4. RÔLE DU CICR, DE LA FEDERATION INTERNATIONALE ET DES SOCIETES NATIONALES DE LA CROIX-ROUGE OU DU CROISSANT-ROUGE
Depuis près d'un siècle, le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge joue un rôle de premier plan dans le regroupement des familles dispersées par la guerre.
Lorsque les relations postales sont interrompues - ce qui est presque toujours le cas en temps de guerre - le CICR organise un service du courrier entre les parties au conflit, aussi bien en cas de conflit armé international qu'en cas de guerre civile. En outre, lorsque les services postaux cessent de fonctionner, le CICR se charge, le plus souvent avec l'aide des Sociétés nationales intéressées, de la collecte et de la distribution des messages familiaux. Des dizaines de millions de personnes ont ainsi pu reprendre contact avec les membres de leur famille dont elles avaient été séparées par la guerre et échanger, au moyen de messages Croix-Rouge, des nouvelles de nature strictement familiale.
Lorsque le contact ne peut être rétabli par ce biais, l'Agence centrale de recherches, instituée par les Conventions de Genève, ainsi que les délégations du CICR établies dans les pays belligérants, conduit des enquêtes familiales en vue de trouver les personnes dont les proches sont sans nouvelles.
Enfin, lorsque cela est possible, le CICR organise des opérations de regroupement familial afin de permettre aux membres des familles dispersées par la guerre de se réunir en franchissant les frontières ou les lignes de front. Pour ces opérations, le CICR se charge non seulement de l'enregistrement des candidats et des démarches auprès des autorités intéressées, mais aussi, dans bien des cas, de l'organisation des transports et du franchissement des lignes. Le CICR a souvent dû négocier soit une trêve soit le transit par un pays neutre. Des dizaines de milliers de personnes ont pu rejoindre leurs proches grâce à ces opérations.
Aucune de ces activités ne serait possible sans l'appui efficace des Sociétés nationales de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge. Grâce à leurs réseaux de branches et de sections locales, et grâce à l'aide de leurs nombreux volontaires, les Sociétés nationales jouent un rôle décisif dans la collecte et la distribution des messages familiaux, de même que dans la recherche des disparus.
Dans de nombreux pays belligérants, les Sociétés nationales s'acquittent des fonctions assignées aux bureaux nationaux de renseignements sur les prisonniers de guerre et les internés civils, soit par décision de leur gouvernement, soit spontanément.
Enfin les Sociétés nationales sont particulièrement qualifiées pour aider les membres des familles dispersées par la guerre dans leurs recherches et les démarches qui leur permettront de reprendre contact avec leurs proches et de les rejoindre.
La Fédération internationale joue un rôle important en aidant les Sociétés nationales de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge à développer leur propre capacité opérationnelle, notamment par le biais de cours de formation et par l'appui de ses délégués; ainsi la Fédération contribue-t-elle à aider les membres des familles dispersées à renouer le lien avec leurs proches et à les rejoindre.
Le CICR, la Fédération internationale et les Sociétés nationales entendent poursuivre et intensifier leurs efforts au service des familles dont les membres sont séparés par la guerre.
5. RECOMMANDATIONS
Les séparations familiales sont trop souvent la conséquence des conflits armés, qu'ils soient internationaux ou non internationaux.
Dès son origine, le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge a oeuvré, afin que le droit au regroupement familial soit reconnu dans les législations, tant internationales qu'internes. Son action pratique au service des victimes s'est exercée avec constance et régularité. Mais trop d'obstacles de toute nature existent encore qui limitent les effets de ce travail, quand ils ne le rendent pas tout simplement impossible.
Aussi la XXVIe Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est-elle instamment invitée :
- à confirmer le droit des membres des familles dispersées par la guerre à rejoindre leurs proches,
- à encourager les institutions de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à poursuivre, chacune dans le cadre de son mandat, leur action en vue du regroupement des membres de familles séparés par la guerre,
- à en appeler aux parties en conflit et à l'ensemble des Etats, afin qu'ils facilitent, dans toute la mesure du possible, le regroupement des familles dispersées par la guerre.
Note
1. Commentaire des Protocoles additionnels du 8 juin 1977 aux Conventions de Genève du 12 août 1949, Genève, CICR, 1986, page 883.