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Burundi : les activités du CICR en 2008

20-03-2009 Point sur les activités

Face à la reprise des hostilités armées et à une pauvreté endémique, le soutien du CICR aux plus vulnérables des Burundais s'est poursuivi en 2008. En particulier, l'accès à l’eau potable s'est amélioré pour plus de 220 000 personnes, et plus de 150 enfants séparés de leurs familles par les violences des dernières années ont retrouvé les leurs.

     
    © CICR/B. Lamon/v-p-bi-e-00044      
   
    A Kirombwe, lors d'une distribution d'aide à des personnes déplacées, organisée par le CICR avec la Croix-Rouge du Burundi.      
           


       
    © CICR/C. Kaplun/v-p-bi-e-00071      
   
    Construction d'une fontaine à Kwanzari. Les projets du CICR ont permis d'améliorer l'accès à l'eau potable pour plus de 180 000 personnes dans une vingtaine de localités rurales.      
           


       
    ©CICR/B. Lamon/v-p-bi-e-00061      
   
    Plus de 150 enfants, séparés de leurs familles par les violences des dernières années, ont pu retrouver les leurs en 2008, grâce à la diffusion de leurs photos dans les principaux lieux de rassemblement des déplacés.      
           
 
Situation humanitaire 
 

La recrudescence de la criminalité et les affrontements, aux mois d'avril et mai 2008, entre l'armée burundaise et le Front national de libération (FNL), un mouvement d'opposition armée, ont pesé sur les conditions de vie des Burundais. Des milliers de femmes et d'enfants ont notamment dû quitter leur foyer à la recherche d'un abri temporaire dans des régions plus sûres. En dépit de la cessation des hostilités, le 26 mai, des affrontements sporadiques se sont poursuivis dans plusieurs provinces, notamment à Cibitoke, Bubanza et Bujumbura Rural.

Figurant parmi les pays les plus pauvres de la planète, le Burundi continue par ailleurs à souffrir d'une pauvreté structurelle et de la stagnation de son développement. L'insécurité alimentaire de vastes segments de la population, engendrée par une forte hausse des prix, est également un sujet de préoccupation.

 
La réponse du CICR 
 

  Assistance aux personnes déplacées  

En collaboration avec la Croix-Rouge burundaise, le CICR a porté assistance à quelque 26 000 personnes déplacées lors des violences armées du printemps 2008. L'aide – couvertures, savons et jerricans pour transporter l’eau potable – est allée principalement aux enfants, aux femmes, et aux personnes âgées ou handicapées.

Le CICR a également réhabilité plusieurs sources et fontaines afin de permettre aux déplacés et aux communautés qui les ont accueillis de disposer d'eau en quantité suffisante.

  Soins aux blessés  

Le CICR a fourni des équipements chirurgicaux pour les blocs opératoires de deux hôpitaux de référence de la capitale Bujumbura – l'hôpital militaire de Kamenge et le centre médico-chirurgical de Kinindo. Des médicaments et des stérilisateurs ont été remis aux services médicaux des forces armées burundaises. Ainsi, plus de 400 victimes du conflit ont été soignées avec le soutien du CICR en 2008, dont une grande majorité de blessés par balles.

  Accès de la population à l'eau potable  

Le CICR a contribué à la réhabilitation, l'aménagement ou l'extension des systèmes d'acheminement de l'eau potable dans une vingtaine de localités rurales du Burundi. Ces travaux, réalisés en coordination avec les autorités locales, ont notamment été conduits dans plusieurs centres de santé et écoles situés dans ces villages. Au total, ils ont permis d'améliorer l'accès à l'eau potable pour plus de 180 000 personnes.

Des projets d'adduction d'eau destinés à améliorer les conditions générales d'hygiène et de santé ont bénéficié à 37 000 personnes dans les centres urbains de Gatumba et Mabanda. 

Près de 40 000 personnes ont par ailleurs été formées à la maintenance des réseaux d'eau, tant en milieu rural qu’urbain. 

  Visites aux détenus  

Le CICR a eu accès aux 11 établissements pénitentiaires du pays, ainsi qu'aux lieux de détention transitoires (les cachots). Ces visites visaient à s'assurer que les conditions de détention – traitement, accès à l'eau, à la nourriture et aux soins médicaux notamment – étaient conformes aux standards internationaux et que les garanties judiciaires des personnes privées de liberté étaient respectées.

Ainsi, en 2008 :

  • le CICR a effectué plus de 340 visites dans près de 100 lieux de détention différents ;

  • environ 540 détenus (sur une population carcérale totale, dans les lieux permanents et transitoires, de près de 12 000 personnes) ont fait l'objet d'un suivi individuel.

Des travaux d'assainissement et d'approvisionnement en eau potable ont été réalisés dans les lieux de détention où la situation était la plus précaire. Le CICR a également supervisé et soutenu financièrement la prise en charge médicale des détenus (soins primaires, prévention et traitement du VIH/SIDA notamment) et fourni une assistance ponctuelle en savons et autres articles d'hygiène.

     

  Rétablissement des liens familiaux  

Des années de violence dans la région des Grands Lacs ont laissé des milliers de personnes sans nouvelles de leurs proches. Comme durant les années précédentes, le CICR a facilité le rétablissement et le maintien des liens familiaux, mettant en particulier l'accent sur les besoins des enfants non accompagnés (séparés de leurs deux parents et de tout autre membre de leur famille) et s'est employé à ce qu'ils puissent rejoindre leur famille. Ainsi, au cours de l'année 2008 :

  • le CICR et la Croix-Rouge du Burundi ont permis à plus de 120 enfants non accompagnés et déplacés à la suite des combats d'avril-mai de retrouver leurs familles, grâce à la diffusion de leurs noms et photos dans les lieux de rassemblement des populations déplacées ;

  • une trentaine d'autres enfants séparés de leur famille ont retrouvé les leurs – trois d'entre eux étaient associés à des forces et groupes armés ;

  • le CICR a traité près de 400 demandes de recherche de personnes dont les proches étaient sans nouvelles, dont 140 furent initiées durant l'année. Plus de 90 d'entre elles ont permis de rétablir contact avec les personnes recherchées ;

  • plus de 8 800 messages Croix-Rouge ont été échangés.
     

  Promotion du droit international humanitaire (DIH)  

  … auprès de l'armée burundaise (ou Force de Défense Nationale)  

  • Plus de 2 000 officiers, sous-officiers et soldats ont participé à des sessions de sensibilisation au DIH.

  • 30 officiers ont suivi une formation initiale de formateurs en DIH, et 30 autres un cours de remise à niveau.

  … auprès de la Police nationale  

  • Environ 14 600 policiers ont été sensibilisés à la nécessité de respecter le droit humanitaire et les droits de l'homme dans l'exercice de leurs fonctions de maintien de l'ordre (module « Servir et Protéger »). Dispensée par des instructeurs de la Police nationale formés par le CICR, ces sessions s'inscrivent dans le cadre d'une formation mise sur pied par la Coopération technique belge et destinée à soutenir la professionnalisation des policiers.

  • Plus de 400 membres de la Police pénitentiaire et du personnel administratif de sept prisons ont participé à des séances dédiées au DIH et aux Droits de l'homme, ainsi qu'aux activités du CICR au Burundi.

  • Pour la première fois, 86 administrateurs, inspecteurs et officiers du Service national des renseignements ont été sensibilisés au module « Servir et Protéger », ainsi qu'aux activités et mandat du CICR – notamment dans le domaine de la détention.

  … auprès des autorités politiques  

  • Le CICR a participé, avec des experts chargés de la révision du droit pénal, à une demi-journée de débats sur la ratification des conventions internationales pertinentes et leur mise en œuvre nationale.

En mars 2008, le Burundi s'est acquitté de ses obligations découlant de l'application de la Convention d'Ottawa en détruisant un stock de plus de 660 mines anti-personnel.

     

  … au sein des écoles secondaires, des universités et de la société civile  

  • En mars 2008, 18 étudiants de six universités du pays ont pris part à un concours interuniversitaire de DIH.

  • Près de 500 étudiants ont assisté à des conférences sur le DIH organisées avec quatre institutions académiques.

  • 30 responsables religieux ont participé à une séance de sensibilisation au DIH et aux activités du CICR.

  • Deux journées d'échanges sur le DIH, ainsi que sur la protection des femmes et des enfants, ont réuni 90 représentants d'associations locales.

  • Une vingta ine de journalistes ont participé à un atelier sur « Le rôle des médias dans les situations de conflit et/ou de violence interne ».

  Coopération avec la Croix-Rouge du Burundi (CRB)  

Le CICR soutient les activités de la Croix-Rouge du Burundi au service des groupes les plus vulnérables de la population. Il aide la CRB à renforcer les compétences de son personnel et de ses volontaires ainsi que ses capacités de réponse aux situations d'urgence humanitaire. En 2008 :

  • 500 volontaires ont été formés aux premiers secours, aux moyens de garantir l'accès des populations à l'eau potable et à l'assainissement en cas de crise, ainsi qu'à la gestion des stocks d'aide humanitaire ;

  • 100 brigadiers d'urgence – les volontaires de la CRB formés pour intervenir lors des situations de conflit ou de catastrophe naturelle – et 100 membres de comités locaux ont été familiarisés aux principes de l'« Accès plus sûr ». Il s'agissait de les sensibiliser aux dangers auxquels ils s'exposent en portant secours aux victimes, ainsi qu'aux mesures à prendre pour se protéger lors de ces situations d'urgence ;

  • des couvertures, des sets de cuisine et des seaux pour l'approvisionnement en eau ont été distribués à 100 familles affectées par des catastrophes naturelles ayant touché diverses régions du pays ;

  • la création d'un réseau national pour le rétablissement des liens familiaux a été initiée dans les provinces de Bubanza, Makamba et Ruyigi.