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Aidez les victimes de la guerre : faites un don au CICR aujourd'hui
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20-08-2009  Éclairage  
Hôpital Mirwais : des conditions extrêmes pour les collaborateurs du CICR
Le journaliste Nima Elbagir et le caméraman Jake Simkin ont visité l’hôpital Mirwais de Kandahar, un des établissements soutenus par le CICR en Afghanistan. Ils font part de leurs impressions sur la situation humanitaire, sur le CICR et sur le travail que celui-ci effectue dans cet hôpital.

Je ne sais pas comment les collaborateurs du CICR font pour travailler à Mirwais.

Au cours des repas qu’ils ont eu la gentillesse de partager avec nous, nous avons appris qu’ils s’étaient tous déjà retrouvés en mission dans des endroits passablement difficiles, du genre qui vous préparent au pire.

J’ai beau avoir travaillé en Somalie, en République démocratique du Congo ou encore au Darfour, Mirwais aura été une expérience éprouvante.

Peut-être est-ce dû à l’isolement.

Le CICR est la seule organisation humanitaire internationale basée en permanence à Kandahar avec une équipe d'expatriés.

C’est une expérience incroyable, mais aussi, j’imagine, très solitaire.

Tu arrives de Kaboul ; on t’a raconté plein d’histoires et tu crois savoir un peu comment ça se passe sur place.

Et bien, même comme ça, tu n’es toujours pas suffisamment préparé.

Et ce n’est pas tant les personnes blessées directement à cause du conflit, l'afflux implacable des blessés de guerre.

Les victimes des frappes aériennes et des feux croisés, les gens qui vivent trop près des bases de la coalition ou ceux qui sont balayés sur des routes que les talibans refusent de voir en bon état.

Ceux qui chaque jour sont punis pour tenter d’aller de l'avant au cœur de la guerre.

Quelque part, si tu fais ce que tu dois faire et que tu te prépares avant de débarquer ici, tu n’es pas vraiment surpris : c’est juste cruellement terrifiant.

Ce qui est inattendu, c’est de voir tous ces enfants : des dizaines et des dizaines d’enfants qui sont admis ici chaque jour.

Les statistiques concernant les victimes civiles cachent une réalité beaucoup plus terrible, car elles ne tiennent pas compte des personnes qui meurent en marge du conflit, autrement dit, à cause du conflit, mais de manière indirecte.

Selon l’UNICEF, l’Afghanistan connaît le deuxième plus haut taux de mortalité infantile du monde. Chaque jour, à Mirwais, les membres du personnel de l'hôpital aussi bien que les parents vous diront que le choix est simple : attendre une fenêtre de calme en priant ou risquer de se frayer un chemin jusqu’à l’hôpital, au milieu de la violence.

Attendre et mettre la vie de ton enfant en péril ou foncer et prendre tous les risques.

Les médecins nous ont souvent dit que les parents attendent trop longtemps ; si bien que lorsqu’ils arrivent finalement à l’hôpital, les risques qu’ils ont pris n’ont servi à rien.

Parmi les « cas désespérés » dont on nous a parlé, la plupart décèdent dans les 24 heures qui suivent leur admission à Mirwais.

Un de nos derniers jours à Mirwais, nous sommes assis là où nous avions pris l'habitude de le faire, à l’entrée du service des urgences.

Nous attendons, caméra en main, prêts à filmer les gens qui ne manqueront pas d’arriver. Après une période de calme total, deux hommes font irruption sur une moto, fonçant droit sur les portes.

L’un deux saute du siège arrière de la moto encore en marche, portant un enfant dans ses bras. Nous apprenons ensuite que c’est le père.

Il passe devant nous en courant, mettant toute son énergie à atteindre la salle des urgences, sans même appeler les médecins.

Ceux-ci le rejoignent de manière quasi instinctive, juste au moment où le père dépose l’enfant sur un lit.

Mais c’est trop tard.

Il a attendu trop longtemps.

De tous les spectacles auxquels nous avons assisté à Mirwais, c’est celui des enfants qui a été le plus pénible : nous n’y étions pas préparés.

Quoi qu’il en soit, je suis extrêmement reconnaissant aux membres du personnel de l’hôpital de nous avoir permis d’entrevoir ce que les habitants du sud de l’Afghanistan vivent jour après jour, confrontés au quotidien de la guerre.

Et aussi les choix qu’ils sont forcés de faire.

©CICR/J. Powell /af-e-01562
Hôpital Mirwais. Un pédiatre du CICR examine un petit enfant souffrant de pneumonie.
©CICR/J. Powell/af-e-01559
Jeune garçon blessé par l'explosion d'une bombe.
©CICR/J. Powell/af-e-01560
L'équipe médicale du CICR travaille en étroite collaboration avec les médecins et infirmières locaux.
©CICR/J. Powell/af-e-01561
La salle d'opérations de l'hôpital Mirwais.

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20-08-2009