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Arménie : point sur les activités du CICR en 2012

12-03-2013 Point sur les activités

Assistance aux civils dans les zones à risque

Les délégués du CICR poursuivent leur dialogue avec les autorités sur les préoccupations humanitaires découlant du conflit du Haut-Karabakh et continuent de suivre la situation des communautés des deux côtés de la frontière internationale entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Afin d’aider les personnes vivant à proximité de la frontière, l’institution a mené plusieurs projets de soutien aux moyens d’existence dans des communautés situées sur la ligne de front dans la province de Tavush. Le CICR a ainsi :

  • réparé et modernisé les systèmes d’irrigation dans les communautés reculées de Dovegh et Chinary, permettant aux habitants d’accroître progressivement leur production agricole sur les terrains sûrs ;
  • réparé et modernisé les réseaux d’approvisionnement en eau potable dans les communautés de Berkaber, Aygepar et Nerkin Karmir Aghbyur ;
  • fourni des semences de blé et de pomme de terre, ainsi que des plants d’arbres fruitiers, à plus de 1 000 familles des communautés de Chinary, Berkaber, Aygepar et Nerkir Karmir Aghbyur.

Travaillant en coopération avec les volontaires de la Société de la Croix-Rouge arménienne, les collaborateurs du CICR ont utilisé des questionnaires-types pour évaluer les besoins des quelque 500 victimes de mines et de restes explosifs de guerre en Arménie.

  • Les volontaires de la Société de la Croix-Rouge arménienne ont recueilli des informations sur 59 victimes de ces engins vivant dans les provinces de Tavush, Gegharkunik, Syunik, Vayots Dzor et Ararat, et dans la ville d’Erevan.

Afin de renforcer la préparation aux catastrophes de la Croix-Rouge arménienne, le CICR a aidé la Société nationale à organiser six formations élémentaires aux premiers secours à l’intention des habitants des provinces de Tavush et Syunik. Au total, 58 personnes ont reçu un certificat de premiers secours.

Personnes portées disparues

Fin décembre 4 627 personnes étaient toujours portées disparues dans le cadre du conflit du Haut-Karabakh. En Arménie, le nombre de disparus enregistrés était de 432. Pour le CICR, faire la lumière sur le sort de ces personnes et répondre aux besoins divers de leurs familles demeure une priorité.

  • Le CICR a continué de coopérer étroitement avec la commission nationale pour les prisonniers de guerre, les otages et les personnes disparues afin de créer un système centralisé pour la gestion des données ante mortem. Ces données sont conservées afin de pouvoir être utilisées par la suite dans le cadre d’efforts d’identification de restes humains.
  • Le CICR a aussi collaboré avec la commission en vue de l’élaboration de procédures pour la collecte d’échantillons d’ADN auprès des membres des familles des disparus, un processus qui devrait débuter cette année.

En 2011, le CICR a lancé une initiative visant à répondre aux besoins des familles des disparus sur les plans psychologique, juridique, social et économique. Il a poursuivi son travail tout au long de 2012 à Erevan et dans les provinces de Shirak, Tavush, Lori, Armavir et Gegharkunik.

  • Avec l’aide de partenaires locaux* formés par le CICR et de la Société de la Croix-Rouge arménienne, 247 parents de disparus ont eu la possibilité de parler de leur traumatisme et de leurs inquiétudes lors de 41 manifestations dans le cadre desquelles ils ont reçu des informations et bénéficié d’un soutien. En outre, 82 personnes ayant besoin d’une aide supplémentaire ont reçu un soutien individuel de la part des partenaires du CICR.
  • Le CICR a organisé une série d’ateliers et de groupes de discussion à l’intention de 52 jeunes gens ayant grandi avec un père disparu pour leur permettre d’évoquer leur expérience et de faire entendre leur voix. Des activités similaires ont été organisées le 30 août, à l’occasion de la Journée internationale des disparus, pour les membres des familles des disparus de tout le pays.

Afin d’aider les familles des disparus à surmonter leurs difficultés économiques, le CICR a continué d’évaluer leurs besoins et de leur fournir un soutien adéquat.

  • Les enquêtes portant sur les besoins des familles des disparus se sont poursuivies dans les provinces de Syunik, Armavir, Shirak et Gegharkunik.
  • En coopération avec le Centre Fuller pour le logement en Arménie, le CICR a amélioré les conditions de logement de 33 familles des provinces de Tavush, Armavir, Shirak, Gegharkunik, Syunik et Lori.

• Dans le but de s’assurer un revenu stable, 27 familles ont participé à des projets micro-économiques dirigés par le CICR. Elles ont bénéficié d’un soutien financier et d’une formation professionnelle, tandis que le CICR a pris à sa charge le paiement des intérêts de prêts contractés par cinq familles auprès d’ONG locales de microcrédit avec lesquelles le CICR a conclu des accords en vue d’aider les petites entreprises.

Visites aux personnes privées de liberté

  • Le CICR a visité deux prisonniers de guerre et un civil interné dans le cadre du conflit du Haut-Karabakh, ainsi que 15 autres personnes privées de liberté dans cinq établissements du pays. Pendant ces visites, les délégués de l’institution ont observé le traitement qui leur était réservé ainsi que leurs conditions de détention et, conformément aux procédures habituelles du CICR, ont transmis leurs conclusions et observations aux autorités compétentes de manière confidentielle.
  • Les délégués ont aussi échangé des messages Croix-Rouge (contenant de brefs messages personnels) entre les détenus et leurs familles.
  • À la demande de toutes les parties concernées, le CICR a agi en qualité d’intermédiaire neutre pour faciliter le rapatriement en Azerbaïdjan d’un civil interné en Arménie.

Mise en œuvre du droit international humanitaire à l’échelon national

Des représentants des ministères de la Justice, de la Défense et des Affaires étrangères ont échangé leurs données d’expérience en matière de mise en œuvre des traités de droit international humanitaire avec des collègues de la Communauté des États indépendants (CEI) en participant au quatrième séminaire régional sur la mise en œuvre du droit international humanitaire tenu à Astana, au Kazakhstan, les 2 et 3 octobre 2012. La manifestation a été organisée conjointement par le CICR et le ministère des Affaires étrangères du Kazakhstan.

Promotion du droit international humanitaire auprès des forces armées

Le CICR a maintenu son dialogue avec le ministère de la Défense sur l’intégration du droit international humanitaire dans les opérations et les formations militaires, tandis que les formations au droit humanitaire se sont poursuivies à l’académie militaire, de même que dans le cadre des cours avancés pour officiers dispensés par le ministère.

  • Pour la première fois, le CICR a participé à la partie pratique de l’exercice militaire organisé en Arménie en septembre par l’Organisation du Traité de sécurité collective et y a réalisé une simulation de son action humanitaire dans les zones de conflit.
  • Deux groupes de 15 officiers ont pu approfondir leurs connaissances en matière d’intégration du droit humanitaire dans la planification militaire et les procédures opérationnelles des forces armées dans le cadre de deux ateliers de cinq jours organisés conjointement par le ministère de la Défense et le CICR.
  • Un haut-représentant du ministère de la Défense a participé à l’Atelier pour officiers supérieurs sur les règles internationales régissant les opérations militaires (SWIRMO) tenu du 8 au 13 octobre à Kuala Lumpur et organisé par le CICR et les forces armées malaysiennes.
  • Le CICR a tenu cinq séances d’information à l’intention des contingents militaires déployés dans la province de Tavush afin de les informer des opérations qu’il mène actuellement dans le pays.

Diffusion du droit international humanitaire auprès des futurs dirigeants

Poursuivant sa coopération avec les universités, le CICR encourage les étudiants motivés et les jeunes chercheurs à promouvoir la recherche en matière de droit humanitaire et à s’investir dans ce domaine.

  • Des étudiants du cycle supérieur et des professeurs assistants provenant de pays de la CEI, de Pologne et d’Iran ont discuté des moyens et méthodes de guerre et des défis contemporains pour le droit humanitaire à l’occasion d’une conférence organisée par le CICR et l’Université russo-arménienne (22-23 novembre).
  • Un professeur de l’Université d’État d’Erevan a participé à un atelier régional sur le droit humanitaire organisé à Almaty, au Kazakhstan, tandis que deux autres spécialistes ont été jurés lors des olympiades internationales de droit humanitaire organisées au Bélarus avec le soutien du CICR.
  • Dix journalistes d’Erevan et d’autres régions d’Arménie ont approfondi leurs connaissances en droit humanitaire et sur l’action du CICR dans le cadre d’un atelier qui s’est déroulé à Erevan du 26 au 30 novembre (organisé par le CICR et l’ONG Internews Media Support).

Projets conjoints avec la Société de la Croix-Rouge arménienne

La Société de la Croix-Rouge arménienne et le CICR ont mené des projets conjoints notamment pour venir en aide aux familles des disparus et aux victimes de mines et de restes explosifs de guerre. Le CICR a soutenu le renforcement des capacités opérationnelles de la Croix-Rouge arménienne, permettant à la Société nationale de poursuivre ses activités essentielles, qui englobent le rétablissement des liens familiaux, la formation aux premiers secours et la promotion du droit international humanitaire.

* Fondation Against Violations of the Law, Armenian Centre for Health and Education, Family and Child Care Fund (Arevamanuk)