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Syrie : un accès accru aux victimes est nécessaire

13-03-2014 Point sur les activités

Trois ans après le début du conflit en Syrie, la situation humanitaire de millions de personnes dans le pays tout entier est catastrophique, et elle ne fait qu’empirer. Sur fond de nouvelles flambées de violence et de cessez-le-feu ponctuels fragiles, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s’efforce inlassablement d’obtenir un accès accru aux personnes en détresse, et de pouvoir travailler de manière neutre, impartiale et indépendante.

6 mas 2014. Deux jeunes filles regarde un endroit touché par un bombe dans le district d'al-Sakhour à Alep. ©Reuters / Hosam Katan 

 

« Au cours du mois de février, en étroite collaboration avec le Croissant-Rouge arabe syrien, nous avons distribué des biens de première nécessité à des centaines de milliers de personnes. Au regard de l’ampleur extraordinaire que prend aujourd’hui la crise syrienne cela reste cependant insuffisant », explique Boris Michel, chef de la délégation du CICR à Damas. « L’assistance ne parvient pas à ceux qui en ont cruellement besoin, souvent parce que nous n’obtenons pas les autorisations nécessaires pour atteindre ces gens. Des millions de personnes, en particulier celles prises au piège dans des zones assiégées, font face à de graves pénuries de biens de première nécessité, et sont dépourvues de tout service de santé de base. »

Les violences se sont poursuivies dans tout le pays le mois dernier, en particulier à Alep (nord de la Syrie) et dans ses environs, où les hostilités ont entraîné des déplacements massifs de population et fait de nombreuses victimes civiles. « La possibilité pour le CICR de mener des activités humanitaires dans la région est restée extrêmement limitée, en raison de l’insécurité et de l’absence d’autorisations, précise Boris Michel. Le CICR a en outre demandé à de nombreuses reprises de pouvoir accéder en toute sécurité aux habitants les plus vulnérables de Yarmouk, Moadamiyah et la Ghouta orientale, ainsi que d’autres zones assiégées.

Situation critique à Alep

Durant le mois de février, les hostilités ont pris des proportions alarmantes dans la partie orientale d’Alep, où des quartiers civils d’habitation ont fréquemment été pris pour cible. Le CICR demande à ce que toutes les parties s’engagent fermement à respecter les principes fondamentaux du droit international humanitaire et à faciliter l’accomplissement de sa mission humanitaire.

Au cours du mois, des bombardements et des explosions ont forcé des dizaines de milliers de civils à fuir pour se réfugier dans la partie occidentale de la ville et dans ses faubourgs, souvent au péril de leur vie. Compte tenu de la pénurie d’abris collectifs, les familles accueillant des proches ou des amis déplacés se sont retrouvées dans des situations toujours plus précaires.

Le CICR continue de collaborer avec les services des eaux du gouvernorat d’Alep afin d’approvisionner en eau potable plus d’un million et demi de personnes vivant dans la ville ou dans les campagnes environnantes. Parallèlement, il aide la section locale du Croissant-Rouge arabe syrien à distribuer des secours d’urgence.

Acheminement de secours d’urgence à Barzeh

Fin février, à la faveur d’un cessez-le-feu entre les autorités syriennes et les groupes d’opposition, le CICR et le Croissant-Rouge arabe syrien ont acheminé dans le district de Barzeh (nord-ouest de Damas), des articles de première nécessité pour 20 000 personnes, ainsi que des fournitures médicales pour un centre de soins civil.

« Le fait que nous ayons pu acheminer des secours à Barzeh est en soi une avancée positive. Dans la mesure où ils nous permettent d’évaluer comme il se doit la situation humanitaire et de distribuer des secours de manière impartiale, des cessez-le-feu comme celui-ci sont pour nous l’occasion d’atteindre ceux qui ont besoin d’aide », conclut M. Michel.
 

Informations complémentaires :
Ralph El Hage, CICR Damas, tél. :+963 930 336 718
Ewan Watson, CICR Genève, tél. : +41 22 730 33 45 ou +41 79 244 64 70