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28-10-2008  Éclairage  
Irak : braver le danger pour apporter de l’aide et de l’espoir aux civils
Lorsque la guerre a éclaté en Irak en 2003, la vie est devenue un combat de tous les instants pour de nombreuses personnes. Quatre employés du CICR nous parlent de leur travail dans cet environnement très difficile, de leur motivation, de leur vie et des épreuves qu’ils traversent quotidiennement.

Khalid
Khalid travaille pour le CICR depuis mai 2003. Il a été témoin de l’attentat d’octobre et a échappé à plusieurs autres attentats avant de rejoindre le bureau du CICR à Amman, en Jordanie, en 2005.

Il se souvient : « J’avais besoin d’un emploi et je souhaitais faire autre chose que simplement regarder mon pays demander de l’aide. Le CICR me donnait cette occasion. J’ai commencé à travailler dans le service de recherches, qui est chargé de retrouver les personnes disparues et de rétablir les liens familiaux entre les détenus et leur famille par le biais de messages Croix-Rouge.

Après à peine cinq mois, j’ai découvert pour la première fois les dangers qui guettent les travailleurs humanitaires. Malheureusement, ce ne serait pas la dernière. J’étais dans un bus avec des collègues, en route vers le bureau, lorsque le bruit d’une grosse explosion a déchiré l’air. J’ai vu un énorme nuage de fumée noire s’élever vers le ciel et j’étais sûr que nous avions été touchés.

Nous avons poursuivi notre route jusqu’à ce que tellement de gens affluent dans les rues que la circulation en devienne impossible. Nous avons continué à pied, et plus nous nous approchions du bureau, plus je me rendais compte de la situation. Je voulais simplement m’assurer que mes collègues allaient bien. Je suis arrivé sur place et tout ce dont je me souviens, c’est d’avoir hurlé. Je n’en revenais pas. Tout était détruit, des voitures de pompiers et des ambulances arrivaient à toute allure.

Tout d’un coup, j’ai réalisé que mes parents étaient sans nouvelles de moi et qu’ils devaient être fous d’inquiétude. Nous n’avions pas de téléphones portables à cette époque. Mais je devais rester avec mes collègues et sauver ce que nous pouvions.

La délégation a immédiatement été déplacée dans un autre quartier de Bagdad et le travail a continué. J’ai travaillé depuis chez moi pendant deux jours. Lorsque je suis retourné au bureau, les choses avaient changé. Nous avions perdu deux de nos collègues et plusieurs avaient été blessés, mais personne ne voulait en parler. Nous avons commencé à nous rendre au bureau plus tôt et à en repartir plus tard, pour éviter les heures de pointe. J’ai échappé de justesse à des explosions en bord de route plusieurs fois.

Nous essayions d’éviter le danger en changeant de trajet tous les matins. Souvent, certains collègues ne parvenaient pas à atteindre le bureau. L’idée de ne pas aller travailler ne m’est jamais passée par l’esprit, mais j’étais très inquiet de devoir laisser mes parents seuls à la maison.

Après la mort de mon père, je craignais pour la sécurité de ma mère à Bagdad. Nous sommes partis pour la Jordanie en 2005 et j’ai commencé à travailler pour le bureau du CICR à Amman. J’envie et respecte énormément la volonté inébranlable de mes collègues qui travaillent toujours à Bagdad ».

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28-10-2008