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Le CICR en Érythrée

29-10-2010 Introduction

En Érythrée, le CICR s’est fixé comme priorité d’apporter protection et assistance aux personnes déplacées ou touchées de quelque manière que ce soit par la guerre qui a opposé le pays à l’Éthiopie de 1998 à 2000, et de veiller au respect du droit international humanitaire (DIH). Ses activités consistent notamment à rétablir les liens familiaux, à soigner le bétail, à fournir des services de labour par tracteur, à distribuer une aide non alimentaire, à remettre en état les installations d’approvisionnement en eau, à promouvoir le DIH et à renforcer les capacités de la Société de la Croix-Rouge d'Érythrée.

Le CICR a ouvert une délégation en Érythrée en 1998 pour répondre aux besoins humanitaires dans le contexte de la guerre qui a opposé le pays à l’Éthiopie durant deux ans (1998 – 2000).

L’Érythrée met actuellement en œuvre sa politique déclarée d’autonomie, préférant assurer seule la fourniture de l’aide humanitaire et imposant de plus en plus de restrictions aux organisations humanitaires, notamment en matière de liberté de mouvement, d’accès et d’approvisionnement en carburant.

À l’initiative du gouvernement, la plupart des personnes déplacées à l’intérieur de leur pays sont rentrées chez elles ou se sont réinstallées dans les régions frontalières de Debub, de Gash Barka et de la mer Rouge méridionale. Elles sont donc confrontées aux mêmes difficultés économiques que tous les habitants de ces zones frontalières rurales, dont la majorité sont tributaires de la culture pluviale. Ces régions sont exposées au risque de sécheresse et infestées de mines, qui font peser une lourde menace sur la population. De surcroît, l’insécurité perdure et les échanges commerciaux avec l’Éthiopie sont interrompus.

De nombreux ménages sont dirigés par des femmes, dont les maris ont été tués ou mutilés durant la guerre, ou recrutés par les forces armées. Du fait de la pénurie de main-d’œuvre et d’équipement agricole pour labourer les terres, les familles ont des difficultés à générer des revenus, même modiques. Les jardins maraîchers et le petit élevage sont les moyens de subsistance les plus courants. Toutefois, de nombreux foyers ont perdu leurs biens à la suite de conflits passés, de déplacements et de sécheresses.

Le mandat et les méthodes de travail du CICR doivent être acceptés par les autorités pour que l’institution puisse apporter protection et assistance aux personnes qui en ont besoin. C’est pourquoi le CICR s’efforce en priorité de renforcer son dialogue avec les autorités concernées.

Les activités d’assistance du CICR sont actuellement menées par des collaborateurs nationaux et visent principalement à soutenir les moyens de subsistance des communautés rurales, en particulier les familles vulnérables dirigées par des femmes, dans les régions frontalières du sud de l’Érythrée. Il s’agit notamment de fournir une assistance technique aux services des eaux locaux, d’installer des systèmes d’approvisionnement en eau fonctionnant à l’énergie solaire et de promouvoir la création de comités de gestion de l’eau à l’échelon communautaire. Grâce à l’aide fournie, les familles vulnérables peuvent labourer leurs champs avec des tracteurs loués par le CICR, traiter leur bétail contre les parasites, et recevoir des semences, des outils et des pompes d’irrigation.

Le CICR ne ménage aucun effort pour avoir à nouveau accès aux prisonniers de guerre et aux autres détenus. L’institution s’emploie à aider les personnes d’origine éthiopienne qui souhaitent être répatriées ou renouveler leur permis de séjour, et continue de réunir les enfants et autres personnes vulnérables avec leurs familles, dans la mesure du possible.

La Société de la Croix-Rouge d'Érythrée est un partenaire clé du CICR. Avec l’aide de l’institution, la Société nationale a progressivement rétabli ses capacités d’action et gère aujourd’hui le service de messages Croix-Rouge en faveur des membres des familles séparées par le conflit de 1998 – 2000. Elle reçoit également des fonds, du matériel et des conseils techniques du CICR pour mener à bien ses autres programmes, qui visent notamment à assurer une gestion efficace des situations d’urgence, à promouvoir le DIH, à développer son réseau de volontaires et à sensibiliser les communautés aux dangers des mines et des restes explosifs de guerre.

Le CICR continue de coordonner son action avec celle des quelques organisations internationales encore présentes en Érythrée. Toutefois, les activités d’assistance complexes nécessitant un engagement à long terme, comme les programmes de formation médicale, sont actuellement suspendues.