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Serbie-et-Monténégro : les activités du CICR dans un contexte de transition

31-03-2005 Point sur les activités

Plusieurs années après la fin des conflits qui ont déchiré le sud-est de l’Europe, les familles des milliers de personnes toujours portées disparues cherchent désespérément à faire la lumière sur le sort de leurs proches. Le CICR continue à venir en aide aux familles des disparus et aux catégories de personnes qui subissent toujours les effets de la violence.

     

    ©CICR      
   
    Tziganes bénéficiant d'un programme d'assistance, Kraljevo      
        En Serbie-et-Monténégro, des centaines de milliers de personnes, que les conflits armés avaient contraintes à s’enfuir de chez elles, tentent aujourd’hui de se refaire une place dans une société profondément éprouvée par la guerre.
 

Au Kosovo, les relations entre les différentes communautés demeurent tendues. La question du statut final de la province n’est toujours pas résolue, ce qui explique la détérioration du système économique et l’ instabilité de la situation sécuritaire qui y prévalent.

  Aide aux familles des personnes portées disparues
 

Au terme d’une année d’impasse, le CICR a présidé, en tant qu’intermédiaire neutre, la deuxième session du groupe de travail sur les personnes portées disparues, qui a réuni les autorités du Kosovo et de Serbie en mars dernier. Près de 3 000 personnes sont toujours portées disparues suite aux événement survenus au Kosovo entre janvier 1998 et décembre 2000.
 

En outre, le CICR publie régulièrement des éditions mises à jour du Book of the Missing (livre des disparus) à l’usage des organisations et des autorités concernées.
 

Afin d’attirer l’attention sur les problèmes auxquels sont confrontées les familles des disparus, la délégation du CICR à Belgrade a publié une étude qui propose notamment d’apporter des amendements à la législation en vigueur et des améliorations à certaines procédures administratives. La publication comporte également des recommandations sur les manières de mieux informer les familles de leurs droits légaux, à l’intention des autorités.

     
    ©CICR/ref. CS-E-00003      
   
Des collaborateurs du CICR et de la Croix-Rouge locale soutiennent les parents et amis de défunts lors d'une cérémonie de réinhumation 
         

Fin 2004, le CICR a organisé en Serbie-et-Monténégro une série d’ateliers, afin de venir en aide à quelque 250 familles dont un ou plusieurs membres étaient portés disparus en raison des conflits dans la région. En plus du soutien moral et psychologique qu’elles ont reçu, les familles participantes ont appris à gérer les problèmes d’ordre social, administratif et juridique auxquels elles sont confrontées. L’organisation de ces ateliers a récemment été déléguée aux associations de familles.
 

Au Kosovo, le CICR finance les activités de groupes de soutien psychologique destinées aux familles dont des proches ont disparu. En 2004, le CICR a soutenu financièrement dix projets de groupes de soutien à petite échelle. Quelque 150 familles en ont bénéficié. En coopération avec la Société nationale, le CICR fournit également de l’eau et des premiers soins lors de cérémonies de réinhumation collective des restes de personnes dont on avait été sans nouvelles (voir photo ci-contre).
 

Fin décembre 2004, enfin, le CICR a fourni des fourneaux et du bois de chauffage à une centaine de familles indigentes dont des proches étaient portés disparus.

  Aide aux personnes déplacées et aux communautés minoritaires du Kosovo
 

Fin 2004, cinq ans après la fin du conflit au Kosovo, le CICR a suspendu ses programmes d’assistance directe aux personnes déplacées en Serbie-et-Monténégro. Il a cependant continué d’attirer l’attention des autorités et des donateurs sur les problèmes rencontrés par cette catégorie de personnes. Le CICR procède actuellement à une évaluation de l’impact de ces programmes.

     
    ©CICR/ref. CS-E-00002      
   
Projet communautaire pour femmes déplacées, Kraljevo 
         

Au départ, le CICR a fourni une assistance massive aux personnes déplacées qui fuyaient le Kosovo. En 1999, environ 16 500 tonnes de vivres ont été distribuées à près de 200 000 personnes. Par la suite, l’institution a réorienté son action, favorisant des projets générateurs de revenus. C’est ainsi que près de 8 700 familles déplacées ont bénéficié de microcrédits, de formation professionnelle pour les jeunes et de dons pour l’achat d’outils, de serres et de bétail.
 

En coopération avec le gouvernement, le CICR est également venu en aide à plus de 7 200 foyers parmi les plus vulnérables des personnes déplacées, en leur allouant une contribution en espèces.
 

En 2004, au Kosovo, le CICR a régulièrement rendu attentives les autorités locales et internationales aux problèmes des communautés minoritaires en termes de sécurité, d’accès aux soins de santé et de conditions de vie. Quelque 2 500 personnes déplacées, qui s’étaient enfuies de chez elles suite aux émeutes de mars 2004, ont reçu, durant l’année, une assistance sous forme de vivres et/ou d’articles ménagers.

Fin 2004, enfin, le CICR a fourni des fourneaux et du bois de chauffage à une centaine de familles déplacées vulnérables issues de communautés minoritaires.

  Santé  

     
    ©CICR      
   
Poste de santé de Zeneva, Kraljevo 
         

En décembre 2004, le CICR a mis un terme au projet pilote de trois ans (2001-2004), auquel il était associé aux côtés du ministère de la Santé. Ce projet avait été lancé pour répondre aux besoins en soins de santé primaires de la municipalité de Kraljevo, qui compte la concentration de déplacés, de réfugiés et de cas sociaux la plus élevée du pays. Il visait à développer un système de santé de base destiné en priorité à couvrir les besoins des personnes déplacées et des groupes vulnérables. Le modèle mis au point à Kraljevo est maintenant utilisé à Belgrade dans le cadre de la réforme du système de santé primaire opérée en Serbie.

  Coopération avec la Société nationale
 

En Serbie-et-Monténégro, les projets communautaires lancés par le CICR en 2001 visent en priorité à améliorer les relations entre la population résidante et les personnes déplacées en provenance du Kosovo, dans les communautés locales. Avec le soutien financier du CICR, les sections de la Société de la Croix-Rouge de Serbie-et-Monténégro ont mené à bien plus d’une centaine de projets pour venir en aide à quelque 10 000 déplacés particulièrement vulnérables, notamment des personnes dont des proches étaient portés disparus, d’autres vivant seules dans des centres collectifs ainsi que des membres de la communauté rom.
 

En outre, le CICR soutient les efforts de renforcement des capacités déployés par la Société nationale de façon qu’elle soit plus à même d’agir en situation de conflit.
 

Au Kosovo, le CICR coopère avec les deux entités locales de la Croix-Rouge actives dans la province, auxquelles il apporte un soutien, principalement dans les domaines de la recherche de personnes, de l’assistance aux personnes les plus vulnérables et de la sensibilisation du public aux activités du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge. Des représentants des deux entités de la Croix-Rouge se sont rencontrés à plusieurs reprises en 2004 pour discuter de leurs activités. Aucun projet conjoint n’a cependant été entrepris à ce jour.

  Promotion du droit international humanitaire
 

En octobre 2004, sous le patronage de CICR, la faculté de sciences politiques de l’Université de Belgrade et la Société nationale ont organisé le premier cours régional de droit international humanitaire. Le cours a réuni une quarantaine de participants issus du monde académique et estudiantin de la région. Experts et étudiants ont tenu des débats sur les règles et les principes ainsi que sur la jurisprudence de cette branche du droit, et ont effectué des études de cas. Le CICR a aussi procuré des ouvrages à un centre de recherches et d’études sur le droit international humanitaire inauguré par la faculté.
 

En septembre 2004, le Conseil des ministres de l’État commun de Serbie-et-Monténégro a entrepris de mettre sur pied une commission fédérale pour le droit international h umanitaire chargée de la promotion, du développement et de la mise en œuvre de cette branche du droit.
 

Afin de sensibiliser la jeune génération au droit international humanitaire, le CICR a élaboré un programme spécial « Explorons le droit humanitaire » (EDH). Il a été éprouvé dans 16 établissements de l’enseignement supérieur de Belgrade ainsi qu’à la National Secondary Police School . Il sera introduit dans les écoles secondaires de la région multiethnique qu’est le sud de la Serbie. Une évaluation de l’impact de ce programme a fait ressortir une augmentation de la responsabilité sociale des jeunes gens interrogés dans le cadre de l’enquête.
 

Conjointement avec la Société nationale, le CICR organise des activités diverses autour du droit international humanitaire et des droits de l’homme, avec le concours des forces armées et de sécurité de Serbie-et-Monténégro et le Centre national pour les missions de maintien de la paix. En mars 2005, une réunion de groupe d’experts en droit international a été organisée dans le but de faire le point sur la formation et l’instruction dans cette branche du droit au sein des forces armées.
 

Dans le but de promouvoir le droit international humanitaire dans les rangs des porteurs d’armes au Kosovo, le CICR a donné plusieurs exposés devant des membres de la Force internationale de paix au Kosovo (KFOR) et des unités du Service de police du Kosovo. En février 2005, le CICR s’est entretenu avec 25 soldats américains en poste au centre de détention de la KFOR situé sur la base militaire US de Camp Bondsteel (Ferizaj/Urosevac), sur la question des relations de l’institution avec les militaires et celles de ses visites aux détenus.
 

Le CICR est en contact régulier avec le ministère de l’Éducation, auprès duquel il est en train de négocier un protocole d’accord sur l’introd uction du programme « Explorons le droit humanitaire » (EDH) dans les écoles secondaires du Kosovo.
 

La délégation du CICR en Serbie-et-Monténégro emploie actuellement dix expatriés et 136 collaborateurs locaux. En plus de son bureau principal installé dans la capitale, Belgrade, elle dispose d’une sous-délégation à Podgorica (Monténégro), de bureaux à Kraljevo, Nis et Bujanovac, ainsi que d’antennes à Novi Sad et Kragujevac.
 

La mission du CICR au Kosovo compte quant à elle 55 collaborateurs, dont sept expatriés. Son bureau principal est à Pristina et elle dispose d’autres bureaux installés dans des localtiés du nord et du sud de la province (Gracanica, Peja/Pec, Gjakova/Djakovica, Prizren et Gjilan/Gnjilane).