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Niger : le nombre de déplacés en provenance du Nigéria ne cesse de croître

23-12-2013 Point sur les activités

Des déplacés fuyant le conflit dans le nord-est du Nigéria continuent d’arriver dans la région de Diffa, à l'extrême sud-est du Niger, où le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et la Croix-Rouge nigérienne s’emploient à venir en aide à des milliers de personnes.


Commune de Diffa. Une déplacée émarge sur la liste des bénéficiaires avant de recevoir l’aide qui va lui être distribuée pour sa famille. © CICR/H. Abdoulmoumouni

 

Commune de Diffa. Des déplacés reçoivent des colis alimentaire pour deux mois. 

Commune de Diffa. Des déplacés reçoivent des colis alimentaire pour deux mois.
© CICR / H. Abdoulmoumouni

« Après une certaine accalmie, de nouveaux mouvements de population ont été observés dans la région. Dans la seule commune de Diffa, ce ne sont pas moins de 450 personnes qui sont arrivées ces derniers jours », explique Pascal Porchet, chef adjoint de la délégation du CICR au Niger.

Ces déplacés et les communautés qui les accueillent doivent en outre faire face aux crues de la rivière Komadougou Yobé, un bras du lac Tchad. Les récentes inondations ont détruit de nombreuses habitations, des écoles et des centres de santé, ainsi que de grandes parcelles agricoles.

Commune de Diffa. Un bénéficiaire emprunte une moto-taxi pour transporter les vivres reçus. 

Commune de Diffa. Un bénéficiaire emprunte une moto-taxi pour transporter les vivres reçus.
© CICR / H. Abdoulmoumouni

« La situation humanitaire est préoccupante », estime Pascal Porchet. « Outre ces inondations, il y a eu l’arrivée de milliers de déplacés en seulement quelques mois et une nette réduction des échanges commerciaux avec le Nigéria du fait de l’insécurité. Cela accroît l’enclavement de la région et provoque une flambée des prix des biens de première nécessité. »

Par ailleurs, selon les estimations du gouvernement nigérien, la campagne agricole et pastorale a été moins bonne cette année dans la région de Diffa que partout ailleurs dans le pays.


L’assistance aux déplacés provenant du Nigéria se poursuit

La semaine dernière, la Croix-Rouge nigérienne et le CICR ont distribué des vivres pour deux mois à près de 7 500 personnes (déplacés, réfugiés et personnes de retour chez elles) dans les communes de Diffa, Toumour, Nguelkolo et Chetimari.

« Cette assistance reste vitale pour ces personnes, qui n'ont plus de moyens de subvenir convenablement à leurs besoins alimentaires », estime Jean-Pierre Nereyabagabo, qui coordonne les secours alimentaires du CICR au Niger.

À ces secours d'urgence s’ajoutent des initiatives visant à rendre les déplacés moins dépendants de l’aide humanitaire. Ainsi, une centaine de familles à Bosso et Tchoukoudjani ont reçu des semences qui leur permettront de faire du maraîchage et de compléter ainsi leurs besoins alimentaires.

Soutien aux nomades peulhs déplacés


Commune de Chetimari. Des femmes autour d'un point d'eau aménagé par le CICR sur un site de déplacés victimes d'inondations. © CICR/I. Keita
 

Parmi les déplacés d'origine nigérienne qui ont fui les violences au Nigéria figurent quelque 1 600 nomades peulhs Bororo. Ils bénéficient d’une assistance régulière de la part du CICR depuis novembre 2012.

« Installés au Nigéria depuis plus de dix ans, ils ont été contraints de partir précipitamment, laissant souvent tout derrière eux », explique Jean-Pierre Nereyabagabo. « De retour au Niger, ils ont dû tout reconstruire et ont vécu entre-temps dans des habitations précaires, dans la périphérie de Diffa. Pour survivre, ils dépendaient essentiellement de l'assistance alimentaire mensuelle fournie par le CICR. »

Afin d’aider ces populations à rétablir leurs moyens de subsistance, le CICR soutient les efforts des autorités locales en vue de les reloger à Modi Wakil, à 30 km de Diffa, dans la commune de Gueskerou. Le 22 novembre, près de 275 familles peulhs Bororo ont pu regagner leur nouveau village, où le CICR a déjà construit un puits.

« Des rations alimentaires pour deux mois ont été distribuées aux familles afin de faciliter leur installation. Et nous allons dès aujourd’hui procéder à la distribution de plus de 900 têtes de caprins, soit au moins trois chèvres par ménage, pour qu'elles puissent reconstituer leur cheptel », explique encore Jean-Pierre Nereyabagabo.

La Croix-Rouge nigérienne vient en aide aux victimes des inondations

Commune de Chetimari. Des femmes à la corvée d'eau sur un site de déplacés victimes d'inondations. 

Commune de Chetimari. Des femmes à la corvée d'eau sur un site de déplacés victimes d'inondations.
© CICR / I. Keita

Plus de 3 000 personnes touchées par les inondations ont bénéficié d’un soutien rapide de la Croix-Rouge nigérienne dans les localités de Kessa Kandila, Ajeri, Rouda et Kouloukoura (communes de Chetimari et de Diffa).

Trois cents cinquante colis de secours, contenant notamment des bâches, du matériel de cuisine, des moustiquaires et des vêtements, ont été distribués aux sinistrés, ainsi que des rations alimentaires pour un mois. Les travaux de construction de six points d’eau équipés de pompes manuelles sont en passe d’être achevés par le CICR. Ces nouvelles installations permettront d’assurer un accès continu à l’eau potable et de limiter les risques sanitaires. Cent cinquante kits pour le traitement de l’eau ont par ailleurs déjà été distribués.
 

Informations complémentaires :
Pascal Porchet, CICR Niamey, tél. : +227 99 41 50 71
David-Pierre Marquet, CICR Genève, tél: +41 22 730 2502