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Kenya : activités du CICR entre décembre 2007 et janvier 2008

24-01-2008 Point sur les activités

Ce rapport donne un aperçu général des activités menées par le CICR au Kenya depuis le début des violences qui ont suivi les élections du 27 décembre 2007.

La situation demeure tendue, en particulier à Nairobi, dans la vallée du Rift et l’ouest du Kenya, ainsi qu’à Mombassa. Malgré des efforts de médiation internationale, rien ne porte à penser qu’on se dirige vers un règlement politique de la situation. Mardi 15 janvier, la première session parlementaire s’est ouverte avec la prestation de serment des membres de l’Assemblée et l’élection de son président, laquelle a donné lieu à une bataille acharnée, remportée au troisième tours par le candidat de l’opposition présenté par le Mouvement démocrate orange (ODM). Le parlement ne doit pas reprendre ses sessions avant la mi-mars.

Le Mouvement démocrate orange avait par ailleurs convoqué trois jours de manifestations les 16, 17 et 18 janvier. Une répression policière musclée et de mauvaises conditions météorologiques ont cependant contribué à contenir les protestations ; ce qui n’a toutefois pas empêché que plusieurs personnes soient tuées ou blessées lors d’accrochages avec les forces de l’ordre et dans le cadre d’affrontements entre groupes rivaux locaux. Le 18 janvier, l’ODM a annoncé la fin des manifestations massives et appelé en contrepartie au boycottage des entreprises proches du gouvernement. Le lendemain, l’opposition convoquait une nouvelle journée d’action nationale le 24 janvier.

Les personnes déplacées dans la vallée du Rift et l’ouest du Kenya quittent peu à peu les petits camps où elles avaient cherché refuge dans un premier temps. La plupart d’entre elles sont maintenant rassemblées dans des camps plus vastes, ou sont parties en direction du sud et de l’est du pays, pour regagner leurs lieux d’origine. Ces mouvements de population mettent cependant à rude épreuve les communautés d’accueil et sont parfois à l’origine de tensions entre les résidents locaux et les nouveaux arrivés. On estime à plus de 110 000 le nombre de personnes qui se trouvent encore dans des camps.

Depuis le début des violences, la Croix-Rouge du Kenya, avec le soutien du CICR, distribue aux déplacés des vivres et des ustensiles ménagers de première nécessité. Les Nations Unies et d’autres organisations contribuent elles aussi à cet effort d’assistance. Des vivres et des secours non alimentaires ont maintenant été distribués dans toutes les régions touchées, et des solutions à court terme ont été envisagées pour permettre de mettre en place des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement, malgré les mouvements de population permanents. Des dispensaires communautaires ont été renforcés et des cliniques mobiles mises sur pied.

Pour empêcher une nouvelle vague de violences et de déplacements, au cours des semaines à venir, l’accent sera mis davantage sur les efforts de reconstruction et de réhabilitation, sur l’assistance à ceux qui se sont réinstallés dans d’autres régions, ainsi que sur les besoins des communautés locales qui les accueillent, et qui subissent elles aussi les conséquences des événements.

« Ce qui nous inquiète au CCIR ce sont les souffrances auxquels les Kenyans sont exposés, et ce, quelles que soient leurs conditions », confie le chef de la délégation du CICR à Nairobi, Pascal Cuttat. « Nous demandons à toutes les parties concernées de veiller au respect de la vie et de la dignité humaine en toutes circonstances. »

     

  Action humanitaire menée conjointement par le CICR et la Croix-Rouge du Kenya  

Des volontaires de la Croix-Rouge du Kenya sont présents depuis le début dans toutes les régions touchées par la violence, où ils p rodiguent les premiers secours aux victimes et procèdent à leur évacuation. Avec le soutien du CICR et d’autres organisations, la Société nationale a fourni aux personnes déplacées des vivres et des articles de première nécessité tels que bâches, couvertures, ustensiles de cuisine, moustiquaires et savon. La Croix-Rouge du Kenya distribue en outre des rations alimentaires à 12 000 familles vivant dans les différents bidonvilles de Nairobi.

Des équipes mixtes CICR / Croix-Rouge du Kenya visitent les camps qui accueillent des déplacés dans l’ouest du pays et dans la vallée du Rift, où elles veillent à mettre en place des systèmes d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement adéquats, construisant des latrines et installant des réservoirs souples et des rampes de robinets pour le stockage et la distribution d’eau, là où cela s’avère nécessaire.

Avec le soutien du CICR, la Croix-Rouge du Kenya a mis sur pied des équipes de recherche de personnes dans toutes les régions touchées pour aider les membres des familles qui ont été dispersées pendant les événements, ou au cours des mouvements de population qui se sont ensuivis, à rétablir le contact. Ces efforts privilégient les enfants non accompagnés, les personnes âgées et les handicapés. La Société nationale a ainsi enregistré 150 enfants qui avaient été séparés de leur famille, desquels 120 ont déjà pu être réunis avec leurs proches.

La Croix-Rouge du Kenya s’occupe également des cas de près de 150 adultes ayant perdu la trace de leur famille. Grâce à des méthodes simples improvisées sur place, comme de permettre l’accès aux téléphones mobiles de la Croix-Rouge, la Société nationale a résolu au moins une autre centaine de cas de personnes séparées de leur famille. Elle a en outre ouvert, dans sept villes des régions concernées, une ligne spéciale destinée aux demandes de recherches, avec des numéros locaux.

Des équipes psychosociales ont été constituées par la Croix-Rouge du Kenya pour offrir des services de conseil à ses propres volontaires, d’une part, ainsi qu’aux déplacés et aux autres personnes victimes des événements.

Le 1er janvier, un chirurgien du CICR a été envoyé à Eldoret pour aider les membres du personnel local de l’hôpital à opérer les blessés et à s’organiser pour mieux faire face au volume de travail accru en raison des incidents particulièrement violents dont la région a été le théâtre. Une équipe chirurgicale composée de quatre personnes est toujours à l’œuvre au Moi Teaching & Referral Hospital de cette ville, où ils prennent en charge les patients brûlés et ceux souffrant de blessures particulièrement complexes. Au total, 42 patients ont été traités par les équipes chirurgicales du CICR.

Le CICR a aussi fourni à l’hôpital du matériel permettant de traiter 100 blessés par arme, en plus d’autres fournitures telles que matériel de pansement et de suture, articles jetables divers et sérum antitétanique. Du matériel médical supplémentaire a également été mis à la disposition du Coastal Provincial Hospital de Mombassa par le CICR, par l’intermédiaire de la Société nationale.

Une épique de spécialistes en médecine légale a été envoyée de Genève à la morgue d’Eldoret pour aider les autorités locales à mettre au point les procédures et les mécanismes devant permettre d’identifier correctement les corps et d’accueillir les familles en deuil venues identifier les dépouilles de proches personnes. Enfin, le CICR a fourni des sacs mortuaires, des gants, du formol et deux conteneurs réfrigérés.

     

  Activités du CICR – Faits et chiffres  

     

Depuis le début de l’opération, fin décembr e, jusqu’au 15 janvier, le CICR a :

  • acheminé 16 tonnes de complément alimentaire BP 5 pour distribution à Nakuru et à Kisumu ;

  • fourni 16 500 assortiments d’articles ménagers de première nécessité destinés à être distribués par la Croix-Rouge du Kenya à Bungoma, Eldoret, Kisumu, Mombassa, Nakuru et Nyeri ; chaque assortiment contient deux couvertures, des ustensiles de cuisine, un jerrycan, un seau, une bâche, deux moustiquaires et du savon ;

  • mis en place des systèmes d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement adéquats en faveur de plus de 17 000 personnes déplacées, en installant des latrines, des rampes de robinet et des réservoirs souples pour le stockage de l’eau, et en distribuant des comprimés de purification de l'eau ;

  • fourni 350 assortiments de matériel médical permettant de traiter 200 blessés par arme, en plus de 300 kg supplémentaires de fournitures médicales et articles jetables divers ;

  • mobilisé 13 camions pour le transport du matériel, ainsi que 17 d’autres véhicules telles que camionnettes et véhicules tout-terrain, pour soutenir les opérations ;

  • affrété deux avions et un hélicoptère pour l’acheminement des secours et du personnel vers les régions touchées par les troubles ;

  • installé des entrepôts démontables pour le stockage des secours à Bungoma et Kisumu.

Afin de soutenir les opérations, une équipe d’urgence a été envoyée de Genève pour venir seconder les collaborateurs déjà à l’œuvre au Kenya. Le 15 janvier, le CICR a mobilisé 40 expatriés et 155 collaborateurs locaux pour les opérations au Kenya, en plus des 135 employés locaux qui travaillent déjà au centre logistique régional. Enfin, le CICR a ouvert des bureaux à Kisumu, Eldoret, Nakuru et Bungoma.