Azerbaïdjan : les activités du CICR en 2006
31-12-2006
En 2006, le CICR a axé son action sur la question des personnes portées disparues et sur les personnes privées de liberté dans le cadre du conflit du Haut-Karabakh. Il a également continué d’aider les autorités à lutter contre la tuberculose dans les prisons, de promouvoir le droit international humanitaire au sein des pouvoirs publics et des forces armées, ainsi que dans les milieux universitaires et scolaires, tout en poursuivant sa coopération avec la Société du Croissant-Rouge d’Azerbaïdjan.
Personnes disparues
L’incertitude quant au sort des membres de leurs proches est une dure réalité pour d’innombrables familles de la région. Le CICR continue donc à aider les parties au conflit à respecter les obligations qui leur incombent, en vertu du droit international humanitaire (DIH), de mettre en place des mécanismes permettant de traiter cette question de manière globale.
En 2006, le CICR a continué de mettre à jour sa liste de personnes portées disparues dans le cadre du conflit du Haut-Karabakh, liste qui est établie sur la base des demandes de recherches déposées par les familles.
À ce jour, cette liste comporte 4 215 noms – militaires civils confondus.
Le CICR et la Société du Croissant-Rouge d’Azerbaïdjan prévoient d’intensifier prochainement leurs efforts dans ce domaine en réunissant des informations plus détaillées sur les personnes portées disparues. Le CICR travaille également en étroite coopération avec les autorités compétentes.
Détention
Les délégués du CICR ont continué à visiter les personnes détenues dans le cadre du conflit du Haut-Karabakh en vue de se rendre compte de leur situation et d’évaluer leurs conditions de détention. À ce propos, il est important que le CICR soit averti lorsque des personnes sont privées de liberté, et qu'il soit autorisé à les visiter dès que possible après leur mise en détention.
Depuis 1992, le CICR a contribué dans la région au rapatriement ou au transfert de 661 personnes (militaires et civils) détenues dans le cadre du conflit du Haut-Karabakh ;
En 2006, il a facilité le transfert de six personnes.
Sur la base de l’accord qu'il a signé en juin 2000 avec le gouvernement azerbaïdjanais, le CICR visite tous les détenus incarcérés dans les lieux de détention de l’ensemble du pays. L’institution visite également tous les lieux de détention du Haut-Karabakh. Le but de ces visites est de suivre les conditions physiques et psychologiques des détenus ainsi que le traitement qui leur est réservé. Le CICR soumet régulièrement et de manière confidentielle ses constatations aux autorités, et leur fait part de ses recommandations.
En 2006, le CICR a effectué 52 visites dans 21 lieux de détention situés en Azerbaïdjan et dans le Haut-Karabakh.
Tuberculose dans les prisons
En 2006, le CICR a continué à soutenir les efforts du ministère de la Justice pour améliorer le traitement des personnes vivant avec la tuberculose dans les prisons d’Azerbaïdjan. Conçu par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le « traitement de brève durée sous surveillance directe » ou Dots (Directly observed treatment, short course strategy ) est utilisé pour lutter contre la tuberculose dans les prisons. Le CICR a également apporté un soutien technique au lancement d’un projet pilote pour le traitement des patients atteints de la forme de tuberculose à bacilles multirésistants, ou tuberculose MDR (multi-drug resistant) .
À ce jour, plus de 7 750 traitements ont été administrés à des détenus atteints de la maladie, dont 3 874 ont suivi le traitement jusqu’au bo ut, sans interruption.
Soins de santé primaires
Le CICR a continué de soutenir 66 centres de santé ruraux en leur fournissant régulièrement médicaments essentiels et matériel médical divers, nécessaires au bon fonctionnement des services de soins de santé primaires du Haut-Karabakh, dont bénéficient quelque 50 000 civils. Le CICR a aussi apporté son soutien aux services de surveillance épidémiologique en mettant à leur disposition des médicaments et des antiseptiques pour les aider à lutter contre diverses maladies contagieuses.
Services orthopédiques
Depuis 1995, en étroite coopération avec le ministère du Travail et de la Protection sociale de la population, le CICR a apporté un soutien technique et financier aux techniciens orthoprothésistes du pays, qu’il a en outre contribué à former. Ces spécialistes s’occupent aujourd’hui de toutes les personnes handicapées requérant une assistance orthopédique sur l’ensemble du territoire.
En 2006, le CICR a fourni au centre de réadaptation physique d’Akhmedly ainsi qu’à ceux de Ganja et de Nakhchivan des matières premières et des composants en quantité suffisante pour fabriquer 650 appareils orthopédiques.
Mise en œuvre et promotion du droit international humanitaire
En Azerbaïdjan, le CICR soutient les efforts engagés par les pouvoirs publics en vue de l’adoption de mesures législatives, administratives et pratiques, et les aide à remplir les obligations qui leur incombent en vertu du droit international humanitaire. En juin, une table ronde sur le DIH a été organisée en coopération avec la Cour constitutionnelle à l’intention de 25 juges et représentants des plus hautes insta nces judiciaires ainsi que du bureau du procureur général. Un certain nombre de hauts responsables azerbaïdjanais ont pris part à des conférences internationales sur le DIH.
Le ministère de la Défense et les troupes intérieures d’Azerbaïdjan ont émis des instructions concernant la mise en oeuvre et l'enseignement du DIH dans leurs structures en 2005 et en 2006, respectivement. Le CICR soutient les autorités azerbaïdjanaises dans ce processus. Il a notamment organisé à Bakou des cours de formation au DIH pour officiers militaires, et permis à un certain nombre de personnes de participer à des cours de formation et à des concours internationaux.
En 2006, 45 officiers de haut rang des forces armées ont ainsi participé à trois cours de cinq jours sur le DIH, tandis que 30 officiers de haut rang des troupes intérieures ont suivi deux cours du même genre à Bakou.
Lancé en 1995, le programme éducatif du CICR vise à introduire les règles et les principes de base du droit international humanitaire dans les programmes de l'enseignement secondaire en Azerbaïdjan. À cette fin, le CICR a édité des manuels à l'intention des élèves de 5e et 6e années ; ils sont utilisés dans le pays tout entier. Ces principes de base font dorénavant également partie intégrante du programme d’étude obligatoire des élèves de 8e, 10e et 11e années. Dans le Haut-Karabakh, le CICR a continué de soutenir l'enseignement des règles et des principes de base du droit international humanitaire aux écoliers.
En 2006, le CICR a organisé 45 séances de formation : au total 649 professeurs de littérature et d'histoire enseignant en Azerbaïdjan et dans le Haut-Karabakh y ont participé.
La coopération avec les principales universités du pays a consisté avant tout à encourager et à soutenir l’intégration du DIH dans les programmes des cours des facultés de droit, de sciences politiques et de jo urnalisme. Cette discipline est déjà enseignée dans six universités azerbaïdjanaises.
En 2006, le CICR a :
facilité la participation d’une équipe de l’Université d'État de Bakou au concours de droit international humanitaire Jean Pictet qui s’est déroulé en mars, en Serbie ;
organisé en août la première école d’été en droit international humanitaire en Azerbaïdjan ;
organisé en novembre la troisième édition nationale du concours de droit international humanitaire (simulations de procès) : dix équipes de 30 étudiants y ont participé ;
facilité la participation d’un professeur de l’Université des Langues d'Azerbaïdjan à la VIe Conférence Martens Readings qui s’est tenue à Saint-Pétersbourg en septembre ;
organisé une séance de deux jours sur le DIH pour 30 étudiants en droit de deux établissements d’enseignement supérieur du Haut-Karabakh.
Coopération avec la Société du Croissant-Rouge d’Azerbaïdjan
En Azerbaïdjan, le CICR s’efforce d’améliorer et de renforcer les capacités de la Société du Croissant-Rouge d’Azerbaïdjan à venir en aide aux personnes vulnérables. Il s’emploie notamment à promouvoir les règles et les principes de base du DIH, ainsi qu’à soutenir les services de recherches de la Société nationale.
Les deux institutions travaillent en outre de concert à la création, pour les enfants, d’aires de jeu sûres et exemptes de mines.
Avec le soutien opérationnel du CICR et l’appui financier de la Croix-Rouge de Norvège, la Société du Croissant-Rouge d’Azerbaïdjan a ainsi créé 25 aires de jeu de ce genre, 15 en 2005 et 10 en 2006.
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