17-04-2009 Éclairage Afghanistan : assistance aux blessés de guerre En 1979, à la suite de l'invasion soviétique en Afghanistan, le CICR a commencé à apporter, au Pakistan, une assistance médicale et chirurgicale aux Afghans blessés lors des combats. Basé à Kaboul depuis 1987, le CICR s'est constamment employé à fournir un soutien neutre et indépendant aux structures médicales ainsi qu'aux personnels de santé dans l'ensemble de l'Afghanistan, et à soigner les victimes du conflit armé. Le rôle du CICR
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Hôpital Mirwais, Kandahar, unité de soins intensifs. Un homme recevant des soins pour des blessures par balle.
Le droit international humanitaire est un ensemble de règles qui, pour des raisons humanitaires, vise à atténuer les effets des conflits armés. Il protège les personnes qui ne participent pas ou plus aux hostilités et limite les moyens et méthodes de guerre.Qui sont les victimes de conflits armés qui bénéficient d'une assistance du CICR ? Ce sont toutes les personnes qui ne participent pas – ou plus – directement aux hostilités, notamment les civils et les combattants blessés ou capturés. Ces personnes sont expressément protégées par le droit humanitaire, qui interdit les attaques dirigées contre elles. Cette branche du droit exige aussi que certaines mesures soient prises pour leur venir en aide. Le CICR est chargé, en vertu des Conventions de Genève, de porter assistance aux victimes de la guerre lorsque les parties au conflit elles-mêmes ne sont pas en mesure de le faire. Promouvoir le respect des blessés de guerre et de la « mission médicale » Dans le cadre de son dialogue avec les différentes parties au conflit en Afghanistan, le CICR s'efforce de les sensibiliser aux obligations qui leur incombent envers les blessés, qu'il s'agisse de combattants ennemis ou de civils. En Afghanistan, les forces de sécurité afghanes, les forces internationales et l'opposition armée doivent toutes, en vertu du droit international humanitaire, fournir une assistance médicale lorsqu'elles trouvent des combattants ou des civils blessés, quelles que soient leur appartenance politique. Cette branche du droit interdit strictement de tuer les combattants blessés qui ne participent plus aux hostilités.
Parallèlement, le CICR s'emploie à promouvoir auprès des différentes forces armées le respect de sa mission médicale. Le terme « mission médicale » désigne généralement toutes les activités visant exclusivement à aider les personnes ayant besoin de soins médicaux d'urgence, et plus particulièrement les premiers secours et l'évacuation des blessés vers des hôpitaux. Le CICR en Afghanistan demeure extrêmement préoccupé par le grand nombre de meurtres, d'arrestations, d'enlèvements et d'actes de harcèlement dont le personnel médical a été victime ces dernières années alors qu'il était en service, et il appelle toutes les parties au conflit à respecter l'inviolabilité des personnels de santé, comme cela est énoncé dans les Conventions de Genève (pour plus de détails, voir ci-après une présentation des articles pertinents). Activités du CICR en faveur des personnes ayant besoin d'aide
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Hôpital Mirwais, Kandahar. Un petit garçon reçoit des soins après avoir été grievement blessé par un engin explosif découvert près de chez lui.
Soutien aux structures médicales publiques Le CICR fournit depuis quelques années du matériel chirurgical d'urgence aux hôpitaux dépendant du ministère de la Santé publique, afin qu'ils puissent soigner les victimes de bombardements et d'autres incidents très meurtriers. Il distribue également aux forces de sécurité afghanes des kits de premiers secours et dispense des cours de formation dans ce domaine.
Les blessés de guerre, la mission médicale et le droit international humanitaire
Qui Quoi Comment Dans ce contexte, il est crucial de noter que la fourniture d'assistance médicale aux combattants blessés ou malades n'est pas une violation du droit, et certainement pas du droit international humanitaire, qui, au contraire, exige qu'une telle assistance soit apportée. Nul ne peut être arrêté au seul motif d'avoir fourni une assistance médicale à « l'ennemi ». En fait, le droit international humanitaire coutumier interdit qu'une personne soit punie pour avoir accompli des actes médicaux compatibles avec l'éthique médicale. Soutien aux malades et aux blessés dans les zones non couvertes par les services médicaux publics Avec l'intensification du conflit au cours de ces deux dernières années dans une grande partie des régions rurales du sud et du sud-est de l'Afghanistan, il est devenu de plus en plus difficile de fournir des services de santé dans ces régions. Ainsi, la population locale se retrouve généralement seule pour faire face à la situation, sans accès aux soins de santé même les plus rudimentaires. Ce manque d'accès aux services de santé est une préoccupation majeure pour le CICR, qui ne peut pas non plus circuler librement dans ces régions en raison de l'insécurité. Par conséquent, conformément à son mandat, qui est de porter assistance aux victimes de conflit armé, le CICR s'efforce d'aider les personnes qui ont besoin d'aide – et en particulier d'une assistance médicale – et qui vivent dans des zones difficilement accessibles. En Afghanistan, il le fait en fournissant des articles médicaux destinés aux premiers secours et en dispensant des soins préhospitaliers aux blessés de guerre dans les zones reculées. Il fait appel aux ressources humaines et aux moyens suivants : Volontaires secouristes du Croissant-Rouge issus de la communauté Depuis juin 2006, le CICR forme des volontaires secouristes du Croissant-Rouge afghan et leur fournit des articles médicaux. Pourvus de matériel très basique tel que bandages, iode et sels de réhydratation orale, les volontaires ont pour rôle d'apporter les premiers secours à la fois aux civils et aux combattants blessés ou malades. Chaque province compte dix à vingt équipes de secouristes comprenant jusqu'à vingt volontaires. Autres secouristes Dans le but d'étendre ses services à toutes les zones touchées par le conflit, le CICR forme d'autres secouristes basés dans des zones non couvertes par le Croissant-Rouge afghan. Ces secouristes, qui vivent au sein de la population locale, ont les compétences médicales de base nécessaires pour stabiliser les blessés de guerre et les évacuer vers une structure médicale appropriée. Les secouristes n'ont pas de lien contractuel avec le CICR, mais dans le cadre de leur formation médicale, ils acquièrent des notions de base sur le mandat et les principes d'action de l'institution. Les conditions de sécurité actuelles empêchent le CICR de suivre directement le travail de ces secouristes. Par conséquent, l'institution fait appel à des consultants médicaux externes pour superviser la fourniture de matériel médical aux secouristes dans les différents districts et veiller à ce que les articles médicaux parviennent à leurs bénéficiaires. Les consultants ont une carte d'identification indiquant qu'ils travaillent pour le compte du CICR. Ils rendent fréquemment compte de leurs activités à l'institution.
Évacuations médicales Ni les volontaires secouristes du Croissant-Rouge afghan ni d'autres secouristes à base communautaire n'ont les compétences médicales requises pour donner des soins médicaux complets. Après avoir stabilisé l'état du patient, ils prennent, si nécessaire, des dispositions pour l'évacuer vers la structure de santé la plus proche. Les évacuations se font par la route, en taxi privé. Les consultants médicaux ont sélectionné dans chaque province un petit nombre de chauffeurs de taxi qui peuvent transporter les blessés jusqu'à la structure médicale la plus proche, par exemple l'hôpital Mirwais à Kandahar. Les chauffeurs ne sont pas des employés du CICR mais ils sont munis d'une lettre signée et timbrée expliquant qu'ils évacuent les blessés pour le compte du CICR. L'institution leur rembourse les courses de taxi.
Postes de premiers secours du CICR Un des principaux objectifs de l'institution est d'établir et de gérer des structures de santé neutres et indépendantes dans les zones rurales touchées par le conflit. Pour ce faire, le CICR s'emploie actuellement à ouvrir des postes de premiers secours dans certaines zones rurales. Ces postes ont un personnel d'employés nationaux du CICR et sont clairement marqués de l'emblème de la croix rouge. Leur emplacement exact est communiqué à toutes les forces armées opérant dans la région au cas où elles auraient besoin d'une assistance médicale, mais aussi pour assurer la sécurité des membres du personnel humanitaire et le respect de leurs activités. Il existe des postes de premiers secours dans les provinces de Kandahar, Uruzgan, Helmand et Zaboul. Le CICR a récemment ouvert un autre poste dans la province de Wardak et il prévoit d'en ouvrir d'autres dans un ou deux endroits de la province de Kunar. Soutien aux personnels de santé de l'opposition armée Lorsqu'il y a beaucoup de morts et de blessés, l'aide du CICR est sollicitée par des interlocuteurs soignant les combattants blessés de l'opposition armée et les civils vivant dans les zones de conflit. Comme il le fait avec les structures publiques, le CICR, conformément à son statut neutre et indépendant et à son mandat, qui consiste à porter assistance aux victimes de conflits armés, répondra à leurs besoins en fournissant du matériel médical et des médicaments. Si le CICR n'est pas informé précisément de l'endroit, en Afghanistan, où ces services médicaux sont fournis, il insiste pour vérifier les compétences médicales des personnes qui demandent son assistance et qui dispensent les soins.
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