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République centrafricaine : le personnel médical doit pouvoir faire son travail

11-12-2013 Point sur les activités N° 08/2013

Depuis les affrontements qui ont éclaté à Bangui le 5 décembre dernier, la population vit dans la peur. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) appelle toutes les autorités et les hommes en armes à faciliter le travail du personnel médical et des travailleurs humanitaires afin qu’ils puissent répondre aux besoins de la population.

 Les personnes blessées lors des récentes violences reçoivent des soins à l'hôpital communautaire de Bangui.

 

« Une de nos principales préoccupations consiste à faire en sorte que les blessés et les malades puissent accéder aux soins de santé. La plupart des structures de santé de Bangui sont fermées. Une partie du personnel médical ne se sent pas suffisamment en sécurité pour aller travailler, et le risque est grand que la population et les malades se retrouvent livrés à eux-mêmes en pleine crise », explique Bonaventure Bazirutwabo, coordonnateur médical du CICR à Bangui.

Les habitants de la capitale centrafricaine peinent à accéder aux soins de santé, notamment ceux qui ont trouvé refuge sur les sites de regroupement. Les deux seules structures de santé encore opérationnelles sont l'hôpital communautaire et la maternité Castor. « Nous lançons un appel aux autorités et à tous les hommes en armes afin qu’ils respectent les blessés, les personnels de santé et les structures médicales », déclare Arnaud de Baecque, chef adjoint de la délégation du CICR en République centrafricaine. Depuis le début de la crise, le CICR et la Croix-Rouge centrafricaine ont évacué six femmes enceintes et 51 blessés vers l’hôpital communautaire de Bangui.

L'équipe médicale du CICR évacue un malade du monastère de Boy-Rabe vers l'hôpital communautaire de Bangui. 

L'équipe médicale du CICR évacue un malade du monastère de Boy-Rabe vers l'hôpital communautaire de Bangui.
© ICRC / Rabih Mazboudi

« La tension reste palpable et la peur omniprésente dans la capitale. Des milliers de personnes sont toujours hébergées dans des lieux de culte et auprès de familles d'accueil. Elles vivent dans des conditions précaires et ne savent pas de quoi demain sera fait », constate M. de Baecque.

Depuis samedi, le CICR a fourni des rations alimentaires (maïs, haricots, huile, sel, riz) et du matériel de cuisine à 35 000 personnes déplacées dans la ville, dont 12 000 au centre Don Bosco et 9 000 au monastère de Boy-Rabe. Des rampes de distribution d’eau ont en outre été installées et des latrines construites sur les sites de l’aéroport (40 000 déplacés) et du monastère de Boy-Rabe.

Avec le concours de ses 40 collaborateurs internationaux et 200 collaborateurs locaux, le CICR poursuit son dialogue avec les autorités et toutes les forces en présence à Bangui pour leur rappeler l'importance de protéger la population et de faciliter le travail de la Croix-Rouge et des équipes médicales en général.

Morgue de l'hôpital communautaire de Bangui. Les familles viennent pour identifier et récupérer les dépouilles mortelles de leurs proches. 

Morgue de l'hôpital communautaire de Bangui. Les familles viennent pour identifier et récupérer les dépouilles mortelles de leurs proches.
© ICRC / Rabih Mazboudi

La majorité des activités humanitaires du CICR sont menées en étroite collaboration avec la Croix-Rouge centrafricaine, qui a déployé plus de 200 volontaires au plus fort de la crise.

Depuis le 5 décembre, le CICR a par ailleurs :

  • distribué de la nourriture à 50 détenus et gardiens dans un centre de détention de Bangui ;
  • apporté un soutien logistique et financier à la Croix-Rouge centrafricaine pour l’inhumation de 263 corps ;
  • évalué les besoins en protection et en rétablissement des liens familiaux de plus de 78 000 personnes sur les cinq sites de regroupement de Bangui.

Informations complémentaires :
Nadia Dibsy, CICR Bangui, tél. : +236 75 64 30 07
Jean-Yves Clémenzo, CICR Genève, tél. : : +41 22 730 22 71 ou +41 79 217 32 17