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Philippines : Renforcer la résilience des communautés touchées par la violence

25-04-2014 Point sur les activités N° 01/14

Dans plusieurs régions des Philippines, des milliers de personnes touchées par les affrontements ont besoin d’une assistance humanitaire. Dans la ville de Zamboanga, comme ailleurs sur l’île de Mindanao et dans les Visayas, le CICR aide les communautés plongées de longue date dans la pauvreté et les cycles de violence à se relever et à se reconstruire.

« Nous avons lancé une vaste opération en collaboration avec la Croix-Rouge philippine pour venir en aide aux survivants du typhon Haiyan à Samar, mais nous n’avons absolument pas oublié les milliers de personnes touchées par le conflit armé dans d’autres régions des Philippines », déclare Pascal Mauchle, chef de la délégation du CICR à Manille. « Nous restons déterminés à les aider, car leurs besoins sont énormes aussi. »

 Aide aux déplacés à Zamboanga

Sept mois après que des affrontements ont éclaté dans la ville de Zamboanga entre une faction du Front moro de libération nationale et les forces gouvernementales, plus de 35 000 personnes déplacées n’ont toujours pas pu regagner leurs foyers – dont beaucoup ont été détruits – et vivent dans des conditions difficiles.

La plupart des déplacés ont trouvé refuge dans des tentes, des abris de fortune en bois couverts de bâches et des baraquements sur le rivage à Cawa-Cawa et en particulier dans le complexe sportif Joaquin Enriquez.

« Les personnes déplacées dépendent encore largement de l’assistance du gouvernement et des organisations humanitaires », dit Gareth Gleed, responsable des activités du CICR à Zamboanga. « À cause de la malnutrition, des enfants meurent de maladies évitables. Fournir des aliments complémentaires aux enfants de moins de cinq ans et soutenir les familles comprenant des femmes enceintes ou des mères allaitantes constituent des priorités pour faire baisser le taux de malnutrition. »

En étroite coopération avec la Croix-Rouge philippine, le CICR poursuit ses activités en vue d’améliorer les conditions d’hygiène et d’assainissement, ainsi que l’accès à l’eau potable et aux soins de santé. Il améliore le système d’évacuation des eaux usées du complexe sportif et y installe des latrines supplémentaires. À Rio Hondo, où près de 2 000 personnes ont trouvé refuge, le poste de santé local a été rénové. D’autres structures dispensant des soins aux personnes déplacées à Zamboanga ont reçu des fournitures médicales afin de pouvoir faire face à la demande accrue.

En outre, les personnes les plus démunies bénéficient d’un soutien financier qui leur est fourni contre travail ou pour leur permettre de reprendre des activités génératrices de revenus. Quelque 40 000 personnes ayant perdu leurs maisons et leurs moyens d’existence à cause des affrontements ont reçu une aide en espèces (sans conditions) pour leur permettre d’acquérir librement ce dont elles ont le plus besoin. Les programmes « argent contre travail » auxquels participent environ 1 200 personnes visent à assurer la collecte et l’élimination des déchets dans le stade Joaquin Enriquez et sur le rivage à Cawa-Cawa. « Notre objectif est d’aider les personnes qui ont tout perdu à reprendre le contrôle de leur vie », déclare M. Gleed.

Eau potable, soins de santé et moyens d’existence à Mindanao et dans les Visayas

Dans plusieurs régions isolées de Mindanao et des Visayas, les communautés déplacées et résidentes qui vivaient déjà dans la pauvreté ont de grandes difficultés à faire face à la violence et au manque de sécurité qui viennent ajouter à leur fardeau.

« Les communautés dépendent souvent de l’agriculture pour survivre, alors nous travaillons avec elles pour mettre en œuvre des projets durables et améliorer leurs récoltes », dit Alan Colja, coordonnateur des programmes de sécurité économique du CICR aux Philippines. « L’approche que nous suivons est de laisser les communautés définir elles-mêmes leurs besoins et priorités. »

« Par exemple, lorsqu’une communauté touchée par le conflit à Guihulngan, dans la province de Negros Oriental, a décidé récemment qu’elle souhaitait accroître ses revenus en développant ses activités dans le secteur des fleurs coupées, le CICR l’ai aidée à construire une petite serre et lui a donné des conseils en vue de lui permettre d’augmenter sa production. »

Ces derniers mois, près de 20 000 personnes des municipalités de Magpet et Midsayap, dans les hautes terres de la province de Cotabato, et de Lope de Vega et Las Navas, dans la province de Samar du Nord, ont reçu divers types de semences et outils agricoles et ont bénéficié d’une formation pour accroître leur production.

En parallèle à ses activités visant à restaurer les moyens d’existence, le CICR s’emploie à améliorer l’accès à l’eau potable et aux soins de santé dans les villages reculés. Le manque de sécurité peut en effet gravement perturber les services de base, les infrastructures étant souvent laissées à l’abandon et le matériel essentiel ne pouvant pas être acheminé. Là où la qualité de l’eau s’est détériorée, comme pour les 2 000 habitants du village de Marcelo dans la province de Negros Occidental, les ingénieurs du CICR rénovent le système d’approvisionnement en eau et les installations sanitaires.

Enfin, pour veiller à ce que les personnes blessées par armes reçoivent les soins médicaux dont elles ont besoin quelle que soit la partie au conflit dont elles sont issues, le CICR fournit du matériel médical, ainsi qu’un soutien financier spécifique, à deux hôpitaux situés dans des zones touchées par la violence à Mindanao. Il apporte également un soutien au seul établissement de Mindanao qui fournit des membres artificiels et d’autres appareils aux personnes handicapées et qui a appareillé 12 patients cette année.
 

Informations complémentaires :
Soaade Messoudi, CICR Manille, tél. : +63 918 9072125
Ewan Watson, CICR Genève, tél. : +41 22 730 33 45 ou +41 79 244 64 70


Photos

Zamboanga. Des milliers de personnes évacuées continuent de vivre dans le stade Joaquin Enriquez, dans des conditions difficiles. Elles ont été déplacés par les combats en Septembre 2013. 

Zamboanga. Des milliers de personnes évacuées continuent de vivre dans le stade Joaquin Enriquez, dans des conditions difficiles. Elles ont été déplacés par les combats en Septembre 2013.
/ CC BY-NC-ND / ICRC / S. Messoudi

Zamboanga. Les bénéficiaires du programme  

Zamboanga. Les bénéficiaires du programme "cash for work" travaillent régulièrement au nettoyage du complexe du Mémorial Joaquin Enriquez , le plus grand centre pour personne déplacées.
© PRC Zamboanga

Las Navas, nord de Samar . Des agriculteurs se familiarisent avec des machines pour travailler le chanvre, données par le CICR​. Elles permettront d'augmenter la productivité en réduisant le temps et les efforts nécessaires, et permettront aussi d'améliorer la qualité du produit. 

Las Navas, nord de Samar . Des agriculteurs se familiarisent avec des machines pour travailler le chanvre, données par le CICR​. Elles permettront d'augmenter la productivité en réduisant le temps et les efforts nécessaires, et permettront aussi d'améliorer la qualité du produit.
/ CC BY-NC-ND / ICRC / S. Sujobert

Zamboanga, stade Joaquin Enriquez. Des personnes évacuées se fournissent en eau potable au point d'eau installé par le CICR. 

Zamboanga, stade Joaquin Enriquez. Des personnes évacuées se fournissent en eau potable au point d'eau installé par le CICR.
/ CC BY-NC-ND / ICRC / S. Messoudi

Guihulngan, Negros est. Le CICR ​​a formé des résidents de Guihulngan pour qu'ils soient capables de fournir des soins vétérinaires aux animaux d'élevage donnés par le CICR , afin d'accroître la productivité et les revenus agricoles. 

Guihulngan, Negros est. Le CICR ​​a formé des résidents de Guihulngan pour qu'ils soient capables de fournir des soins vétérinaires aux animaux d'élevage donnés par le CICR , afin d'accroître la productivité et les revenus agricoles.
/ CC BY-NC-ND / ICRC / J. Panonce