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Colombie : le conflit armé dans le sud continue de toucher des milliers de personnes

06-09-2010 Point sur les activités

Les élections présidentielles de mai et juin ont été précédées, dans le sud du pays, par une recrudescence des affrontements. Dans certaines zones rurales, des milliers de Colombiens continuent d'avoir un accès restreint aux soins de santé, à l'éducation, à l'approvisionnement en eau et à l'assainissement. Le point sur l’action du CICR en Colombie de janvier à juillet 2010.

     
    ©CICR / C. V. Toggenburg /co-e-00901      
   
    Municipalité de Roberto Payán, département de Nariño. Des enfants sont vaccinés dans un dispensaire.      
       

       
    ©CICR / C. V. Toggenburg /co-e-00995      
   
    Une déléguée du CICR visite la prison pour femmes d'El Buen Pastor à Bogotá.      
       

       
    ©CICR / C. V. Toggenburg /co-e-00831      
   
    Cali, hôpital universitaire del Valle. Une physiothérapeute réajuste la prothèse d'une victime de mine.      
       

       
    ©CICR / C. V. Toggenburg /co-e-01195      
   
    San José del Guaviare, Projet de soutien à l'agriculture locale. Un ingénieur agronome du CICR avec un jeune de la communauté.      
       

       
    ©CICR/B. Mosquera /co-e-01955      
   
Zona rurale de San José del Guaviare, département de Guaviare. Rencontre entre des délégués du CICR et des membres des FARC-EP. Promotion du droit international humanitaire et présentation de l'action du CICR. 
       

       
    ©CICR      
   
Deux membres de l'armée et la dépouille d'un officier de police décédé en captivité ont été remis par les FARC-EP à une commission humanitaire. Le CICR a facilité ces remises qui ont eu lieu les derniers jours de mars 2010, avec le soutien logistique du Brésil.  
           

En Colombie, les élections présidentielles de mai et juin 2010 ont été précédées, dans le sud du pays, par une recrudescence des affrontements entre les forces armées et de sécurité (la « force publique ») et les Forces armées révolutionnaires de Colombie – Armée du peuple (FARC-EP). Les départements les plus touchés sont ceux de Caquetá, Cauca, Guaviare, Huila et Nariño. Dans certaines zones rurales, les milliers de Colombiens qui doivent faire face aux conséquences du conflit armé continuent d'avoir un accès restreint aux services de base que sont les soins de santé, l'éducation, l'approvisionnement en eau et l'assainissement. Le CICR déploie une grande partie de ses opérations dans 25 zones rurales où le conflit armé est particulièrement intense.

  Activités du CICR de janvier à juillet 2010  

     

  Cas de violations présumées du droit international humanitaire

Entre janvier et juillet 2010, le CICR a consigné 315 cas de violations présumées du droit international humanitaire (DIH) et d'autres règles nationales et internationales.
 
Afin de prévenir d'autres incidents, il a fait 138 interventions, dont neuf par écrit, rappelant aux parties au conflit qu'elles ont l'obligation de respecter le DIH et les autres normes du droit national et international, et que le DIH protège la population civile pendant les conflits armés.
 
De janvier à juillet 2010, le CICR :

  • a payé les frais d'obsèques à 55 familles victimes de violations du DIH. Cette aide contribue à réduire la vulnérabilité des familles déjà très touchées par la perte d'un de leur membre ;

  • a distribué une aide d'urgence à 280 personnes menacées de mort et a fourni une aide financière à 94 victimes pour qu'elles puissent s'installer dans un endroit plus sûr en Colombie.

  Aide à la population dans les zones contaminées par les armes  

La contamination par les armes est un grave problème en Colombie. L'utilisation, la présence et l'abandon de mines antipersonnel, d'engins explosifs improvisés et de restes explosifs de guerre, tels que des projectiles d'artillerie, des obus de mortier et des grenades, tuent et blessent gravement des milliers de personnes ; ils ont en outre un impact psychologique important et des répercussions socioéconomiques désastreuses pour les victimes, leurs familles et de nombreuses communautés dans les zones rurales. La contamination par les armes empêche les cultivateurs d'accéder aux champs, aux sources d'eau, aux écoles, aux centres de santé, aux lieux de culte, etc. Ce fléau entraîne également le confinement des communautés qui, par peur, n'osent pas sortir de leurs hameaux.

Pendant les sept premiers mois de l'année, des vivres ont été distribués à plus de 3 400 personnes. La plupart des bénéficiaires ont également reçu des articles de première nécessité afin de couvrir leurs besoins de base pendant le confinement.

Au total, plus de 7 200 personnes (dont des déplacés internes) vivant dans des régions reculées ou contaminées par les armes, ont bénéficié des initiatives agricoles qui ont été mises en œuvre en vue d'améliorer leur sécurité alimentaire et d'atténuer les effets des restrictions imposées par les acteurs du conflit. Vingt-huit projets d'agronomie ont été lancés afin de favoriser la sécurité des habitants de ces régions et éviter ainsi leur départ vers les villes.

Pendant les sept premiers mois de l'année 2010, le travail de construction et de réhabilitation des établissements scolaires a permis à 1 162 enfants des départements d'Arauca, Caquetá, Cauca, Meta et Tolima d'avoir un meilleur accès à l'éducation.

Dans sa base de données EpiInfo, le CICR dispose d'informations sur 1 428 victimes civiles d'engins explosifs improvisés et de restes explosifs de guerre, qui ont été enregistrées afin de mieux évaluer l'ampleur du problème et d'améliorer ainsi les réponses apportées aux besoins de victimes. En avril 2010, le CICR a croisé les informations dont il dispose sur les victimes de la contamination par les armes avec les données officielles du Programme présidentiel pour une action intégrale contre les mines antipersonnel (PAICMA). Cet échange a permis à l'État colombien de recueillir des informations sur 194 victimes qui n'avaient pas été recensées dans le système national.

En outre, le CICR :

  • a mené des activités de sensibilisation aux comportements sans risque et sur les droits des victimes de la contamination par les armes auprès de 1 700 membres des communautés et représentants des autorités municipales dans les régions touchées par la contamination par les armes. La Croix-Rouge colombienne, de son côté, a animé des ateliers similaires pour 1 000 autres personnes ;

  • a conduit trois formations aux premiers secours dans des communautés qui vivent dans des zones contaminées par les armes, afin que ces communautés puissent faire face à une urgence en l'absence de personnel médical et dans l'attente d'une évacuat ion.

  Amélioration de l'accès aux services orthopédiques et sanitaires  

Pendant les six premiers mois de l'année 2010, le CICR a dirigé 604 personnes vers six centres de soutien afin qu'elles suivent une réadaptation physique ou qu'elles bénéficient de services de suivi tels que des traitements de physiothérapie. Le CICR contribue financièrement aux frais de transport, de logement et de nourriture de ces personnes pendant la durée de leur prise en charge quand ces frais ne sont pas couverts par le système national de santé. Le CICR a également fait don de 78 appareils orthopédiques (prothèses ou orthèses) et de 128 aides techniques (fauteuils roulants et déambulateurs) à des personnes qui n'avaient pas les moyens d'en obtenir.

L'institution a également organisé cinq missions de brigades de santé qui ont facilité l'accès aux services médicaux préventifs et curatifs. Le personnel du CICR a accompagné une équipe de santé locale à l'occasion de quatre de ces missions, et la cinquième a été entièrement conduite par du personnel du CICR.

Au cours de ces cinq missions, les brigades de santé ont examiné plus de 6 200 personnes ; elles en ont vacciné 560 environ et en ont orienté 836 autres vers des postes de santé ou des hôpitaux. Parmi ces dernières, 732 ont reçu un soutien financier du CICR pour que leurs frais de transport, leurs besoins essentiels et leurs médicaments soient couverts pendant la durée de leur traitement.

Le CICR a également formé plus de 440 membres du personnel médical travaillant dans 87 structures sanitaires rurales, pour qu'ils puissent accéder plus facilement aux zones touchées par le conflit armé.

8 700 personnes de Barbacoas (Nariño), Montañita (Caquetá) et Argelia (Cauca) ont bénéficié de meilleures conditions d'hygiène suite à la réhabilitation de trois postes de santé et l'amélioration des installations d'approvisionnement en eau et d'assainissement.

Quatre structures de santé ont été dûment marquées de l'insigne de la mission médicale, conformément à la réglementation du ministère de la Protection sociale de Colombie (résolution 1020 de 2002).

Le CICR a également fourni un soutien économique et des conseils pour la prise en charge médicale et psychologique de 72 victimes de violences sexuelles.

     

  Assistance aux déplacés internes  

Pendant les sept premiers mois de l'année 2010, le CICR :

  • a distribué à près de 23 000 déplacés internes des vivres ou des bons alimentaires, ainsi que des articles de première nécessité, pour répondre à leurs besoins pendant les trois premiers mois de leur déplacement, et même six mois dans le cas particulier des foyers vulnérables ;

  • a contribué à améliorer l'accès à l'eau, à l'assainissement de base et à des centres d'accueil temporaires, pour plus de 1 800 personnes déplacées ;

  • a amélioré les possibilités de réinsertion sociale de 162 (*) personnes déplacées à l'intérieur de leur pays, grâce au soutien psychosocial qu'il leur a apporté et à ses projets de génération de revenus ;
     

 
(*) Chiffres du 30 juin 2010.  

Le CICR a contribué à l'amélioration des services de base fournis aux personnes déplacées. Il a ainsi fait don de matériel et de meubles de bureau à 20 Unités d'assistance aux personnes déplacées ( Unidades de Atención Integral a la Población Desplazada ). Quatre de ces unités ont été rénovées et les installations d'une autre sont en cours de réhabilitation.

     

  Personnes portées disparues et familles  

Le CICR a apporté son soutien à une initiative de l'Institut national de médecine légale visant à améliorer la base de données utilisée par tous les services de médecine légale pour l'identification des cadavres, qui compte déjà 47 410 dossiers. Trois experts colombiens ont été invités à suivre une formation à Genève.

En collaboration avec le bureau du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) en Colombie, le CICR a animé le groupe de travail interinstitutionnel mensuel sur le soutien psychosocial aux familles des personnes portées disparues.

En avril, le CICR a aidé des associations de familles de disparus à organiser à Bogotá le deuxième Congrès mondial sur le travail psychosocial dans les situations d'exhumation, disparition forcée, justice et vérité.

     

  Personnes détenues  

Le CICR visite régulièrement les lieux de détention gérés par l'Institut national pénitentiaire (INPEC) afin de vérifier les conditions de détention et le traitement réservé aux détenus.

  • Entre janvier et juillet 2010 : 2 225 détenus (dont 143 femmes) ont été visités ;

  • 650 détenus (dont 45 femmes) ont été enregistrés pour la première fois au cours de 82 visites de 64 lieux de détention ;

  • un soutien financier a été octroyé aux familles de 1 357 détenus leur rendant visite afi n de couvrir leurs frais de transport par voie terrestre ;

  • un rapport conjoint (INPEC - CICR) dressant un bilan de la santé dans le système pénitentiaire a été achevé en juillet 2010 en vue d'être soumis au directeur général de l'INPEC.

  Personnes aux mains des groupes armés  

Deux membres de l'armée et la dépouille d'un officier de police décédé en captivité ont été remis par les FARC-EP à une commission humanitaire. Le CICR, en tant qu'intermédiaire neutre, a contribué à ces remises, avec le soutien logistique du Brésil et la médiation des Colombiens et Colombiennes pour la paix, la sénatrice Piedad Córdoba à sa tête. Les soldats et la dépouille ont été remis aux familles en présence des autorités.

L'accès à d'autres membres des forces armées et de sécurité détenus n'a pas été autorisé, mais il a été possible de leur faire parvenir 20 messages Croix-Rouge de leur famille.

     

  Promotion du droit international humanitaire (DIH)  

La délégation du CICR en Colombie, appuyée par des membres influents du Congrès, a encouragé la ratification des conventions sur les armes à sous-munitions et les disparitions forcées.

  • Plus de 150 commandants, conseillers juridiques opérationnels, instructeurs et officiers des services de renseignements ont participé à deux séminaires sur la mise en œuvre du DIH (septième division et force navale des Caraïbes).

  • Pour la première fois, le ministère de la Défense a adopté une directive pour que soient organisés dix ateliers similaires, inspirés de l'expérience du CICR et de la Croix-Rouge colombienne.

  • 56 mem bres des forces aériennes ont assisté à une présentation sur le DIH coutumier et la participation directe aux hostilités.

  • 166 membres des forces armées et du personnel de santé ont participé à six ateliers sur la protection de la mission médicale.

  • 99 séances ont été organisées sur les conséquences humanitaires et les activités menées par le CICR au profit des victimes ; 6 700 personnes, parmi lesquelles des membres des forces armées et de sécurité, des représentants des autorités, de la population civile et des groupes armés organisés, y ont assisté.

  • Trois cours « Journalistes, conflit armé et droit international humanitaire (DIH) », d'une durée de 75 heures, ont été organisés à Ocaña, Pasto et Quibdó, et ont permis à plus de 65 journalistes d'améliorer leur compréhension du DIH, des conséquences humanitaires et de l'action du CICR en Colombie. Cette formation va leur permettre de publier des informations plus précises sur ces sujets et de mieux appréhender ce que vivent les victimes du conflit armé.