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Israël et les territoires occupés : activités en 2012

01-03-2013 Point sur les activités

Le CICR continue de faire face aux conséquences humanitaires des politiques mises en œuvre par Israël dans les territoires occupés et d’insister auprès des autorités et des groupes armés palestiniens sur la nécessité de respecter en tout temps les civils et le personnel médical. Le point sur ces activités et d’autres en 2012.

Les efforts déployés par la communauté internationale pour relancer le processus de paix israélo-palestinien, y compris les pourparlers facilités début 2012 par la Jordanie, n’ont pas permis de sortir de l’impasse, les deux parties campant fermement sur leur position. Israël a continué de réclamer des négociations directes sans conditions préalables, tandis que l’Autorité palestinienne insistait sur le gel des implantations en Cisjordanie comme préalable à la reprise des négociations.

En novembre, l’Assemblée générale des Nations Unies a reconnu la Palestine comme État non-membre, une démarche soutenue par une large majorité d’États, dont plusieurs de l’Union européenne. Tant Israël que les États-Unis d’Amérique ont dénoncé cette initiative unilatérale et ont déclaré qu’elle était préjudiciable à la reprise du processus de paix.

Novembre a aussi été marqué par la plus forte escalade de la violence entre Israël et la bande de Gaza depuis la période 2008-2009. La confrontation, qui a duré une semaine, a fait 173 morts côté palestinien et quatre côté israélien, ainsi que des centaines de blessés, surtout parmi les Palestiniens. L’accord de cessez-le-feu négocié par l’Égypte a pour l’instant réduit les tensions dans la région. Entre-temps, le Hamas et les chefs du Fatah ne sont toujours pas parvenus à se réconcilier malgré les efforts égyptiens de médiation et le rapprochement observé lors de récents pourparlers. Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, et le Fatah restent divisés, mais des développements intervenus en fin d’année auraient donné une nouvelle impulsion susceptible d’améliorer les relations entre les deux parties.

En Cisjordanie, les agriculteurs palestiniens sont toujours confrontés au problème que pose l’accès à leurs terres situées près de  la barrière de sécurité et des colonies. Des actes de violence perpétrés par des colons à l’encontre des Palestiniens et de leurs biens ont encore été enregistrés. L’Autorité palestinienne a dû faire face à des difficultés économiques, ce qui a gêné la fourniture des services de base. Cela a déclenché une vague de protestations parmi les Palestiniens qui reprochent à l’Autorité palestinienne de ne pas créer des institutions économiquement viables. Une crise de l’énergie dans la bande de Gaza en début d’année a provoqué de longues pannes de courant qui ont gravement perturbé les services médicaux et de transport.

Action menée par le CICR pendant les dernières opérations militaires

À la suite des opérations militaires qui se sont déroulées fin novembre, pendant une semaine, dans la bande de Gaza, les collaborateurs du CICR sur le terrain se sont tout particulièrement efforcés de récolter des informations sur la conduit des hostilités. Leurs conclusions constituent la base d’un dialogue direct entre les autorités d’Israël et celles de Gaza sur le respect des règles du droit international humanitaire.

Le CICR a coopéré avec ses partenaires du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, à savoir le Croissant-Rouge palestinien et le Magen David Adom d’Israël, pour répondre aux besoins humanitaires. À Gaza, les ambulances du Croissant-Rouge palestinien ont évacué les blessés vers des structures de soins, et des équipes conjointes CICR et Croissant-Rouge palestinien ont fourni des articles ménagers essentiels et des matériaux pour la construction d’abris aux familles dont la maison avait été endommagée ou détruite. En dialoguant avec les autorités israéliennes, le CICR a aussi fait en sorte que les ambulances du Croissant-Rouge palestinien puissent circuler en toute sécurité et aient accès à toutes les personnes dont l’état requiert des services médicaux d’urgence. En Israël, avec le Magen David Adom, le CICR a visité des zones touchées par la violence. Il a également apporté un soutien financier au Magen David Adom.

Une aide d’urgence, de meilleures conditions sanitaires et un soutien aux hôpitaux

En 2012, le CICR a continué d’améliorer la situation des Palestiniens les plus durement touchés par le conflit armé et l’occupation. Avec le Croissant-Rouge palestinien, nous avons distribué une aide d’urgence aux personnes dont la maison avait été détruite, ainsi qu’à d’autres particulièrement démunies. Dans la ville de Hébron, située dans le sud de la Cisjordanie, où le CICR distribue chaque mois depuis dix ans des rations alimentaires aux communautés pauvres, l’institution a réorienté ses activités pour soutenir les moyens de subsistance des habitants.

Sur l’ensemble du territoire palestinien, les gens ont bénéficié de la distribution de semences et d’outils, d’activités « argent contre travail », comprenant notamment l’amélioration des infrastructures communautaires, ainsi que d’autres initiatives. Les échanges entre le CICR et les autorités israéliennes ont eu pour résultat de faciliter l’accès des agriculteurs à leurs terres et celui des pêcheurs aux zones de pêche, garantissant ainsi des sources vitales de revenus.

En étroite collaboration avec le service des eaux palestinien et l’office des eaux des municipalités de la côte de Gaza (Coastal Municipalities Water Utilities, CMWU), le CICR a contribué à améliorer l’approvisionnement en eau et les conditions d’assainissement pour les Palestiniens en remettant en état les installations sanitaires dans la bande de Gaza et les réseaux de distribution d’eau dans les communautés de Cisjordanie mal desservies. Le CICR est resté concentré sur les projets à long terme qui ont des effets durables sur la santé publique.

Afin que les services médicaux sur le territoire palestinien soient assurés en permanence, le CICR a continué de fournir gratuitement des fournitures, des équipements, des pièces de rechange et, au besoin, du carburant aux hôpitaux de la bande de Gaza touchés par les restrictions à l’importation et la crise financière que traverse actuellement l’Autorité palestinienne. De plus, il a rénové, voire amélioré les structures hospitalières. Il a apporté un soutien financier au Croissant-Rouge palestinien pour ses services médicaux d’urgence, qui fonctionnent sur l’ensemble du territoire palestinien. Il a en outre aidé à couvrir les frais de maintenance de 62 postes de secours d’urgence gérés par les autorités sanitaires de Gaza et remis en état cinq ambulances de la protection civile et cinq des services médicaux militaires. En Israël, les services médicaux d’urgence du Magen David Adom ont eux aussi bénéficié de l’appui du CICR.

Visites à quelque 24 000 détenus

En 2012, le CICR a visité plus de 20 600 personnes détenues par Israël et environ 3 350 détenues par les autorités palestiniennes. Ces visites, effectuées selon les modalités habituelles de l’institution, ont permis de suivre de près le traitement réservé aux détenus et leurs conditions de détention, et de s’assurer que les règles internationales applicables et les normes reconnues au niveau international étaient bien respectées. Le CICR a fait part de ses conclusions aux autorités détentrices de manière confidentielle.

Le CICR a aussi suivi de près le traitement réservé aux détenus palestiniens en grève de la faim. Il a en outre pris des dispositions pour permettre à des milliers de détenus de recevoir la visite de leur famille. En juillet, les visites des familles de Gaza à leurs proches en détention ont repris après une interruption de cinq ans.

Promotion du droit international humanitaire

Le CICR a continué de promouvoir le droit international humanitaire et les principes humanitaires auprès des autorités, des porteurs d’armes et d’autres groupes, ainsi que parmi la société civile. Le but était de faciliter l’acceptation des activités du Mouvement et d’obtenir le soutien à ces activités, et de mieux faire connaître le mandat du CICR, qui consiste à protéger et aider les victimes de conflits armés.

Avec d’autres partenaires du Mouvement, le CICR a également contribué à ce que le Croissant-Rouge palestinien et le Magen David Adom aient les capacités et les ressources nécessaires pour répondre efficacement à toute une série de besoins humanitaires


Photos

Fawqiya, 70 ans, est de retour dans la bande de Gaza après une visite à son fils dans un centre de détention en Israël. Elle n'avait pas été autorisée à le voir pendant huit ans. 

Fawqiya, 70 ans, est de retour dans la bande de Gaza après une visite à son fils dans un centre de détention en Israël. Elle n'avait pas été autorisée à le voir pendant huit ans.
© CICR

Le CICR et le Croissant-Rouge palestinien distribuent des bâches pour couvrir les fenêtres et les portes qui ont été endommagées durant les hostilités en novembre 2012. 

Le CICR et le Croissant-Rouge palestinien distribuent des bâches pour couvrir les fenêtres et les portes qui ont été endommagées durant les hostilités en novembre 2012.
© CICR

Le CICR, en partenariat avec le service palestinien des eaux, a relié plus de 250 ménages à l'eau courante dans le village de Bir El Basha dans le nord de la Cisjordanie. 

Le CICR, en partenariat avec le service palestinien des eaux, a relié plus de 250 ménages à l'eau courante dans le village de Bir El Basha dans le nord de la Cisjordanie.
© CICR

Le Magen David Adom en Israël était disponible sur ​​appel 24 heures par jour pendant les hostilités entre Gaza et Israël en novembre 2012. 

Le Magen David Adom en Israël était disponible sur ​​appel 24 heures par jour pendant les hostilités entre Gaza et Israël en novembre 2012.
© CICR / il-e-02589

Des étudiants israéliens participant à un jeu de rôle dans le cadre du concours de  droit international humanitaire 2012, à Tel-Aviv. 

Des étudiants israéliens participant à un jeu de rôle dans le cadre du concours de droit international humanitaire 2012, à Tel-Aviv.
© CICR