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Kirghizistan : neuf jours après les affrontements, la situation sur les plans de la santé et de la protection demeure préoccupante

16-04-2010 Point sur les activités

Bichkek a retrouvé un calme relatif, mais la situation générale reste tendue. Alors que les besoins humanitaires les plus urgents de la population sont couverts, en particulier les besoins médicaux et chirurgicaux, le CICR poursuit ses efforts afin de soigner les personnes blessées dans les affrontements, notamment les membres des forces de police et de sécurité.

  Dernier compte rendu des activités du CICR sur le terrain  

« Toutes les personnes qui ont été blessées ou arrêtées lors des événements de ces derniers jours doivent recevoir des soins et bénéficier d'une protection, y compris les membres des forces de police et de sécurité », a déclaré Claudia Azzolini, chef de la mission du CICR au Kirghizistan. « Pour notre part, nous sommes actuellement en train d'examiner la manière dont le CICR collaborera avec les nouvelles autorités sur les questions humanitaires essentielles. Quant à nos visites humanitaires aux détenus, nous sommes persuadés que nous pourrons bientôt les poursuivre. » 

Beaucoup de personnes blessées dans les heurts sont toujours hospitalisées. Les spécialistes de la santé du CICR, qui travaillent en étroite collaboration avec les autorités locales, confirment que plus d'une centaine d'entre elles devront être opérées et nécessiteront des soins médicaux à long terme. Selon le dernier bilan publié par le ministère kirghize de la Santé, 84 personnes ont été tuées et 1 648 blessées entre le 6 et le 7 avril.

  Aide humanitaire  

« Les hôpitaux locaux ont été submergés par un afflux massif de blessés par suite des événements du 7 avril. Nous avons fourni des kits de pansements, des antibiotiques et du matériel chirurgical d'urgence à trois hôpitaux », a expliqué Marco Baldan, chirurgien-chef du CICR, qui se trouve actuellement à Bichkek. « Nous avons ensuite été en me sure de fournir des secours médicaux d'urgence à d'autres hôpitaux à Bichkek, ainsi qu'à Talas, Tokmok, Osh et Jalalabad. » Le docteur Baldan s'est également entretenu avec des représentants du ministère de la Santé afin d'évaluer les besoins médicaux. Une formation d'une journée sur les principes de base et les procédures standard de prise en charge chirurgicale des blessés par balle se tiendra dans les jours à venir à l'intention de quelque 100 professionnels de la santé. 

Depuis le 7 avril, le CICR, en collaboration avec la Société du Croissant-Rouge du Kirghizistan, a apporté un soutien à 16 structures médicales à travers le pays, notamment aux trois hôpitaux principaux et au centre de transfusion sanguine de la capitale kirghize. Plus de 750 personnes ont été soignées dans les établissements soutenus par le CICR.

Le 10 avril, un avion-cargo du CICR en provenance de la base logistique de l'institution à Peshawar, au Pakistan, a acheminé plus d'une tonne de fournitures médicales et mortuaires venant compléter les secours déjà livrés aux hôpitaux kirghizes avec le soutien du CICR et de Médecins Sans Frontières.

En début de semaine, des collaborateurs du CICR et de la Société du Croissant-Rouge du Kirghizistan, dont des spécialistes de la santé, ont évalué la situation humanitaire à Talas, dans le nord du pays, où ils ont apporté une aide à quatre établissements médicaux.

  Rétablissement des liens familiaux  

Grâce à leurs efforts conjoints, les collaborateurs du CICR et de la Société nationale ont pu localiser 20 personnes blessées à Bichkek dont les proches étaient sans nouvelles. De plus, des spécialistes du rétablissement des liens familiaux ont permis à un certain nombre de personnes de téléphoner à leurs proches et ont réuni deux familles dont les membres avaient été séparés. Les délégués du CICR et les employés du Croissant-Rouge du Kirghizistan ont aussi aidé les autorités locales compétentes à identifier deux corps. 

  Protection et santé dans les lieux de détention  

Le CICR s'emploie actuellement à établir des contacts avec les nouvelles autorités en vue de poursuivre ses activités humanitaires dans les lieux de détention et de pouvoir accéder à tous les détenus, y compris les personnes arrêtées dans le cadre des troubles internes.

Le CICR visite les personnes détenues au Kirghizistan depuis 1999 pour évaluer leurs conditions de détention et le traitement qui leur est réservé. Depuis 2004, il collabore avec les autorités kirghizes compétentes et les autres organisations afin d'enrayer la propagation de la tuberculose dans les lieux de détention du pays. En 2007, un programme médical visant à traiter les détenus atteints de tuberculose multirésistante aux médicaments a été lancé et un établissement pénitentiaire a été converti en hôpital pour les détenus souffrant de tuberculose.

En raison des événements récents et des tensions persistantes dans le pays, le CICR a renforcé sa présence au Kirghizistan, de 30 collaborateurs permanents à 44, dont 19 expatriés.

  Informations complémentaires :  

  Pierre-Emmanuel Ducruet, CICR Bichkek, tél. : +996 700 759 793  

  Simon Schorno, CICR Genève, tél. : +41 22 730 24 05 ou +41 79 217 32 26