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Séisme en Haïti : deux postes de santé subviennent aux besoins de la population dans un des quartiers les plus pauvres de la capitale

25-01-2010 Point sur les activités

Sur fond de mort et de destruction après le séisme qui a frappé l'île le 12 janvier dernier, la vie reprend peu à peu ses droits dans les rues et les camps de Port-au-Prince. Le CICR et la Croix-Rouge haïtienne ont mis en place deux postes de premiers secours à Bel-Air, un des quartiers les plus pauvres de la ville.

 
    ©CICR/M. Kokic/ht-e-00543      
   
    Des volontaires de la Croix-Rouge haïtienne soignent un enfant dans un poste de premiers secours mis en place par le CICR à Port-au-Prince.      
       
    ©CICR/M. Kokic/ht-e-00514      
   
    Le CICR distribue de l'eau à 2 000 personnes qui campent dans le quartier de la Primature, à Port-au-Prince.      
       
    ©CICR/M. Kokic/ht-e-00503      
   
    À l'hôpital de campagne de la Croix-Rouge norvégienne à Port-au-Prince. La plupart des blessés souffre de blessures par écrasement.      
       
    ©CICR/M. Kokic/ht-e-00502      
   
    Grâce à un téléphone satellite du CICR, un garçon rassure ses proches sur son état.      
       

  La vie à Port-au-Prince  

Malgré la destruction et la douleur, la vie reprend progressivement le dessus dans les rues et les camps de fortune de Port-au-Prince. Des comités de quartier ont commencé à se constituer dans toute la ville. Les bulldozers s'emploient à déblayer les gravats et à démolir les bâtiments endommagés. La nourriture est plus abondante sur les étalages de rue, mais les prix ont doublé, voire triplé depuis la catastrophe. Les compagnies de transfert d'argent et les banques ont réouvert samedi, après 12 jours d'inactivité pendant lesquels personne n'a eu accès à de l'argent liquide.

« Les hôpitaux sont toujours bondés et souvent à court de médicaments et de matériel médical, mais les longues files d'attente que l'on pouvait voir il y a quelques jours encore ont disparu », raconte Simon Schorno, porte-parole du CICR en Haïti. Des camions-citernes distribuent de l'eau potable plusieurs fois par jour dans la plupart des camps, où des centaines de milliers de personnes vivent dans des tentes de fortune.

« Personne ici ne sait de quoi l'avenir sera fait. Mais dimanche matin, j'ai vu des familles endimanchées – des petites filles vêtues de robes blanches et de chaussures noires vernies, tenant leur père tiré à quatre épingles par la main – qui se dirigeaient vers ce qui restait d'une église. Quelques instants plus tard, elles écoutaient le sermon dominical et on pouvait entendre des chants s'élever parmi les ruines », ajoute Simon Schorno.

  Postes de santé à Bel-Air  

Le CICR travaille en étroite coopération avec la Société nationale de la Croix-Rouge haïtienne. Les opérations de secours du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sont coordonnées et dirigées par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Pour plus de détails sur les activités du Mouvement à la suite du séisme, voir le site de la Fédération internationale www.ifrc.org/fr.  

Samedi dernier, le CICR et la Croix-Rouge haïtienne ont mis en place deux postes de premiers secours dans le quartier de Bel-Air. Plus de 20 000 personnes déplacées à la suite du tremblement de terre vivent entassées dans les camps de fortune tentaculaires de ce quartier, un des plus pauvres de Port-au-Prince, où les habitants n'ont eu jusqu'ici qu'un accès limité aux soins de santé. Au cours des deux derniers jours, chacun des deux postes a soigné plus d'une centaine de personnes. L'un d'eux est situé à côté d'une maison de retraite détruite où vivaient 75 pensionnaires qui se retrouvent désormais à la rue, aux côtés des familles sans abri.

Voir aussi : Le CICR ouvre des postes de premiers secours dans une zone déshéritée  

  Nouvel avion-cargo en route pour Haïti  

Le CICR a distribué des secours médicaux, qui font cruellement défaut, au centre de santé de Rosalie Rendu à Cité-Soleil. Des pansements et des kits de soins de santé primaires ont également été donnés aux équipes de médecins volontaires travaillant au collège Don Bosco et dans le quartier de Tabarre.

Le CICR continue d’approvisionner en eau potable plus de 12 000 personnes vivant dans trois camps et il y soutient la collecte des déchets. Les ingénieurs eau et assainissement du CICR ont récemment visité la prison pour femmes de Pétionville afin d’évaluer les besoins sur place. Les autorités pénitentiaires ont réussi par elles-mêmes à obtenir un approvisionnement suffisant en eau mais ont demandé au CICR de fournir les articles d’hygiène.

Le CICR vient de tenir son tout premier cours sur la gestion des dépouilles et l’archivage des informations y afférentes à l’intention du personnel des morgues à Port-au-Prince. La recherche et la récupération des dépouilles des victimes du séisme devraient se poursuivre ces prochaines semaines durant l’enlèvement des décombres. La formation dispensée par le CICR aux responsables et volontaires de la Société nationale de la Croix-Rouge haïtienne vise à s’assurer que les informations sont recueillies aux fins d’identification à l’aide des formulaires CICR, et que les dépouilles sont inhumées dans la dignité.

Un avion-cargo du CICR chargé de 104 tonnes de couvertures, de bâches en plastique, de jerricanes et de savon de lessive devrait quitter Panama en fin de journée et arriver demain, 26 janvier, en République dominicaine. La cargaison sera acheminée par route jusqu’à Port-au-Prince dans les prochains jours.

  Rétablissement des liens familiaux  

Les équipes mobiles du CICR et de la Croix-Rouge haïtienne ont continué à être actives dans plusieurs grands camps à Port-au-Prince. Les collaborateurs travaillant à Desprez, Stade Sylvio Cator, Champs-de-Mars, Pétionville et Delmas ont réussi à organiser plus de 1 600 appels entre proches. Le CICR continue d’informer la population des services disponibles par des annonces à la radio et dans les rues.

Les spécialistes de la recherche de personnes ont également enregistré deux enfants non accompagnés. Le premier, un petit orphelin de 12 ans, vivait avec sa tante et son oncle, tous deux morts lors du séisme. Une famille d’accueil s’occupe de lui en attendant de trouver un lieu d’accueil permanent. Le deuxième enfant a passé la nuit au bureau du CICR avant d’être confié au bureau de l’UNICEF, où des dispositions provisoires sont prises avant qu’il ne puisse rejoindre sa tante qui réside à l’étranger.

Le site spécial du CICR pour Haïti ( www.icrc.org/familylinks ) compte actuellement plus de 25 200 noms. Environ 2 800 appartiennent à des personnes souhaitant faire savoir qu’elles sont en vie. Le CICR a pu supprimer 731 noms, les personnes recherchées ayant été localisées.  
Informations complémentaires :    
Simon Schorno, CICR Port-au-Prince, tél. mobile : +41 79 251 9302, tél. satellitaire : +88 165 146 6175    
Marçal Izard, CICR Genève, tél. : +41 22 730 2458 ou +41 79 217 32 24