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Le CICR au Soudan du Sud

13-02-2013 Introduction

Au Soudan du Sud, le CICR s’emploie à prévenir les violations du droit international humanitaire et à soutenir les services hospitaliers et de réadaptation physique. L’institution aide les communautés touchées par le conflit armé à survivre et à devenir autonomes en soutenant leurs moyens de subsistance et en améliorant leur accès à de l’eau propre. Elle réunit également les familles dispersées par le conflit et visite des lieux de détention pour aider la République du Soudan du Sud à adhérer aux normes internationales.

Histoire

Le CICR a ouvert une délégation dans la capitale du Soudan du Sud, Juba, lorsque le pays est devenu indépendant, le 9 juillet 2011, mais l’action de l’institution au Soudan du Sud a commencé en 1986, après l’éclatement du confli entre le gouvernement soudanais et le Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan (SPLM/A). Le CICR dispose de trois sous-délégations, à Malakal, Bentiu et Wau, d’où il couvre les régions septentrionales du pays. Il est également présent dans les États du Jonglei et d’Équatoria occidental.

De nombreuses communautés sont toujours victimes de la violence

Après avoir enduré des années de conflit, le Soudan du Sud reste instable et enclin à la violence armée. Les conflits non résolus entre le Soudan du Sud et le Soudan ont conduit à des affrontements entre les deux pays. Dans le même temps, les combats dans les États soudanais du Nil bleu et du Kordofan Sud, tous deux au Soudan, ont poussé 150 000 réfugiés à fuir au Soudan du Sud, ce qui a grevé les ressources locales.

Les affrontements entres les groupes armés et les forces armées du Soudan du Sud ont entraîné des déplacements et fait des morts et des blessés parmi les civils. Les mines antipersonnel continuent de faire aussi des victimes dans les communautés et compliquent l’accès humanitaire.

Dans les zones le long des frontières avec la République démocratique du Congo et la République centrafricaine, la violence armée désorganise les moyens d’existence de communautés tout entières conduisant au déplacement et à la dispersion de familles, en particulier d’enfants. Le Soudan du Sud est aussi en proie à des violences intercommunautaires et interethniques dévastatrices, liées à des conflits au sujet du bétail et des migrations saisonnières.

Protéger les personnes touchées par le conflit

L'une des priorités du CICR au Sud-Soudan est de promouvoir le respect du droit international humanitaire (DIH) dans les conflits armés. Le personnel du CICR suit l'application du DIH et entreprend des démarches confidentielles auprès des parties au conflit, si nécessaire. Il rappelle aussi aux autorités et aux porteurs d'armes les obligations qui leur incombent en vertu du DIH, en particulier concernant la conduite des hostilités et le devoir de protéger les personnes qui ne participent pas aux combats.

Le CICR visite des lieux de détention dans le Soudan du Sud pour des raisons humanitaires, afin de surveiller et, si nécessaire, cherche à améliorer les conditions de détention et le traitement réservé aux détenus. Leurs conclusions et recommandations à l’issue de ces visites sont communiquées de façon confidentielle aux autorités détentrices. Le CICR fournit des avis d’experts et un soutien matériel à la mise en œuvre de toutes les recommandations.

Le CICR fournit aussi des conseils juridiques et un soutien au gouvernement du Soudan du Sud pour ce qui est du processus d’adhésion aux principaux instruments de DIH et de leur mise en œuvre. La République du Soudan du Sud a adhéré aux Conventions de 1949 en juillet 2012.

Améliorer l’accès aux soins de santé

Une équipe médicale du CICR basée à l’hôpital universitaire de Malakal fournit des soins post-traumatiques et chirurgicaux d'urgence ainsi que des services de pédiatrie et de physiothérapie. Elle pratique la chirurgie de guerre à l’hôpital ou sur le lieu des combats et dispense une formation en cours d’emploi au personnel hospitalier afin d’améliorer les services chirurgicaux et les soins pédiatriques. Le CICR s’emploie actuellement à construire une nouvelle salle d’opération, à remettre en état les bâtiments existants et à améliorer le système d’approvisionnement en eau. Le CICR fait aussi don de secours médicaux pour aider d’autres hôpitaux à prendre en charge les urgences.

Le CICR soutient les deux principaux centres de réadaptation physique dans le pays, à Juba et Rumbek. Ces centres fournissent des services d’appareillage en prothèses et orthèses, des béquilles, des fauteuils roulants et des services de physiothérapie à des milliers de personnes chaque année.

Assistance aux familles

En étroite coopération avec la Croix-Rouge du Soudan du Sud, le CICR soutient les familles vulnérables, en particulier les civils déplacés à cause des combats, en distribuant des articles ménagers de première nécessité, des vivres, des semences et des outils destinés à renforcer les moyens de subsistance, tels que des filets de pêche. Il réalise aussi des programmes de vaccination animale de grande ampleur, en collaboration avec le ministère des Ressources animales et de la Pêche.

Le CICR remet en état et construit des points de distribution d’eau et des stations de traitement de l’eau dans des zones rurales et urbaines touchées par la violence armée. L’institution met aussi en place des systèmes de distribution d’eau d’urgence en cas de graves pénuries.

Soutenir la Croix-Rouge du Soudan du Sud

La Croix-Rouge du Soudan du Sud a été légalement reconnue par le gouvernement du Soudan du Sud en mars 2012. Elle a tenu sa première assemblée générale en octobre, au cours de laquelle elle a élu un nouveau conseil d'administration.

Le CICR fournit un vaste soutien technique et juridique à la Croix-Rouge du Soudan du Sud qui s’apprête à adhérer au Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Le CICR joue également un rôle important dans le développement de la capacité de la Croix-Rouge du Soudan du Sud à faire face aux situations d’urgence.


Photos

Jamam, Soudan du Sud. Le camp de réfugiés de Jamam, dans l’État du Nil supérieur. 

Jamam, Soudan du Sud. Le camp de réfugiés de Jamam, dans l’État du Nil supérieur.
© ICRC