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Colombie : les troubles sociaux entravent l’accès aux services de santé

18-07-2013 Point sur les activités

Entre février et mars, une série de troubles sociaux ont paralysé les routes de plusieurs régions du pays. Cette situation a eu un effet négatif sur l’accès aux services de santé et sur le respect du personnel, des véhicules et de l’infrastructure de la mission médicale en Colombie. Le CICR, en collaboration avec la Croix Rouge colombienne, est intervenu afin de permettre aux véhicules sanitaires de circuler librement et a continué de promouvoir le respect de la mission médicale.

Au moins trois personnes sont mortes après que les ambulances qui les transportaient ont été interdites de passage, et plusieurs hôpitaux n’ont plus pu être approvisionnés. Entre janvier et mars, le CICR a recensé 27 incidents qui ont fait obstacles au travail de la mission médicale, soit 15 de plus que le trimestre précédent.

Durant cette période, les négociations se sont poursuivies entre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et le gouvernement à La Havane, tandis que la population continuait de subir les effets de la violence et des affrontements armés causés par les parties au conflit et d’autres acteurs armés. Comme en 2012, ces incidents se sont produits principalement dans la région du sud-ouest, en particulier dans les départements de Cauca, du Chocó, de Nariño et de Putumayo.

« Il est du devoir non seulement des parties au conflit et des autres acteurs armés, mais aussi de toute la population de respecter la mission médicale, rappelle Marie-Josée Sierro, coordonnatrice santé du CICR en Colombie. Lorsque les services de santé ne peuvent plus être fournis, la vie de nombreuses personnes est mise en danger. »

Accès aux services de santé

  • 3 000 personnes ont eu accès à des services de santé pour la première fois depuis quatre ans, par le biais d’une clinique mobile à Magüi Payán (Nariño) ;
  • 677 personnes malades ou blessées ont reçu des soins médicaux grâce au soutien du CICR. Parmi elles, 188 ont reçu une aide économique ;
  • 273 civils ont été formés aux premiers secours en collaboration avec la Croix-Rouge colombienne ;
  • 46 membres du personnel médical ont reçu une formation à la gestion des blessés ;
  • 562 personnes ont reçu une formation relative au respect de la mission médicale.

Le CICR a en outre continué de s’assurer que les personnels de santé puissent pénétrer dans les zones dont l’accès était bloqué en raison de la violence armée ou des troubles sociaux.

Infrastructure, eau et assainissement

  • 2 300 personnes ont bénéficié de la rénovation d’un poste de santé à Istmina (Chocó) ;
  • 60 mineures enceintes disposent d’un logement jusqu’à la fin de leur grossesse grâce à la construction d’un refuge à Buenaventura (Valle del Cauca) ;
  • 673 habitants de Medio Baudó (Chocó) disposent de systèmes pour récolter et utiliser l’eau de pluie destinée à la consommation, et ont reçu une formation en matière d’hygiène et de gestion des déchets ;
  • 160 élèves d’une école de Suárez (Cauca) ont bénéficié de la construction d’une cantine scolaire et de toilettes, ce qui a amélioré leurs conditions d’hygiène ;
  • 30 enfants qui fréquentent une école de La Montañita (Caquetá) ont à présent accès à de l’eau, grâce à la construction d’un puits et d’un système de pompage alimenté par l’énergie solaire.

Le travail du CICR a amélioré les conditions de vie de nombreuses personnes. L’institution a construit ou modernisé l’infrastructure de plusieurs communautés touchées par le conflit et la violence dans le sud-ouest du pays.

Personnes déplacées

  • 2 216 vivant dans des zones en proie au conflit ou à la violence armée ont bénéficié de projets agricoles du CICR, notamment d’une aide à la construction d’un moulin à riz, à l’élevage de poissons et de poules et à la culture de cacao, de bananes, de noix de coco et de cèdres ;
  • 1 099 personnes déplacées ont reçu des vivres, des articles ménagers de première nécessité et des articles d’hygiène ;
  • 292 autres personnes démunies en raison du conflit ou de la violence armée ont reçu des vivres et des articles d’hygiène ;
  • 419 familles ont été enregistrées dans des bases de données officielles avec l’appui du CICR, ce qui leur permettra de recevoir une assistance de l’État.

En Colombie, le CICR assiste les populations déplacées lorsque plus de 50 personnes sont concernées et qu’elles se trouvent dans des lieux auxquels l’État n’a pas accès. C’est le cas des déplacements qui ont eu lieu durant le premier trimestre 2013 dans les municipalités de Bajo Baudó (Chocó), dans le sud-ouest, et de López de Micay (Cauca), sur la côte Pacifique.

Visites de centres de détention et rétablissement des liens familiaux

  • Les familles de 564 détenus ont pu rendre visite à leurs proches privés de liberté grâce au soutien financier du CICR ;
  • le CICR a visité 28 centres de détention et vérifié les conditions de détention de 867 détenus ;
  • 17 messages Croix-Rouge ont été échangés entre des personnes se trouvant dans des centres de détention de l’État et leurs familles avec le soutien de la Croix-Rouge colombienne.

Le CICR continue de visiter régulièrement les centres de détention de l’État afin de vérifier les conditions de vie des détenus et le traitement qui leur est réservé. Il a en outre adressé aux autorités des recommandations dans le cadre de l’adoption d’un nouveau Code pénitentiaire et il suit de près ce projet, actuellement débattu par le Congrès colombien.

Personnes aux mains de groupes armés
En sa qualité d’intermédiaire neutre, le CICR a facilité la libération de douze personnes, dont trois Colombiens, deux Péruviens et deux Allemands qui lui ont été remis par l’ELN dans les départements de Bolívar et de Norte de Santander, et trois membres des forces armées et de sécurité remis par les FARC-EP dans les départements de Cauca et de Nariño.

Contamination par les armes

  • 3 774 patients ont été pris en charge dans quatre centres de réadaptation physique soutenus par le CICR ;
  • 682 orthèses et prothèses ont été fournies à des personnes handicapées ;
  • 878 personnes vivant dans des régions affectées par des engins explosifs improvisés et des restes explosifs de guerre ont reçu une formation afin de reconnaître les situations dangereuses et de réduire les risques d’accidents ;
  • 133 victimes de la contamination par les armes ont été conseillées pour pouvoir bénéficier des services de l’État et obtenir une indemnisation.

La contamination par les armes touche les zones tant urbaines que rurales en proie au conflit et à la violence armée. Elle perturbe la vie quotidienne de la population en limitant l’accès aux écoles, aux lieux de travail, aux cultures et aux sources d’eau. Elle fait de nombreuses victimes : blessés, morts, handicapés et déplacés.

Le CICR vient en aide aux personnes concernées et s’emploie à limiter les effets de la contamination par les armes.

Violations présumées du DIH et d’autres règles fondamentales

  • 170 personnes menacées de mort ont bénéficié d’une aide économique pour s’installer dans des lieux plus sûrs;
  • 12 mineurs ont pu reprendre contact avec leurs familles après qu’ils ont pris part au conflit, puis été démobilisés ;
  • le CICR a pris en charge les frais d’obsèques de 40 personnes décédées en raison du conflit et d’autres situations de violence ;
  • le CICR a recensé 63 violations présumées des règles de droit international humanitaire (DIH) et d’autres règles fondamentales, imputables aux parties au conflit et à d’autres acteurs armés.

Le CICR s’est entretenu avec les différents groupes armés et leur a rappelé leur obligation de respecter les règles de DIH et de droit coutumier.


Photos

Après avoir été bloqué par une manifestation pendant des heures, un camion transportant 110 bouteilles d’oxygène a pu arriver à Popayán, accompagné par des employés du CICR. 

Santander de Quilichao, Cauca.
Après avoir été bloqué par une manifestation pendant des heures, un camion transportant 110 bouteilles d’oxygène a pu arriver à Popayán, accompagné par des employés du CICR.
© CICR / M. Limoner

Les habitants d’une communauté rurale assistent à l’une des douze formations aux premiers secours organisées par le CICR dans le pays entre janvier et mars 2013. 

Arauquita, département d’Arauca.
Les habitants d’une communauté rurale assistent à l’une des douze formations aux premiers secours organisées par le CICR dans le pays entre janvier et mars 2013.
© CICR / D. Littlejohn-Carrillo

Un aqueduc installé par le CICR a permis d’améliorer les conditions de vie difficiles des 400 habitants de cette communauté rurale.   

Las Perlas, département de Putumayo.
Un aqueduc installé par le CICR a permis d’améliorer les conditions de vie difficiles des 400 habitants de cette communauté rurale.
© CICR / S. Giraldo

Durant sa visite de quatre jours en Colombie, le président du CICR, Peter Maurer, s’est rendu dans plusieurs villages du département touchés par le conflit et la violence. 

Río Piñuña Negro, département de Putumayo.
Durant sa visite de quatre jours en Colombie, le président du CICR, Peter Maurer, s’est rendu dans plusieurs villages du département touchés par le conflit et la violence.
© CICR / B. Heger / V-P-CO-E-02422

Cent familles vivant dans des quartiers touchés par la violence urbaine participent à un projet générateur de revenus lancé par le CICR. 

Medellín.
Cent familles vivant dans des quartiers touchés par la violence urbaine participent à un projet générateur de revenus lancé par le CICR.
© CICR / L. Gómez