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Liban : face aux crises passées et présentes

25-09-2013 Point sur les activités

Un nombre incalculable de personnes continue de fuir la violence en Syrie où le CICR apporte une assistance médicale aux blessés de guerre et approvisionne en eau les communautés qui hébergent des réfugiés. Le CICR offre aussi un soutien aux familles des personnes disparues lors des conflits armés au Liban.

Aide aux réfugiés

Plus de deux années de combats en Syrie ont poussé des centaines de milliers de personnes à fuir dans les pays voisins, notamment au Liban, qui accueille quelque 740 000 réfugiés. « Ces personnes ont, dans leur majorité, dû fuir pour des raisons de sécurité,  abandonnant tous leurs effets personnels et leurs biens. Elles arrivent au Liban avec juste leurs vêtements sur le dos et ont besoin d'une assistance de base », déclare Thomas Colle, délégué du CICR. Le CICR a fourni des secours d'urgence (notamment des vivres, des couvertures, des ustensiles de cuisine, des matelas) à des milliers de réfugiés, principalement à ceux qui viennent d'arriver sans recevoir d'aide d'autres organisations humanitaires, et a axé ses efforts sur le traitement médical des blessés de guerre.

Le CICR a renforcé son soutien aux services médicaux d'urgence de la Croix-Rouge libanaise afin que les personnes blessées par arme en provenance de la Syrie soient transférées dans des hôpitaux libanais. Il a étendu son appui financier et distribué d'autres secours médicaux pour aider les services des ambulances et des banques du sang de la Croix-Rouge libanaise à faire face au nombre croissant de demandes.

Le CICR a aussi pris en charge le coût du traitement médical des personnes les plus grièvement blessées. De plus, il a contrôlé les que ces patients ont reçus dans les hôpitaux et les centres de réadaptation, et appareillé en prothèses les personnes handicapées à vie. « Nous voyons beaucoup de cas d'amputations (bras ou jambe), ou de paralysies dues aux armes. Nous avons fourni des prothèses de bras et des prothèses oculaires à des patients, jeunes pour la plupart. C'est très triste », explique Janet Askew, un membre du personnel de santé du CICR dans le pays.

Aide à l'approvisionnement en eau

L'afflux de personnes fuyant la violence en Syrie a mené à mal l'infrastructure en eau dans les communautés d'accueil. En collaboration avec les services d'eaux locaux, le CICR a entrepris des mesures dans différentes régions du pays pour faire face à la demande croissante en eau. « Il est essentiel que les réfugiés syriens et les communautés qui les accueillent disposent d'une quantité suffisante en eau salubre afin de maintenir une bonne hygiène et des conditions sanitaires acceptables », précise Thomas Batardy du CICR, qui supervise les projets dans le domaine de l'eau. À Koura, dans le nord du Liban, l'institution a fourni un générateur à une usine de traitement, ce qui a permis d'accroître l'approvisionnement en eau de 15 villages, dont la population totale s'élève à 53 000 habitants et 4 500 réfugiés. Le CICR a aussi remis en état la source d'eau qui dessert 12 000 personnes dans un quartier de Tripoli. D'autres mesures, comme la rénovation des stations de pompage et le développement de nouvelles sources d'eau, seront prises les prochains mois, notamment dans la région de la Bekaa et dans le nord du pays.

Personnes disparues

« Trente ans d'attente, de tristesse, de détresse ... de douleur et de souffrance en trop, mais aussi de rêve et d'espoir ... ». Ce sont les mots adressés par une femme à son frère disparu. « Je t'écris parce que je crois que tu peux lire. Je t'appelle parce que je crois que tu peux m'entendre. Je te fais des signes parce que je crois que tu peux les voir. » Ces paroles sont celles d'une mère à son fils disparu. Les souffrances des familles de personnes disparues souvent il y a quelques décennies, durant la guerre civile de 1975-1990, restent toujours très vives. À l'occasion de la Journée internationale des personnes disparues, le 30 août, une centaine de textes ont été publiés dans une brochure du CICR intitulée « I told myseld I will write to you ».

Dans le cadre de son action en faveur des familles de personnes disparues, le CICR a continué à recueillir des informations détaillées sur les personnes disparues, informations qui sont essentielles pour tenter de déterminer ce qui leur est arrivé. Le CICR souhaite donc recueillir des échantillons de familles biologiques de référence afin de pouvoir utiliser des profils d'ADN pour identifier des restes humains. De plus, il s'efforce de sensibiliser le public à ce problème humanitaire, long et apparemment insoluble, et de rappeler aux autorités l'obligation qui leur incombe en vertu du droit international humanitaire d'élucider le sort de toutes les personnes portées disparues.

Ces derniers mois, le CICR a visité des détenus dans divers lieux de détention, comme il l'a fait au Liban depuis 2007, lorsqu'il a signé un accord avec les autorités libanaises en vertu duquel les délégués du CICR sont autorisés à visiter les prisons et les centres d'interrogation des ministères de l'Intérieur et de la Défense. Ces visites visent à évaluer les conditions de détention, le traitement réservé aux détenus et le respect des garanties juridiques fondamentales.

De janvier à août 2013, le CICR a :

  • conduit des entretiens auprès des familles de 403 personnes disparues dans le cadre de ses efforts visant à recueillir des informations détaillées sur les personnes disparues ;
  • visité 5 760 détenus dans 24 lieux de détention au Liban ;
  • rapatrié, en sa qualité d'intermédiaire neutre, quatre civils et les corps de quatre ressortissants libanais en provenance d'Israël et d'un citoyen israélien du Liban ;
  • réalisé deux projets visant à améliorer les ressources d'eau disponibles à Koura, dans le nord du Liban, et à Tripoli ;
  • distribué des vivres et autres secours d'urgence pour un total de 26 664 réfugiés en provenance de Syrie, dont 13 865 Palestiniens ;
  • pris en charge le coût du traitement médical de 703 réfugiés syriens blessés par arme et appareillé 14 blessés de guerre syriens en prothèses ;
  • formé 132 membres du personnel hospitalier à faire face à un afflux massif de blessés et 30 chirurgiens à la prise en charge des blessés de guerre ;
  • fourni des secours médicaux pour le traitement de plus de 2 200 patients  à 19 hôpitaux,  trois services d'ambulances et quatre postes de premiers secours ;
  • fourni 2 735 poches de sang pour des blessés syriens.

Fondé il y a 150 ans, le CICR est présent au Liban depuis 1967 où il continue de répondre aux problèmes humanitaires résultant des conflits armés et autres situations de violence.


Photos

Cet homme a été blessé lors du conflit en Syrie. Le CICR l'a équipé d'un bras artificiel. 

Cet homme a été blessé lors du conflit en Syrie. Le CICR l'a équipé d'un bras artificiel.
© ICRC

Un collaborateur du CICR parle à une femme dont le parent est porté disparu 

Un collaborateur du CICR parle à une femme dont le parent est porté disparu
© CICR / P. Parrish

Une jeune femme syrienne réfugiée attend son tour pour s'aprovisionner en eau. 

Sidon, Sud-Liban
Une jeune femme syrienne réfugiée attend son tour pour s'aprovisionner en eau.
© Reuters / A. Hashisho

Un délégué du CICR s'entretient en privé avec un prisonnier dans la prison centrale de Roumieh. 

Un délégué du CICR s'entretient en privé avec un prisonnier dans la prison centrale de Roumieh.
© ICRC / P. Parrish