Les mines antipersonnel
29-10-2010 Introduction
Les guerres devraient prendre fin en même temps que les combats, et pourtant les mines antipersonnel continuent de tuer et de mutiler bien après la fin des conflits. C’est la raison pour laquelle la communauté internationale a adopté en 1997 la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, qui proscrit totalement ces armes. Bien que des progrès aient été accomplis, de grands défis subsistent, en particulier l’élimination des mines qui restent sur le terrain et l’atténuation des souffrances des blessés.
Les mines antipersonnel ne peuvent pas distinguer les civils des soldats. Elles continuent de tuer et de mutiler les civils bien après que les combats ont cessé. De vastes étendues de terres fertiles sont rendues inutilisables, ce qui entraîne la disparition des moyens de subsistance. Les communautés peuvent en souffrir pendant des dizaines d’années après la fin d’un conflit armé.
De tous les continents, l’Afrique est celui qui est le plus gravement touché par les mines terrestres. Vingt-deux de ses pays sont confrontés à ce problème. Tous les pays d’Afrique subsaharienne sauf un ont ratifié la Convention, et l’utilisation de mines antipersonnel est devenue rare. Mais l’héritage du passé fait encore de nombreuses victimes chaque année, en particulier dans les zones les plus fortement touchées, comme en Angola et au Mozambique.
Les autres continents ne sont pas épargnés. Quinze pays sont concernés par les mines terrestres en Asie, onze en Europe et huit dans les Amériques.
La campagne pour l’interdiction des mines antipersonnel figure parmi les principales initiatives humanitaires de ces trente dernières années. Le CICR, avec des gouvernements et de nombreuses autres institutions, a plaidé en faveur de l’interdiction totale de leur emploi, de leur stockage, de leur fabrication et de leur transfert. En 1997, la communauté internationale a réagi en adoptant la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, mais ce n’était qu’un début. Il fallait que la Convention soit mise en œuvre.
En vertu de cette Convention, les États parties ont quatre ans pour détruire leurs stocks de mines antipersonnel. Jusqu'à récemment, cette obligation était presque parfaitement respectée. Au cours des onze dernières années, les États ont fait part de la destruction de plus de 42 millions de mines antipersonnel. Avant l’adoption de la Convention, plus de 130 États possédaient des mines antipersonnel ; aujourd’hui, on estime qu'une quarantaine d'États seulement en ont toujours des stocks. Le respect de l’obligation relative à la destruction des stocks est l’un des principaux défis qui se posent aujourd’hui au traité. En effet, les quatre États parties qui possèdent encore des stocks à détruire n’ont pas respecté le délai, non prorogeable, qui leur était imparti (arrivé à échéance en 2008 pour le Bélarus, la Grèce et la Turquie, en 2010 pour l’Ukraine). À eux quatre, ces États détiennent plus de 12 millions de mines antipersonnel.
Le déminage présentait un problème particulier, car la tâche était immense. Néanmoins, la Convention fixait des buts clairs, accordant dix ans à chaque pays pour déminer son territoire. Au total, 16 États parties se sont acquittés dans les délais de leur obligation. De nombreux autres États ont dû demander une prolongation du délai imparti, et il est manifeste que le respect de cette obligation de déminage représente une difficulté majeure dans l'application de la Convention.
Au titre de la Convention, les États s’engagent en outre à aider les centaines de milliers de victimes de mines – qui se trouvent pour la plupart dans des pays où les infrastructures de santé et de réadaptation physique sont très restreintes. Si l’inclusion de dispositions relatives à l’assistance aux victimes a été l’une des réalisations majeures de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, c’est là un domaine de mise en œuvre où il a été difficile de progresser et de mesurer les progrès accomplis. La plupart des victimes de mines attendent encore une amélioration substantielle de leur quotidien et de leur accès aux soins médicaux, à la réadaptation physique, au soutien psychologique, aux services sociaux, à l’éducation et à l’emploi.
Malgré les défis restant à relever, la deuxième Conférence d’examen de la Convention, tenue à Cartagena (Colombie) en décembre 2009, a mis en évidence la dynamique et la culture axée sur les résultats qu'a créées la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel. La Conférence s’est penchée sérieusement sur les difficultés majeures auxquelles il faut encore faire face en matière d'application de la Convention, et a adopté le Plan d’action de Cartagena, qui exprime une volonté résolue d’améliorer l'action menée dans les domaines de l'assistance aux victimes, de la destruction des stocks et du déminage.
Plus des trois-quarts des pays du monde ont à ce jour adhéré à la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, qui a un impact positif remarquable en termes de destruction des stocks, de déminage et de réduction du nombre de victimes. Le succès de la Convention a en outre attiré l’attention sur les effets que produisent d’autres armes après un conflit – et en particulier sur le problème des restes explosifs de guerre, engendrés notamment par les armes à sous-munitions.
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