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Le CICR au Yémen

29-10-2010 Introduction

Le CICR travaille en étroite collaboration avec le Croissant-Rouge du Yémen pour répondre aux besoins, médicaux et autres, générés par les troubles qui ont éclaté à Sanaa et dans d'autres villes principales du Yémen. Bien que la violence ait diminué dans le nord du pays, de nombreuses personnes déplacées hésitent encore à rentrer chez elles. Elles restent donc tributaires de l'aide extérieure, tout comme les communautés qui les accueillent. Le CICR continue de venir en aide aux civils touchés par les vagues d'affrontement successives dans le nord, qui ont plongé des dizaines de milliers de personnes dans la précarité en raison du manque de vivres, d'eau et de soins médicaux essentiels. Dans le sud, des combats sporadiques ont contraint des milliers d’habitants à se déplacer.

En 2011, le CICR et le Croissant-Rouge du Yémen ont intensifié leur action pour répondre aux besoins générés par les conflits et la violence armée qui perdurent dans le pays. En vue de fournir une assistance vitale aussi efficacement que possible, le CICR a formé plus de 500 collaborateurs et volontaires du Croissant-Rouge du Yémen associés aux interventions d'urgence pour renforcer leurs capacités dans le domaine des premiers secours, ainsi que leurs activités de communication, et les aider à obtenir un accès plus sûr aux victimes. L'institution a également fourni à la Société nationale du matériel et des équipements pour soigner les blessés, notamment des trousses de premiers secours, des tentes pour les postes de santé et une ambulance. Un soutien similaire a aussi été apporté aux hôpitaux et aux postes de premiers secours.  

Dans le nord du pays, le cessez-le-feu de février 2010 a mis fin à des mois de conflit entre les forces gouvernementales et les combattants houthis dans les gouvernorats septentrionaux de Saada, d’Amran et d’Al-Jouf. Les affrontements ont fait de nombreuses victimes et anéanti des maisons, des fermes et des services publics vitaux. Des communautés entières se sont réfugiées dans des zones plus sûres, notamment dans les camps mis en place par le CICR et le Croissant-Rouge du Yémen.

En octobre 2010, si une partie des déplacés avaient décidé de regagner leur foyer, des milliers d’autres étaient toujours hébergés dans des camps ou chez des proches, dépendant entièrement de l’aide extérieure. Quant aux personnes qui sont rentrées chez elles, elles ont eu énormément de peine à reprendre une vie normale à cause des destructions et de l’insécurité, et restent également tributaires de l’aide extérieure. Le CICR et le Croissant-Rouge du Yémen poursuivent leurs opérations d’assistance dans certaines régions.

Dans le sud, où les combats intermittents entre forces gouvernementales et groupes armés se sont intensifiés en août 2010, des milliers de personnes ont fui les villes de Louder puis d’Al-Hota pour se mettre à l’abri. Certaines ont trouvé refuge chez des amis ou des proches, d’autres ont été accueillies par la population locale. Les équipes du CICR et du Croissant-Rouge du Yémen ont installé des réservoirs d’eau pour les personnes déplacées, suivant de près l’évolution de la situation. En mai 2011, des milliers de personnes déplacées sont arrivées à Aden et dans d'autres localités à la suite des combats qui ont éclaté à Abyan.

Outre l’assistance qu’ils fournissent aux victimes de la violence, le CICR et le Croissant-Rouge du Yémen aident les membres de familles dispersées à rester en contact. Par exemple, des familles ont eu la possibilité de communiquer avec leurs proches détenus en Afghanistan, en Irak ou dans le centre de détention américain de Guantanamo (Cuba), au moyen de messages Croix-Rouge et d'appels téléphoniques. Les réfugiés et les demandeurs d’asile au Yémen peuvent bénéficier des mêmes services.

Après une interruption de plusieurs années, le CICR a repris, en juillet 2010, ses visites aux personnes privées de liberté au Yémen, afin d’évaluer leurs conditions de détention et le traitement qui leur est réservé. Ses conclusions et ses recommandations sont transmises exclusivement aux autorités détentrices, conformément à ses procédures habituelles. Le CICR est aussi autorisé à apporter une aide d’urgence aux migrants placés en rétention en attente d’être expulsés. Il soutient en outre un programme du Croissant-Rouge du Yémen qui vise à offrir une formation professionnelle à des femmes détenues, dans le but de faciliter leur réintégration dans la société, une fois libérées.

Afin de faire mieux connaître son mandat et ses méthodes de travail, et d’encourager le respect des règles humanitaires, le CICR a intensifié son dialogue avec les autorités et les dirigeants religieux et militaires dans toutes les régions. Ce travail en réseau prend la forme d'ateliers, de séminaires et de contacts plus informels. Ces activités de diffusion visent aussi les juristes, les chefs tribaux et les journalistes.


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© ICRC / B. Maver / ye-e-00717