28-10-2008 Éclairage Irak : braver le danger pour apporter de l’aide et de l’espoir aux civils
Lorsque la guerre a éclaté en Irak en 2003, la vie est devenue un combat de tous les instants pour de nombreuses personnes. Quatre employés du CICR nous parlent de leur travail dans cet environnement très difficile, de leur motivation, de leur vie et des épreuves qu’ils traversent quotidiennement.
Sally
Sally, qui a été blessée durant l’attentat d’octobre, travaille pour le CICR depuis 12 ans. Elle ne désire rien de plus que pouvoir marcher librement dans la rue à nouveau et rencontrer des gens sans craindre pour sa vie.
Elle se souvient : « Je suis arrivée au travail plus tôt que d’habitude, à 8 heures 20 ; je suis allée directement dans mon bureau, j’ai allumé mon ordinateur et commencé à arroser mes plantes. Tout d’un coup, j’ai été projetée contre la porte et j’ai entendu une explosion assourdissante. Les secondes suivantes sont floues.
Lorsque j’ai enfin réussi à me relever, je me suis rendu compte que je marchais sur du verre brisé et des décombres. J’ai vu du sang, et j’ai réalisé que c’était le mien. J’ai entendu des cris et j’ai su qu’il était arrivé quelque chose de terrible. Je me sentais très faible et je voulais juste quitter le bâtiment.
Le choc et l’horreur de ce moment ont encore été aggravés par la perte de deux de nos collègues. On dit que ce qui ne tue pas rend plus fort, et c’est exactement ce que j’ai ressenti. Je pense toujours que j’ai de la chance d’être en vie et cela m’a donné la force de continuer. Ce n’est qu’un peu plus tard que j’ai pleinement réalisé cela, lorsque j’ai vu ce qui restait de mon bureau - rien.
Plus tard je me suis demandé, comme beaucoup d’autres, si nous faisions bien de continuer à travailler. Parfois nos vies étaient en danger et nous avions peur.
Après toutes ces années, le CICR est devenu mon foyer et mes collègues ma famille. Je n’ai jamais songé à partir. Nous sommes confrontés à des incidents et des déceptions, mais la satisfaction que nous ressentons lorsque nous parvenons à aider des gens en vaut la peine. Nous voulons tous faire plus, mais ce n’est pas toujours possible.
Certains collègues ont décidé de partir, pour des raisons que je comprends. Beaucoup avaient de la famille, des enfants, une mère, un père ou une femme. Ils avaient des personnes dont ils devaient s’occuper. Tout ce que je peux dire, c’est que ceux qui sont restés se sentent très unis et motivés à travailler. Le travail en équipe nous a donne l’élan dont nous avons besoin. Nous avons dû relever un énorme défi et nous avons dû nous montrer forts.
L’image de ce jour fatidique d’octobre ne s’effacera jamais de mon esprit. Malgré les combats, nous sortions dans la rue, nous travaillions et parlions aux gens. Si seulement c’était possible à nouveau. Quoi qu’il arrive, l’espace de l’action humanitaire devrait demeurer sacré, et il faudrait toujours maintenir l’espoir ».