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Tunisie : améliorer les conditions de vie dans les prisons

29-08-2012 Point sur les activités

Depuis la chute du régime en janvier 2011, le CICR soutient l'administration pénitentiaire tunisienne dans le but d'améliorer les conditions de détention dans le pays.

« Les mutineries qui ont éclaté pendant la révolution, et les incendies qui en ont résulté, ont mis en évidence que d’importants travaux de réhabilitation s’imposaient dans certains établissements carcéraux de Tunisie », explique Mulan Giovannini, déléguée responsable des activités de protection du CICR à la délégation de Tunis. « Nous nous sommes rapidement mis au travail avec l'administration pénitentiaire afin de rendre la situation moins aléatoire pour les détenus. »

En 2012, le CICR a visité plusieurs prisons tunisiennes, mais aussi des lieux de garde à vue où sont détenues des personnes récemment arrêtées, des centres d'orientation destinés à accueillir les migrants, ainsi que des centres pour mineurs. Ces visites ont pour but d'observer les conditions de détention de ces personnes, et le traitement qui leur est réservé. À l’issue de ces visites, le CICR fait part confidentiellement de ses conclusions et de ses recommandations aux autorités concernées, uniquement.

Projet anti-incendies à la prison de Borj El Amri

Le CICR a récemment achevé les travaux d'installation de systèmes de détection et de lutte contre les incendies dans la prison civile de Borj El Amri, près de Tunis. « C'est l'une des plus grandes prisons du pays. Les conditions au lendemain des mutineries y étaient particulièrement précaires », précise Mme Giovannini.

Le dispositif anti-incendies est constitué de robinets qui s’ouvrent automatiquement en cas d'éventuel départ d'incendie dans une des ailes de l'établissement. Une formation sur l'utilisation de ces robinets sera organisée pour le personnel pénitencier, en collaboration avec la protection civile.

Il s'agit du deuxième projet réalisé par le CICR à la prison de Borj El Amri en moins d'un an. Des travaux démarrés en 2011 visent à réhabiliter 1 100 m2 d'espaces endommagés par les incendies qui se sont déclenchés lors des mutineries. Plusieurs cellules, de même que des locaux communs, ont ainsi fait l'objet de rénovations allant de travaux de finition mineurs (peinture, menuiserie, électricité, etc.) jusqu'à la réfection intégrale des dalles.

La prison de Borj El Amri avait été sélectionnée pour bénéficier de ce projet pilote", à la suite d’une évaluation effectuée par le CICR dans l'ensemble des prisons tunisiennes, à la demande du ministère de la Justice.

Un système anti-incendies similaire sera également installé dans la prison de Sers, dans le nord de la Tunisie. En outre, des travaux de réhabilitation seront réalisés dans les prisons de Harboub (dans le sud du pays) et de Messaadine, ainsi que dans le centre de rééducation pour mineurs de Sidi El Hani.

Santé en prison

Au lendemain de la révolution tunisienne, grâce à un dialogue ouvert et constructif avec les autorités, le CICR a évalué le système de santé dans six prisons considérées comme représentatives du système carcéral tunisien, et visité les hôpitaux de référence prenant en charge des détenus. « Nous envisageons des projets de soutien à la santé dans trois prisons, et l'ensemble du suivi à donner à cette évaluation fera l'objet de réunions de travail avec les ministères de la Justice et de la Santé », poursuit Mme Giovannini.

En juillet, le CICR a organisé à Tunis un séminaire de quatre jours sur la santé en détention. Plus de 100 personnes – directeurs et directeurs adjoints de prisons, médecins et psychologues – y ont participé. L'accent a été mis sur l'approche du CICR en matière de santé publique dans les lieux de détention, sur le rôle des psychologues et sur la collaboration entre le personnel de santé et de sécurité au sein des prisons.

Lors de leurs visites aux personnes détenues, les délégués du CICR ont accordé une attention particulière aux mineurs, aux femmes et aux ressortissants étrangers. Pour ces derniers, ces visites ont été l'occasion d'échanger des nouvelles avec les membres de leurs familles.

Informations complémentaires :
Faten M'Tir, CICR Tunis, tél. : +216 25 336 200