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Cambodge : le CICR poursuit son action après 30 années de présence

16-12-2009 Point sur les activités

Entre 1969 et 1999, les Cambodgiens ont enduré une guerre presque continue, ponctuée de flambées de violence et d'affrontements politiques meurtriers. Des centaines de milliers d'entre eux ont perdu la vie, et des millions ont été forcés de quitter leur foyer. En 1979, le CICR a lancé, en coopération avec l'UNICEF, une opération de secours d'une ampleur sans précédent, consistant à fournir des vivres à des dizaines de milliers de victimes. Le point sur les activités du CICR de janvier à octobre 2009.

     
    ©ICRC      
   
    L'atelier de composants orthopédiques du CICR à Phnom Penh. Une ouvrière assemble une prothèse de pied.      
               
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    Visite de la prison de Siem. Distribution d'articles d'hygiène.      
               
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    Séminaire interministériel sur la santé en prison, organisé avec le support du CICR.      
               
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    Dans un village de la province de Banteay Meanchey, la Croix-Rouge cambdgienne évalue les besoins en matière de rétablissement des liens familiaux.      
           

Aujourd'hui, le CICR reste actif dans les régions du Cambodge où les besoins humanitaires continuent de se faire sentir. Il coopère étroitement avec les organisations locales et les autorités nationales, en particulier le ministère des Affaires sociales, des anciens combattants et de la réadaptation des jeunes, le département général des prisons au sein du ministère de l'Intérieur et la Croix-Rouge cambodgienne.

Les mines terrestres et les restes explosifs de guerre ont transformé de vastes étendues de terres en zones dangereuses et inaccessibles. Ces engins meurtriers ont tué ou blessé plus de 63 000 personnes entre 1979 et 2008, et plus de 200 en 2009. Des milliers d'autres ont été dans l'impossibilité d'accéder à leurs terres et à des services essentiels. 

Le CICR soutient le ministère des Affaires sociales dans la gestion de deux centres de réadaptation physique pour les victimes de mines terrestres et d'une unité de fabrication de composants orthopédiques qui approvisionne d'autres centres d'appareillage orthopédique dans le pays.

Les visites aux personnes détenues dans des prisons placées sous l'autorité du ministère de l'Intérieur se poursuivent, afin d'évaluer les conditions de détention des prisonniers et le traitement qui leur est réservé. Le CICR aide les autorités à améliorer la gestion des établissements pénitentiaires ainsi que les conditions de détention en mettant à disposition ses compétences et son appui technique.

Il travaille en étroite collaboration avec la Croix-Rouge cambodgienne afin de renforcer les capacités de cette dernière dans les domaines de la recherche de personnes portées disparues, de la sensibilisation au danger des mines et de la promotion du droit international humanitaire.

  Visites et assistance aux détenus  

Les activités du CICR dans le domaine de la détention visent à protéger la dignité et la santé des personnes privées de liberté. Les délégués du CICR visitent les lieux de détention et s'entretiennent sans témoin avec les détenus pour évaluer leurs conditions de détention. Le CICR fait ensuite part de ses observations et de ses recommandations aux autorités de manière régulière et confidentielle.

Entre janvier et octobre 2009, l'institution a visité plus de 11 000 personnes détenues dans 18 prisons différentes et distribué des assortiments d'articles d'hygiène à près de 5 000 détenus.

En 2009, le CICR s'est employé à renforcer les capacités des autorités dans le domaine de la médecine carcérale. En septembre, il a organisé un séminaire sur l'amélioration de la santé dans les prisons, au cours duquel des représentants des ministères de l'Intérieur et de la Santé, des directeurs de prison et d'autres fonctionnaires ont partagé leurs expériences et leurs meilleures pratiques.

Le CICR a fait bénéficier les autorités de ses compétences en matière d'approvisionnement en eau et d'assainissement, en vue d'améliorer les standards de construction des nouvelles prisons. En outre, l'institution a offert ses compétences techniques et un soutien matériel pour améliorer les systèmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement dans 12 prisons.

  Réadaptation physique  

Aujourd'hui, une des principal es activités du CICR au Cambodge consiste à mettre en œuvre son programme de réadaptation physique, qui comprend les centres régionaux de réadaptation physique de Battambang et de Kompong Speu, ainsi que l'unité de fabrication de composants orthopédiques de Phnom Penh.

Plus de 150 000 Cambodgiens – dont 36 000 victimes de mines terrestres – souffrent d'un handicap physique et devraient être appareillés. Les centres soutenus par le CICR fournissent près de 45 % des services dont ces personnes ont besoin, à savoir la pose de prothèses ou d'orthèses et des séances de physiothérapie. L'unité de fabrication de composants orthopédiques est la seule dans le pays ; elle subvient aux besoins de près de 15 000 personnes par an.

En 2009, les deux centres de réadaptation physique soutenus par le CICR ont accueilli plus de 10 000 personnes auxquelles ils ont fourni prothèses, orthèses, béquilles et fauteuils roulants. Depuis janvier 2009, l'unité de fabrication de composants orthopédiques de Phnom Penh a produit et fourni gratuitement à d'autres centres d'appareillage orthopédique du pays plus de 3 000 membres artificiels, articulations pour les genoux et orthèses.

Dans les régions reculées où il est difficile pour les personnes à mobilité réduite de se rendre dans une ville, des membres du personnel des centres de Battambang et de Kompong Speu ont visité plus de 8 000 personnes pour évaluer leurs besoins et leur fournir un appareillage.

  Rétablissement des liens familiaux  

Le CICR a mis en place son réseau de recherche de personnes portées disparues au Cambodge en 1979, après que la guerre eut dispersé des dizaines de milliers de familles. Jusqu'en 2000, son service de recherches s'est employé à retrouver la trace de personnes dont les proches avaient déposé une demande d e recherche au Cambodge, en Thaïlande ou ailleurs. L'institution a facilité l'échange de nouvelles familiales et, lorsque c'était possible, réuni les membres de familles dispersées.

En 2000, la Croix-Rouge cambodgienne a assumé le rôle directeur dans le rétablissement des liens familiaux et a repris la gestion du réseau des messages Croix-Rouge au Cambodge. Cependant, le CICR disposant de données remontant jusqu'à 1975 sur plus de 500 000 personnes portées disparues dans le pays, il a continué de soutenir la Société nationale. Ces dossiers ont été numérisés et remis à la Croix-Rouge cambodgienne le 14 décembre dernier ; ils renforceront les capacités de la Société à aider des familles à connaître le sort de proches disparus.

  Promotion du droit international humanitaire  

Conformément au mandat qui est le sien, le CICR encourage le Cambodge à signer et à ratifier les traités de droit humanitaire et s'emploie à promouvoir la mise en œuvre au niveau national du droit international humanitaire (DIH). En particulier, il encourage le gouvernement à adhérer à la Convention sur les armes à sous-munitions et au Protocole additionnel III aux Conventions de Genève (concernant l'emblème du cristal rouge).

  • Cinquante-cinq étudiants en droit des facultés de droit et d'économie de l'université royale de Phnom Penh ont participé à un séminaire organisé par le CICR sur le DIH.

  • En août, le CICR a fait une présentation sur le mandat qui lui a été assigné et sur les fondements du DIH devant plus de 50 agents cambodgiens de maintien de la paix en formation avant leur déploiement.

  • En octobre, des étudiants des facultés de droit et d'économie de l'université royale ont participé à un cours avancé en DIH.

  Collaboration avec la Croix-Rouge cambodgienne  

Le CICR soutient les efforts de la Croix-Rouge cambodgienne pour promouvoir les Principes fondamentaux de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ainsi que les règles de base du DIH. En outre, la Société nationale a récemment pris part à un atelier organisé par le CICR en Malaisie dans le but d'approfondir ses connaissances en matière de production de documents imprimés.

Le CICR, la Croix-Rouge cambodgienne et le ministère des Affaires sociales ont renouvelé leur protocole d'accord visant à étendre le soutien apporté aux personnes handicapées. Cet instrument devrait permettre de renforcer l'assistance aux victimes de mines, en particulier celles vivant dans les régions reculées.

En janvier, le CICR a organisé à Siem Reap un atelier sur la contamination par les armes, au cours duquel 50 représentants de 20 Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont échangé leurs données d'expérience dans la gestion de ce problème.

Le CICR a apporté un soutien technique à la Société nationale dans le cadre du programme de prévention et de réduction des risques liés aux mines.

Enfin, le CICR a continué de prodiguer des conseils à la Croix-Rouge cambodgienne concernant sa stratégie de rétablissement des liens familiaux, en mettant tout particulièrement l'accent sur l'évaluation des besoins. Par ailleurs, il a financé la participation de deux représentants de la Société nationale à une réunion interrégionale sur le sujet, qui se tenait à Jakarta.