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Irak : le CICR intensifie son action humanitaire face à l’aggravation du conflit

20-06-2014 Point sur les activités N° 14/01

Le conflit armé ne trouve pas d’issue en Irak. Les combats se sont propagés de Mossoul à certaines régions du centre du pays, et se poursuivent sans répit à Anbar depuis décembre 2013. On dénombre des milliers de morts et plus de 800 000 personnes déplacées.

Le CICR apporte une assistance aux personnes déplacées depuis le début de l’année. À ce jour, il a fourni des vivres et d’autres articles de première nécessité à plus de 150 000 personnes ayant fui les combats. L’institution a procédé à des distributions à Anbar, Bagdad, Diyala, Kerbala, Najaf, Babel, Qadissiya, Salaheddine, Kirkouk et Ninive.

Aide d’urgence

« Rien que ces deux dernières semaines, nous avons distribué des rations alimentaires pour un mois et d’autres secours à plus de 31 000 personnes déplacées en provenance de Mossoul », indique Patrick Youssef, chef de la délégation du CICR en Irak. « Des distributions semblables sont en cours dans d’autres parties du pays. Nous avons aussi installé dix réservoirs d’eau et distribué de la nourriture à 2 800 autres personnes, tandis que nos médecins ont donné des consultations à Khanaqin. » Le CICR prévoit d’expédier par avion des marchandises supplémentaires d’Amman au cours des prochains jours, afin d’accroître ses stocks à Erbil.

Distribution de fournitures médicales aux hôpitaux

À cause des combats qui se prolongent, la population des zones touchées peine à accéder aux soins de santé. « La situation est extrêmement préoccupante. Les personnes qui ont besoin de soins ne peuvent pas toujours en recevoir dans les hôpitaux, car les agents de santé ne peuvent pas travailler en toute sécurité. Beaucoup de membres du personnel hospitalier ont fui et il n’y a pas assez de médicaments », poursuit M. Youssef. « Le personnel médical doit pouvoir accomplir ses tâches sans entrave. Les hôpitaux ne doivent pas être pris pour cible, mais doivent pouvoir continuer à soigner tous les blessés et les malades de façon impartiale. » La situation est encore aggravée par des coupures d’électricité dues à des pannes de système ou à des pénuries de carburant, ce qui perturbe considérablement l’approvisionnement en eau.

La ville de Fallouja reste un champ de bataille où s’affrontent plusieurs groupes armés et les forces armées irakiennes. Les combats y ont fait un grand nombre de victimes et les habitations, les hôpitaux, les écoles et les installations d’approvisionnement en eau ont subi de graves dommages. Nombreux sont ceux qui se retrouvent privés de vivres, d’eau, de soins de santé ou d’un abri adéquat.

Après avoir négocié avec toutes les parties au conflit et coordonné ses activités avec le ministère de la Santé, le CICR a directement distribué à l’hôpital principal de Fallouja du matériel de pansement pour traiter 500 patients. Trois autres hôpitaux ont reçu des fournitures suffisantes pour panser les blessures de 550 patients. Dans la ville de Ramadi, l’institution a achevé la réparation d’un centre de soins de santé primaires et d’une station de pompage qui avaient été endommagés dans les affrontements. Par ailleurs, des collaborateurs du CICR se tiennent prêts à retourner à Fallouja et à Mossoul pour évaluer les besoins des hôpitaux sur place, qui fonctionnent à capacité réduite. Ils attendent toujours les garanties de sécurité dont ils ont besoin pour effectuer ces déplacements.

Amélioration des conditions de détention

Autre conséquence de la vague de combats récente, de nombreuses personnes sont détenues par les forces de sécurité irakiennes ou par des groupes armés. « Nous appelons toutes les parties à s’assurer que les personnes qui se trouvent en leur pouvoir sont traitées avec dignité et bénéficient de conditions de détention acceptables », demande M. Youssef. Le CICR est disposé à visiter toute personne détenue et n’épargnera aucun effort pour renforcer le respect de la dignité humaine dans les lieux de détention. Il peut notamment fournir un soutien matériel et aider les détenus à maintenir le contact avec leur famille.

Dans tout le pays, depuis le début de l’année, le CICR a :

  • rénové et modernisé des hôpitaux et des dispensaires desservant plus de 400 000 personnes, en coordination avec les autorités sanitaires irakiennes ;
  • formé le personnel du service des urgences de l’hôpital Al-Yarmouk (650 lits) à Bagdad et élaboré un plan d’urgence pour l’établissement ;
  • visité 49 lieux de détention où sont incarcérés 26 350 détenus ;
  • permis à des détenus d’envoyer ou de recevoir plus de 1 500 messages familiaux, et passé près de 1 500 appels téléphoniques à des familles pour leur annoncer que leurs proches détenus étaient sains et saufs ;
  • mis en place 20 réseaux d’approvisionnement en eau qui desservent 253 000 personnes, résidents locaux comme déplacés internes ;
  • remis en état des canaux d’irrigation et organisé des activités « argent contre travail » auxquelles ont participé un millier de personnes dans des régions en proie aux violences ;
  • attribué des allocations en espèces à plus de 160 femmes soutiens de famille dans le besoin, pour les aider à monter un petit commerce ;
  • fourni des services de réadaptation physique à près de 12 800 patients ;
  • facilité deux missions d’excavation conjointes Irak-Iran dans le sud de l’Irak, qui ont permis de récupérer 332 ensembles de restes humains – dans ce cadre, les dépouilles de 122 Iraniens et de 19 Irakiens ont été rapatriées dans leurs pays respectifs lors de deux cérémonies de remise ;
  • apporté un appui financier et matériel aux activités humanitaires que le Croissant-Rouge de l’Irak mène dans tout le pays ;
  • organisé des séances d’information pour promouvoir le respect du droit international humanitaire et du mandat du CICR, auxquelles ont participé plus de 3 500 personnes dont des représentants des autorités, des membres des forces armées et de sécurité, des chefs tribaux et religieux et des membres de communautés locales.

Informations complémentaires :
Saleh Dabbakeh, CICR Bagdad, tél. : +964 790 191 6927
Sitara Jabeen, CICR Genève, tél. : +41 22 730 24 78 ou +41 79 536 92 31


Photos

Camp pour déplacés internes de Kalak, dans la région du Kurdistan irakien. Il n’y a pas encore de douches au camp, mais ce jeune homme était impatient de se laver. Certains déplacés internes nous ont dit qu’ils n’avaient pas pu prendre de douche depuis une semaine. 

Camp pour déplacés internes de Kalak, dans la région du Kurdistan irakien. Il n’y a pas encore de douches au camp, mais ce jeune homme était impatient de se laver. Certains déplacés internes nous ont dit qu’ils n’avaient pas pu prendre de douche depuis une semaine.
/ CC BY-NC-ND / ICRC

Camp pour déplacés internes de Kalak, dans la région du Kurdistan irakien. Cette fillette a insisté pour porter un de nos badges CICR pendant que nous posions des questions à son père, qui a fui les combats à Tal-Afar avec sa famille. Les occasions de jouer sont rares pour les enfants vivant dans ce camp, qui a récemment été construit à 45 km au nord-est d’Erbil. 

Camp pour déplacés internes de Kalak, dans la région du Kurdistan irakien. Cette fillette a insisté pour porter un de nos badges CICR pendant que nous posions des questions à son père, qui a fui les combats à Tal-Afar avec sa famille. Les occasions de jouer sont rares pour les enfants vivant dans ce camp, qui a récemment été construit à 45 km au nord-est d’Erbil.
/ CC BY-NC-ND / ICRC

Camp pour déplacés internes de Kalak, dans la région du Kurdistan irakien. Pour ces personnes déplacées arrivées de Mossoul, aller chercher de l’eau est subitement devenu une corvée quotidienne. 

Camp pour déplacés internes de Kalak, dans la région du Kurdistan irakien. Pour ces personnes déplacées arrivées de Mossoul, aller chercher de l’eau est subitement devenu une corvée quotidienne.
/ CC BY-NC-ND / ICRC