000 personnes détenues par les autorités palestiniennes en Cisjordanie et à Gaza pour évaluer le traitement qui leur est réservé et leurs conditions de détention.

Approvisionnement médical des structures de santé de Gaza
Le CICR a fourni un soutien vital aux structures de santé à Gaza. En moyenne, 35 % des médicaments essentiels et articles médicaux à usage unique y sont en rupture de stock et la situation est précaire. Entre janvier et mai 2012, le CICR a remis 230 tonnes de secours médicaux. Du fait des pénuries chroniques, les patients doivent être transférés à l'étranger pour y être traités, ce qui implique un long processus d'autorisation et des contrôles de sécurité stricts pour pouvoir sortir de Gaza.

Une autre priorité du CICR, dans le cadre de la fourniture de soins de santé adéquats aux blessés et malades, consiste à soutenir les services d'urgence du ministère de la Santé et le Croissant-Rouge palestinien. De plus, le CICR distribue régulièrement du matériel chirurgical essentiel et des pièces de rechange pour les équipements médicaux des huit principaux hôpitaux de Gaza.

En février 2012, faute de source de carburant fiable, les hôpitaux étaient dans une situation très critique, certains services étant en état de fermeture imminente. Le CICR est intervenu pour fournir 300 000 litres de carburant à 13 hôpitaux de Gaza pour les aider à faire face aux coupures d'électricité quotidiennes.

Le CICR a aussi aidé le centre d’appareillage orthopédique et de prise en charge de la poliomyélite à traiter plus de 1 200 patients, dont 250 suivent des séances de physiothérapie.

Sécurité économique et amélioration de l'assainissement

Afin de répondre aux besoins économiques des familles touchées par le bouclage de la bande de Gaza, le CICR aidé plus de 10 600 personnes démunies dans la bande de Gaza par des projets « argent contre travail ». Des artistes au chômage ont reçu des commandes pour créer des sculptures véhiculant des messages d'ordre pédagogique, sanitaire et social, et des personnes ont été recrutées pour remettre les routes en état afin de garantir un meilleur accès aux écoles et aux fermes.

Dans les régions frontalières de la bande de Gaza, plus de 800 personnes ont reçu des intrants agricoles pour accroître la production alimentaire. Dans les zones de Cisjordanie les plus touchées par les restrictions de mouvement, le soutien du CICR et les démarches auprès des autorités israéliennes ont facilité l'accès à la terre de plus d’une centaine de ménages. Le CICR a également distribué des colis alimentaires à 250 familles démunies de Bédouins dans la vallée du Jourdain.

À Gaza, les ingénieurs « eau et assainissement » du CICR travaillent en partenariat avec les services des eaux locaux à la modernisation des d’usines de traitement des eaux usées, la construction de réseaux d’égouts et l’évacuation des eaux pluviales et la rénovation de stations de pompage. Entre janvier et la fin mai 2012, le CICR a amélioré les conditions sanitaires de quelque 200 000 personnes à Beit Hanoun et Rafah.

Coopération avec le Croissant-Rouge palestinien et le Magen David Adom d’Israël

Le CICR a continué de fournir un soutien financier aux services médicaux d'urgence du Croissant-Rouge palestinien qui ont répondu à plus de 30 000 appels à Jérusalem-Est, à Gaza et en Cisjordanie.

Le personnel du CICR et les volontaires du Croissant-Rouge palestinien ont distribué ensemble des secours à plus de 1 600 personnes dans le territoire palestinien occupé lorsque leurs maisons ont été détruites.

Magen David Adom d’Israël maintient ses services médicaux d'urgence dans tout le pays. Il a été à plusieurs reprises en état d’alerte maximale entre janvier et la fin mai 2012, soit lors de manifestations publiques, soit suite à des tirs de roquettes et des bombardements dans le sud. Le CICR continue à financer ces services dans les zones sensibles et éloignées et la formation leurs unités d’intervention d’urgence.

Promotion du droit international humanitaire

Le CICR a fait des exposés sur le droit international humanitaire (DIH) et le mandat du CICR pour 200 membres des forces armées et de police, gardes-frontières, commandants des points de contrôle et personnel pénitentiaire israéliens. Des séances d'information ont également été poursuivies à l’intention des services de sécurité palestiniens : plus de 700 d’agents chargés du maintien de l’ordre ont été sensibilisés au cadre juridique applicable à leur travail, ainsi qu’aux règles relatives aux droits de l'homme et aux règles internationales d’application de la loi en général.

La promotion des principes humanitaires auprès des acteurs de la société civile est restée prioritaire. Le CICR a organisé un cours intensif en DIH pour les juristes de l'administration israélienne et des organisations de la société civile. Il a aussi organisé des conférences sur le DIH pour les acteurs humanitaires et de défense des droits de l'homme en Israël et dans les territoires occupés, ainsi que des conférences dans les universités israéliennes.

Huit facultés de droit ou d’enseignement de la charia à Gaza et en Cisjordanie ont continué à enseigner le DIH et plus de 350 étudiants de diverses universités palestiniennes ont assisté aux exposés du CICR sur le sujet.


Photos

Jénine, en Cisjordanie. Le personnel du CICR vérifie les identités des familles avant de les accompagner des territoires occupés jusqu'à des lieux de détention en Israël, pour rendre visite à leurs proches détenus. 

Jénine, en Cisjordanie. Le personnel du CICR vérifie les identités des familles avant de les accompagner des territoires occupés jusqu'à des lieux de détention en Israël, pour rendre visite à leurs proches détenus.
© ICRC / Andrea and Magda / il-e-02578

Un délégué s'entretient avec un détenu lors d'une visite du CICR centre de détention de Ramon, en Israel. 

Un délégué s'entretient avec un détenu lors d'une visite du CICR centre de détention de Ramon, en Israel.
© ICRC / G. Kavalerchik / il-e-02567

Wala 'Alnahal s'exerce à la marche avec sa nouvelle prothèse dans un centre orthopédique de Gaza soutenu par le CICR. 

Wala 'Alnahal s'exerce à la marche avec sa nouvelle prothèse dans un centre orthopédique de Gaza soutenu par le CICR.
© ICRC / N. Kero / il-e-02568

Village de Yanoun, au nord de la Cisjordanie. Ces agriculteurs palestiniens ont un accès limité à leur terre, située à proximité des colonies israéliennes, aussi le CICR intervient auprès des autorités israéliennes pour qu'ils puissent travailler dans leurs champs d'oliviers. 

Village de Yanoun, au nord de la Cisjordanie. Ces agriculteurs palestiniens ont un accès limité à leur terre, située à proximité des colonies israéliennes, aussi le CICR intervient auprès des autorités israéliennes pour qu'ils puissent travailler dans leurs champs d'oliviers.
© ICRC / B. Almohor