28-02-2008 Éclairage Cambodge : Promouvoir la sécurité économique des victimes de mines Malgré les immenses efforts qui ont été déployés au cours de ces 12 dernières années pour débarrasser le Cambodge du fléau des mines et autres restes explosifs de guerre, ces armes mutilent ou tuent chaque année plusieurs centaines de personnes dans le pays. « Aucun intérêt n’est perçu et les accidents dus aux mines sont évités »
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Chhork Roka. Les panneaux rouges indiquent la présence possible d'engins explosifs
Chhork Roka est un très petit village situé à tout juste 100 mètres de la route principale qui mène du district de Samloat à la frontière thaïlandaise. Le pont de bois à moitié détruit et l’étroit sentier de gravier qui traverse le village sont clairement marqués par des signes rouges « danger ». La plupart des habitants du village sont des migrants arrivés il y a six ou sept ans, principalement de la province de Pursat. Le village a pris vie il y a environ un mois, quand 17 démineurs sont venus pour accomplir leur tâche.
La famille de Reo Chhan, 45 ans, est l’une des 40 familles du village. Reo est un ancien soldat. Il a été amputé du pied droit en 1985 après avoir marché sur une mine antipersonnel.
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Reo Chhan et sa femme travaillant côte à côte
« J’ai encore droit à 90 000 riels (22 dollars) mensuels de dédommagement de l’armée, mais ils arrivent toujours en retard. Je n’ai pas reçu d’argent ces quatre derniers mois. Nous sommes fermiers, mais le petit bout de terre que nous avons n’a jamais produit suffisamment de nourriture, alors j’ai commencé à ramasser de la ferraille dans un camp qui avait été utilisé par les Vietnamiens pour la vendre à des ferrailleurs. Ma femme était inquiète pour moi, mais il n’y avait pas d’autre solution. Ce n’est que quand nous avons reçu un prêt de la Croix-Rouge cambodgienne que j’ai arrêté de ramasser de la ferraille. »
Reo a utilisé le prêt pour acheter des matériaux bruts et des outils pour fabriquer des nattes. « Nous avons choisi cette activité parce que nous avions déjà une certaine expérience. Nous pouvons produire quatre petites nattes par jour et les vendre pour un dollar chacune. Mais si nous (ma femme et moi) travaillons ensemble, nous pouvons finir une grande natte en trois jours et nous pouvons la vendre immédiatement à un intermédiaire pour 15 dollars. »
Reo et sa famille ont déjà remboursé 150 des 200 dollars qu’ils ont reçus en prêt. « Nous prévoyons d’acheter un buffle l’année prochaine, car nous pourrions le louer à d’autres personnes. Le projet de prêts est un succès car aucun intérêt n’est perçu et il permet d’éviter les accidents dus aux mines. »
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