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Somalie : faire face aux conséquences de deux catastrophes naturelles

27-11-2013 Point sur les activités N° 03/13

Dans l’est du Puntland, des milliers de personnes s’efforcent de faire face aux conséquences d’un cyclone dévastateur. Plus au sud, dans le Moyen Shabelle, des dizaines de milliers d’autres peinent à se relever de graves inondations provoquées par la crue du fleuve Shabelle, en particulier dans la ville de Jowhar et aux alentours.

 

Dans le Puntland, le cyclone du 10 novembre dernier a tué des dizaines de personnes, tandis que près d’un million de têtes de bétail ont péri, décimées par des températures inhabituellement basses, des vents violents et de fortes inondations. « Les régions de Nugaal et de Bari sont les plus durement touchées », indique Abshir Omar Jama, qui coordonne l’opération de secours du CICR dans le Puntland. « Des centaines de familles se retrouvent sans toit et l’économie, qui repose essentiellement sur l’élevage, est réduite à néant après la mort de tant d’animaux. »

« Il n’a pas arrêté de pleuvoir pendant trois jours ; les vents étaient violents et les températures glaciales », raconte Mohamed Osman Jama, berger dans les collines de Naasa Hablood. « La moitié de nos 150 chèvres ont péri et nos trois maisons ont été emportées par les eaux. Nous avons également perdu tous nos vivres. »

Les collaborateurs du CICR et du Croissant-Rouge de Somalie sont parvenus à atteindre les zones sinistrées, où ils distribuent depuis la semaine dernière des secours qui font cruellement défaut. L’accès à ces zones reste toutefois très difficile en raison des dégâts causés au réseau routier par le cyclone. « À certains endroits, les routes étaient submergées. Nous avons dû traverser à la nage », précise M. Omar Jama.

Dans le Moyen Shabelle, la situation humanitaire n’est pas meilleure. Les précipitations abondantes tombées ces deux derniers mois sur les hauts plateaux de la Corne de l’Afrique ont entraîné une forte crue du fleuve Shabelle, provoquant de graves inondations qui ont contraint plus de 10 000 personnes à fuir vers Jowhar, où elles survivent dans des conditions misérables. Cette ville tente par ailleurs de faire face à l’afflux de quelque 5 000 personnes qui, à la suite de violents affrontements entre groupes ethniques rivaux, ont trouvé refuge à proximité de l’aéroport, à 13 kilomètres du centre.

« Ceux qui sont restés dans les zones inondées, en particulier à Jowhar et dans les alentours, sont confrontés à des conditions de vie très difficiles », indique May Hazim, responsable des programmes « eau et habitat » du CICR en Somalie. « Leurs puits de faible profondeur et leurs autres sources d’eau ont été contaminés, ce qui constitue un risque majeur pour la santé ».

Dans la région sinistrée, l’ensemble des cultures sont détruites. Il s’agit d’une région principalement agricole, où les fermiers, qui ont perdu leurs récoltes, ont aujourd’hui à affronter une grave pénurie alimentaire. Pour la communauté tout entière, se remettre de cette catastrophe économique risque de prendre un temps considérable.

Ce mois, le Croissant-Rouge de Somalie et le CICR ont :

Dans l’est du Puntland :

  • distribué des rations alimentaires d’urgence pour un mois et des articles ménagers à plus de 12 000 victimes du cyclone à Dhir Waraabe, Lebi Cadaad, Xoolo Keen, Balli Shilin et Abqow ;
  • fourni de l’eau, des comprimés de chlore et d’autres articles nécessaires pour le stockage et la distribution de l’eau ;

Dans le Moyen Shabelle :

  • fourni à 25 800 personnes des secours non alimentaires tels qu’assortiments d’ustensiles de cuisine, bâches, articles d’hygiène, jerrycans, vêtements, seaux et nattes ;
  • distribué des biscuits protéinés, du Plumpy'Nut (aliment énergétique à base d’arachide) et d’autres compléments alimentaires à des personnes dénutries ;
  • drainé et assaini 19 puits creusés à la main, dont 13 ont aussi été remis en état ;
  • contenu les inondations et renforcé les berges de rivières à cinq endroits ;
  • lancé une opération de distribution d’eau par camion, qui a permis à 5 000 personnes déplacées par les violences interethniques de recevoir une ration de survie de 5 litres par personne et par jour ;
  • entrepris la construction d’une centaine de latrines en faveur de 5 000 personnes déplacées, installées à proximité de l’aéroport de Jowhar ;
  • acheminé du matériel chirurgical d’urgence vers l’hôpital de Jowhar pour la prise en charge de personnes blessées par arme ;
  • facilité le transfert de blessés de guerre, de Jowhar vers l’hôpital Medina de Mogadiscio, soutenu par le CICR.

Le CICR et le Croissant-Rouge de Somalie menaient déjà des activités dans l’est du Puntland et dans le Moyen Shabelle avant le cyclone et les inondations qui ont récemment frappé ces régions. À eux deux, ils soutiennent les efforts déployés par les communautés locales pour renforcer leur autonomie.

 

Informations complémentaires :
Fatuma Abdisalam Abdullahi (disponible pour des interviews en anglais ou en somali), CICR Puntland, tél. : +252 90 77 94 282
Germain Mwehu, CICR Nairobi, tél. : +254 20 271 93 01 ou +254 736 400 199
Jean-Yves Clémenzo, CICR Genève, tél. : +41 22 730 22 71 ou +41 79 217 32 17


Photos

Lebi Cadaad, Puntland, Somalie. Distribution par le CICR de rations alimentaires d'urgence (riz, haricots, huile et composés alimentaires riches en protéines) ainsi que d'articles de première nécessité (couvertures, châles, nattes, ustensiles de cuisine, articles d'hygiène, bâches, jerrycans et bassines). 

Lebi Cadaad, Puntland, Somalie. Distribution par le CICR de rations alimentaires d'urgence (riz, haricots, huile et composés alimentaires riches en protéines) ainsi que d'articles de première nécessité (couvertures, châles, nattes, ustensiles de cuisine, articles d'hygiène, bâches, jerrycans et bassines).
© ICRC / Fatuma Abdullahi

Puntland. Des éleveurs, victimes de la catastrophe, chargent leurs chameaux des secours distribués par le CICR. 

Puntland. Des éleveurs, victimes de la catastrophe, chargent leurs chameaux des secours distribués par le CICR.
© ICRC / Fatuma Abdullahi

Jowhar, région du Moyen Shabelle. La route principale de Jowhar reste inondée et les personnes et les biens circulent en bateau. 

Jowhar, région du Moyen Shabelle. La route principale de Jowhar reste inondée et les personnes et les biens circulent en bateau.
© ICRC / Nur Hassan Gure

Des milliers de personnes, qui ont fui les violents affrontements entre groupes ethniques, ont trouvé refuge sur la piste d'atterrissage au nord de Jowhar. 

Des milliers de personnes, qui ont fui les violents affrontements entre groupes ethniques, ont trouvé refuge sur la piste d'atterrissage au nord de Jowhar.
© ICRC / Nur Hassan Gure

Le village d'Hansholay, au nord de Jowhar, a été complètement inondé lorsque le Shabelle a débordé, après deux mois de fortes pluies. 

Le village d'Hansholay, au nord de Jowhar, a été complètement inondé lorsque le Shabelle a débordé, après deux mois de fortes pluies.
© ICRC / Nur Hassan Gure