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République centrafricaine : des milliers de personnes touchées par la violence dans le Haut-Mbomou

20-10-2009 Point sur les activités

La violence résultant de la présence de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA pour Lord's Resistance Army) a provoqué le déplacement de plusieurs milliers de civils dans le sud-est de la République centrafricaine, actuellement théâtre d'accrochages entre ce groupe et les forces armées ougandaises. Le CICR, en coopération avec la Croix-Rouge centrafricaine (CRCA), fournit une assistance d'urgence aux personnes les plus touchées par la violence.

 

    © CICR/C.-V. Magendo      
   
    Des personnes déplacées faisant leur lessive dans une rivière près de la ville d'Obo.      
         

Le CICR, en coopération avec la Croix-Rouge centrafricaine (CRCA), fournit une assistance d'urgence aux personnes les plus touchées par la violence.

    « Au cours des derniers mois, l'insécurité autour d'Obo et de M'Boki, dans la préfecture du Haut-Mbomou, a provoqué le déplacement d'une grande partie de la population vers la ville d'Obo », explique Simon Ashmore, chef de la délégation du CICR en République centrafricaine. « D'après les premières estimations du CICR et de la Croix-Rouge centrafricaine, qui se sont rendus sur place pour évaluer les besoins humanitaires, il y aurait plus de 4 500 déplacés internes et plus de 1 400 réfugiés en provenance de la République démocratique du Congo. »

Située à l'extrême sud-est de la République centrafricaine, à environ 1 300 km de la capitale Bangui et à la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC) et le Soudan, cette région autrefois connue pour sa production de tabac, de café et pour la chasse, est aujourd'hui en proie à la violence et à l'insécurité. Ayant subi les retombées de plusieurs épisodes conflictuels intervenus dans la région depuis 1980 – d'abord au Sud-Soudan puis en Ouganda – la population locale doit faire face à une intensification de la violence depuis juin 2009.
 

  Rétablissement des liens familiaux
 

Des civils ayant fui les violences sont actuellement dans le sud-ouest du pays, sans nouvelles de leurs familles et sans moyens de communication. Les équipes du CICR en République centrafricaine travaillent en étroite collaboration avec leurs homologues en RDC et au Soudan afin de rétablir le contact entre personnes séparées, en permettant par exemple l'échange de messages Croix Rouge contenant de brèves nouvelles familiales. 

 
      © Croix-Rouge centrafricaine      
   
    Un enfant non accompagné âgé de 14 ans ayant récemment retrouvé sa famille, à Obo.      
         

Une attention particulière est portée aux enfants non accompagnés en vue de retrouver leurs familles avec l'aide de la Croix-Rouge de la RDC. Récemment, un enfant centrafricain non accompagné a ainsi pu être réuni avec sa famille à Obo. Âgé de 14 ans, il avait été enlevé en mars 2008. Il a retrouvé la liberté en RDC, d'où il a finalement été ramené à Bangui par la MONUC (Mission des Nations Unies en RDC). Grâce au CICR, sa famille a pu être rapidement retrouvée à Obo, et la réunification a pu être organisée avec ses parents qui le croyaient mort.
 

  Assistance aux personnes déplacées à Obo
 

Afin de permettre aux personnes ayant fui les violences à Obo de faire face à leurs besoins les plus urgents, le CICR a distribué environ 900 assortiments d'ustensiles ménagers à plus de 3 300 personnes, comprenant des bâches, des couvertures, des nattes, des moustiquaires, des pagnes, des ustensiles de cuisine et des articles d'hygiène. Depuis le premier recensement, plus de mille personnes sont arrivés à Obo.

Pour améliorer la situation sanitaire, le CICR a également construit des latrines et des douches. La réhabilitation de 14 forages, dont six à M'Boki, a permis d'améliorer l'accès à l'eau potable. Quinze volontaires de la CRCA ont été formés par le CICR pour promouvoir l'hygiène auprès de ces populations.
 

  Santé  
    © CICR/C.-V. Magendo/cf-e-00280      
   
    Des volontaires de la Croix-Rouge réparent un forage à M'Boki afin d'améliorer l'accès des populations à l'eau potable.      
         

La plupart des centres médicaux dans les villages autour d'Obo et de M'Boki ont été pillés et parfois détruits lors des événements des derniers mois. Si le centre médical de M'Boki et l'hôpital d'Obo peuvent encore recevoir des patients, qu'ils soient résidents, déplacés ou réfugiés, ils manquent toutefois souvent de médicaments et de matériel médical. Le CICR a fourni des médicaments antipaludéens et antipyrétiques pour le traitement d'environ 6 000 patients. Le centre médical de M'Boki a reçu des pansement pour les premiers secours, et l'hôpital d'Obo, des instruments chirurgicaux et des pansements.

Le CICR a en outre pris en charge les frais d'opération de trois blessés par arme et facilité l'évacuation médicale de deux autres d'Obo vers l'hôpital chirurgical de Bangui.
 

  Création de brigades de premiers secours
 

En vue de développer les capacités opérationnelles de la Croix-Rouge centrafricaine dans la région du Haut-Mbomou, le CICR lui a apporté un soutien technique et financier.

La CRCA a ainsi pu créer des brigades de premiers secours dans les villes frontières de Zémio, M'Boki, Obo et Ligoua. Une formation en premiers secours a été donnée à une cinquantaine de volontaires de la Société nationale. De plus, afin de renforcer ces brigades et conformément à l'accord-cadre de coopération entre le CICR et la CRCA, celle-ci a distribué du matériel de premiers secours aux comités de ces villes. Il comprenait notamment 29 trousses de premiers secours (médicaments), 20 sacs mortuaires, 8 brancards, 80 dossards, 80 paires de gants, 60 masques, 40 imperméables, 40 pioches, 40 râteaux, 40 pelles, 40 paires de bottes et 2 vélos.
 

  Séances d'information sur les activités du CICR  

 
Pour faire mieux connaître ses activités en faveur des populations victimes de la violence armée dans une région du pays où il n'est présent que depu is peu, le CICR organise des présentations à l'intention des acteurs armés, des autorités civiles, des leaders communautaires et religieux, et de la section locale de la Croix-Rouge centrafricaine.

 
 

  Informations complémentaires :  

  Kelnor Panglungtshang, CICR Bangui, tél. : +236 72 73 02 88 ou +236 72 07 69 64  

  Anna Schaaf, CICR Genève, tél. : +41 22 730 22 71 ou +41 79 217 32 17