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Philippines : les inondations aggravent la situation des déplacés à Zamboanga

18-10-2013 Point sur les activités

Début octobre, après cinq jours consécutifs de précipitations, l’eau a envahi Zamboanga, augmentant les risques sanitaires pour les personnes déplacées par les récents combats. Le CICR et la Croix-Rouge philippine poursuivent leur action en faveur des personnes le plus durement touchées.

 

 

© Google

Avec de l'eau à hauteur de la poitrine, les habitants de certains quartiers de la ville ont vu se dégrader leurs conditions de vie, alors que les combats entre les forces armées philippines et le Front moro de libération nationale avaient contraint des milliers de personnes à fuir leurs foyers. De nouveaux centres d'évacuation ont été ouverts : ils accueillent à la fois les nouvelles victimes des inondations et les familles qui ont dû quitter certains centres, tels que le complexe sportif Joaquin F. Enriquez, qui avaient été envahis par les eaux.

« Avec ces pluies, la boue envahit tout, même l'intérieur de notre tente, et les enfants commencent à tomber malades. Nous voulons vraiment retourner chez nous, retrouver notre maison, mais on nous dit que tout a brûlé », a expliqué une femme, Mia Juwaran, originaire de Brgy, Rio Hondo, dont la famille a trouvé refuge sur le rivage, à Cawa-Cawa.

Conjointement avec la Croix-Rouge philippine, le CICR continue d'aider les personnes déplacées par les affrontements et/ou victimes des inondations.

« Les inondations ont dégradé la situation sur le plan de l’hygiène et de l'assainissement dans de nombreux centres d'évacuation, alors que des vents violents détruisaient des abris, infligeant des épreuves supplémentaires à des personnes dont les conditions de vie étaient déjà très difficiles », a déclaré Sébastien Sujobert, un délégué du CICR travaillant à Zamboanga.

« Bien que les inondations soient pratiquement terminées, il y a encore des eaux stagnantes dans certains endroits. Les risques sanitaires restent élevés, d’autant plus que nous prévoyons encore des pluies cette saison », a-t-il ajouté.

Une partie des 41 000 personnes qui y sont hébergées devront probablement rester ces deux prochains mois dans les 29 centres d'évacuation qui ont été ouverts ; un grand nombre de maisons ont en effet été endommagées lors des affrontements ou lors des inondations.

D'autres personnes ont perdu leurs moyens de subsistance. « Beaucoup de gens ne sont pas autorisés à rentrer dans leur village, car les autorités y poursuivent les opérations. Les fortes précipitations ont ralenti ces opérations et retardé ainsi le retour des habitants dans leurs foyers », a déclaré Victor Liozo Jr., administrateur de la section de Zamboanga de la Croix-Rouge philippine.

Du 5 au 16 octobre, le CICR et la Croix-Rouge philippine ont mené auprès des déplacés une action visant à fournir des secours d'urgence, améliorer l'assainissement, dispenser des soins de santé de base et, enfin, permettre à ces personnes de vivre dans de meilleures conditions.

Ensemble, les deux organisations :

  • ont distribué des rations alimentaires pour un mois, ainsi que des articles ménagers et des articles d'hygiène, à près de 5 000 familles hébergées dans sept centres d'évacuation ;
  • ont remis 40 tonnes de riz et 25 000 boîtes de sardines à la section de Zamboanga de la Croix-Rouge philippine (qui les distribuera à 8 000 familles) ;
  • ont commencé à construire des latrines au lycée d’État Taluksangay (où 32 latrines ont déjà été installées) ;
  • vont construire un certain nombre de latrines dans le complexe sportif Joaquin F. Enriquez, où les besoins en matière d'assainissement sont aigus ;
  • ont mis sur pied des « brigades de nettoyage » dans sept centres d'évacuation, où plus de 1 000 personnes évacuées ont reçu une rémunération pour les travaux effectués (balayage et élimination des déchets);
  • ont mené, dans quatre centres d'évacuation, des activités de promotion de la santé et de l'hygiène, en enseignant notamment les techniques adéquates de lavage des mains ;
  • ont assuré, dans six centres d'évacuation, l’approvisionnement en eau potable grâce à neuf réservoirs souples de stockage d'eau ;
  • ont fait don de matériel de plomberie aux Services des eaux de la ville de Zamboanga pour leur permettre d’installer de nouveaux points d'eau raccordés au réseau public ;
  • ont assuré le fonctionnement, 24 heures sur 24, d’une unité de soins de santé de base dans le complexe sportif Joaquin F. Enriquez ;
  • déployé à Zamboanga une équipe médicale du CICR, chargée d’évaluer la santé publique, en portant prioritairement attention aux personnes déplacées hébergées dans des centres d'évacuation.

Les équipes du CICR, composées notamment de personnel médical, ont visité et enregistré à Zamboanga 285 personnes détenues par les autorités pour des motifs en relation avec les affrontements. Elles se sont assurées des conditions de détention et du traitement qui leur est réservé ; des vêtements et des articles de toilette ont été distribués à tous les détenus.

Au cours de la même période, des inondations et des hostilités ont également frappé l'île de  Basilan, dans l'archipel de Sulu. Le CICR a soutenu les opérations de la section de Basilan de la Croix-Rouge philippine en faisant don de 10 tonnes de riz et de 6 000 boîtes de sardines, dont la distribution à 2 000 familles sera assurée par la Société nationale.


Photos

Une femme, Mia Juwaran, explique à un employé du CICR que, depuis leur évacuation, les six membres de sa famille arrivent à s’abriter sous une petite tente installée sur le rivage à Cawa-Cawa.  

Cawa-Cawa, Zamboanga.
Une femme, Mia Juwaran, explique à un employé du CICR que, depuis leur évacuation, les six membres de sa famille arrivent à s’abriter sous une petite tente installée sur le rivage à Cawa-Cawa.
© CICR / S. Velasco

Des colis alimentaires – composés de 25 kg de riz, d'huile, de sauce de soja, de sucre, de sel et de café – sont remis par le CICR et la CRP à 740 familles déplacées. 

Centre d'évacuation, Lycée d’État Talon-Talon.
Des colis alimentaires – composés de 25 kg de riz, d'huile, de sauce de soja, de sucre, de sel et de café – sont remis par le CICR et la CRP à 740 familles déplacées.
© CICR / A. Jacinto

Une unité de soins de santé de base a été installée dans le stade par la CRP : 24 heures sur 24, le personnel médical y prodigue des soins aux familles déplacées. 

Complexe sportif Joaquin F. Enriquez, Zamboanga.
Une unité de soins de santé de base a été installée dans le stade par la CRP : 24 heures sur 24, le personnel médical y prodigue des soins aux familles déplacées.
© CICR / S. Velasco

Le personnel du CICR et de la CRP se prépare à remettre à quelque 1 000 familles déplacées par les combats un colis destiné à couvrir la moitié de leurs besoins alimentaires pour le mois prochain. 

Lycée d’état Taluksangay.
Le personnel du CICR et de la CRP se prépare à remettre à quelque 1 000 familles déplacées par les combats un colis destiné à couvrir la moitié de leurs besoins alimentaires pour le mois prochain.
© CICR / A. Madrazo