• Envoyer
  • Imprimer

Soudan : la violence, une menace pour les civils dans le sud du pays

10-03-2010 Point sur les activités

Le CICR continue à demander instamment la libération de son collaborateur Gauthier Lefèvre, enlevé au Darfour Ouest en octobre dernier. En raison de cet enlèvement, l’institution a réduit ses activités au Darfour, mais ailleurs au Soudan, elle poursuit son action normalement.

  Soutien aux communautés d’éleveurs de l’État du Jonglei (Sud-Soudan)  

La violence ethnique et l’insécurité alimentaire continuent de peser lourd sur des milliers de personnes vivant au Sud-Soudan. Les communautés d’éleveurs du comté de Pibor sont particulièrement touchées. Leurs revenus proviennent essentiellement du bétail, et le taux de mortalité du cheptel est en constante augmentation.

Les bêtes – principalement des vaches – sont élevées pour leur viande et leur lait, mais elles sont aussi utilisées pour le commerce. Pour les propriétaires de bétail, elles sont une source de richesse et une garantie de statut. Les prix du bétail se sont cependant effondrés ces dernières années. Au plus dur de la crise, une vache ne valait que l'équivalent de 50 kg de sorgho, ce qui est absolument dérisoire.

     
©CICR/M. Kenyanjui      
   
Comté de Pibor, dans l'État du Jonglei. Une équipe du CICR se prépare pour une longue journée de vaccination. Les animaux sont vaccinés contre les principales maladies affectant le bétail dans la région.      
           

Cette paupérisation des éleveurs fait qu’il leur est de plus en plus difficile de subvenir aux besoins de leur famille. Quant aux médicaments pour traiter les animaux, ils sont soit hors de prix, soit introuvables sur le marché local. Aussi le cheptel n’a-t-il pas été vacciné depuis 2006. Pour atténuer les épreuves tant des communautés locales que des personnes déplacées, il est aujourd’hui décisif d’améliorer la santé de leurs troupeaux.

Conjointement avec l'ONG Vétérinaires sans frontières, le CICR a lancé une campagne visant à vacciner 50 000 têtes de bétail avant le début de la saison des pluies, en avril. Elle s’attaque à quatre des maladies du bétail les plus répandues, dont la pneumonie.

Plus de 30 000 animaux ont déjà été vaccinés dans différentes régions, notamment dans des zones arides ou marécageuses à proximité d’affluents du Nil, dans le comté de Pibor.

Vingt agents communautaires de santé animale ayant suivi un cours sur la santé animale organisé par le CICR ont reçu des assortiments de matériel et de médicaments pour traiter et vacciner le bétail. Une chaîne du froid fonctionnant notamment grâce à des réfrigérateurs solaires a été mise en place pour stocker les remèdes. L’objectif est de porter assistance à au moins 5 000 familles d’éleveurs.

  Assistance aux familles vulnérables dans l'État d'Équatoria occidental  

En février, le CICR et le Croissant-Rouge soudanais ont distribué des vivres à plus de 2 500 personnes déplacées à Bariguna et Bariabande, dans l’État d’Équatoria occidental. Ces mêmes personnes avaient déjà reçu des articles ménagers (couvertures, ustensiles de cuisine, etc.) et des vêtements. Elles avaient été obligées de fuir leur foyer au cours des mois précédents, lorsque des groupes armés avaient attaqué leurs villages. Elles avaient alors abandonné la plupart de leurs biens, pour se mettre en quête de sécurité et d'abri. De nombreuses familles de la région qui les accueillent ont elles aussi reçu de l’aide.

     
©CICR/M. Kenyanjui      
   
Comté de Pibor, État du Jonglei. Des agents de santé animale vaccinent une vache à proximité d'un marécage.      
          Approvisionnement en eau potable des personnes déplacées et des familles d’accueil dans lecomté d’Akobo  

Les quelque 20 000 personnes déplacées à Akobo continuent à vivre dans des conditions déplorables. Les ressources en eau très restreintes ne laissent à la plupart d’entre elles d’autre choix que de puiser directement de l’eau dans la rivière Pibor, ce qui les expose à des risques sanitaires.

Afin de venir en aide aux personnes déplacées et à celles qui les accueillent dans cette région de conflit, le CICR a entrepris d’améliorer le système d’approvisionnement en eau de la ville d'Akobo. Six nouveaux forages seront ainsi creusés, et chacun sera équipé d’un système de pompe solaire, qui lui permettra, à terme, de produire 50 mètres cubes d’eau par jour.

« Une fois que les forages seront terminés et que les pompes auront été installées, chaque habitant d'Akobo disposera de 7,5 litres d'eau par jour », explique Geert de Vries, coordonnateur Eau et habitat du CICR. « Une telle quantité suffit pour satisfaire les besoins vitaux essentiels, assurer une hygiène de base et cuisiner Nous commencerons les forages mi-mars et achèverons le projet d’ici fin septembre. »

Les personnes déplacées vivant actuellement à Akobo ont fui de chez elles en avril 2009, suite à des affrontements communautaires survenus à Nyandit, Denjok et Alale, dans l’État du Jonglei (Sud-Soudan). Le CICR leur a déjà fourni des vivres, des semences et des articles ménagers de première nécessité.

  Accord de coopération entre le CICR et le Croissant-Rouge soudanais  

Un accord de coopération pour l’année 2010 a été signé entre le Croissant-Rouge soudanais et le CICR le 11 janvier à Khartoum. Il vise principalement à clarifier les responsabilités et les rôles respectifs des deux partenaires, et à déterminer des projets d'intérêt commun, notamment dans les domaines de la préparation et de l'intervention lors de catastrophes, du rétablissement des liens familiaux, ainsi que de l’eau et de l’assainissement. Le CICR fournira aussi une assistance technique et financière, participera à la formation du personnel de la Société nationale et contribuera au suivi du programme.

Le Croissant-Rouge soudanais a des sections dans 23 des 25 États que compte le pays. Il prévoit d’étendre sa présence à tous les États d’ici 2011.

  Informations complémentaires :  

  Aleksandra Matijevic Mosimann, CICR Khartoum, tél. : +249 1 83 476464 / 65 / 66 or +249 912 137 764  

  Nicole Engelbrecht, CICR Genève, tél. : +41 22 730 22 71 or +41 79 217 32 17