13-01-2008 Éclairage Afghanistan : dans l’attente de revoir leurs proches, grâce à la haute technologie Jusqu’à présent, les détenus du centre d’internement de Bagram communiquaient avec les membres de leur famille par le biais des traditionnels messages Croix-Rouge. À la mi-janvier, les CICR et les autorités militaires américaines ont introduit un système de visioconférence qui permet aux détenus de s’entretenir avec leurs proches, tout en les voyant sur un écran. Portrait de trois familles impatientes d’expérimenter cette nouvelle technologie. Les trois personnes qui témoignent ici ont été interviewées dans les locaux du CICR à Kaboul, le 13 janvier dernier, à la veille du lancement de ce programme. Nurhayat Mohd Baz
© CICR / Robert Keusen / AF-E-01226
Délégation du CICR à Kaboul / Janvier 2008 : l’impatience de l’attente se reflète sur les visages de Nurhayat et des membres de sa famille, avant la visioconférence.
Nurhayat, 31 ans, est originaire du district de Ruidat, dans la province de Nangahar. Il est venu ici pour parler avec son cousin, qui est interné à Bagram. Il est accompagné des deux fils et d’un beau-frère du détenu. Sultan Mohammed
© CICR / Mohd Maqsudi / AF-E-01227
Délégation du CICR à Kaboul / Janvier 2008 : une collaboratrice du CICR accompagne Sultan, qui n’a pas vu son frère depuis quatre ans.
Sultan a 34 ans. Il est originaire de la province de Khost où il vit, depuis que son frère a été arrêté, avec 15 autres membres de sa famille. Cela fait quatre ans qu’ils n’ont plus vu le frère de Sultan, ni entendu sa voix. Jusqu’à présent, ils ne pouvaient communiquer avec lui que par le biais des messages Croix-Rouge que le CICR leur permettait d’échanger. Sultan avait entendu parler du CICR alors qu’il était étudiant à Kaboul, il y a de nombreuses années, mais il ne savait pas que l’institution aidait des membres de familles dispersées à rétablir le contact. Lui et les siens avaient eu connaissance de ce service 10 mois plus tôt, alors qu’ils avaient reçu le premier message Croix-Rouge du frère interné à Bagram. Ils avaient alors tous été ravis d’apprendre qu’il était encore en vie. Le dernier message reçu les invitait à s’entretenir avec le frère de Sultan et à le voir, grâce à un système de visioconférence. Ils ont eu de la peine à y croire. La famille tout entière est en effervescence : tout le monde tenait à faire le déplacement, mais cela n’a pas été possible. Sultan est venu seul, mais il n’est pas exclu que d’autres personnes de la famille le rejoignent aujourd’hui. Parti de Khost hier matin à huit heures, il est arrivé à Kaboul à onze heures du soir. Il y avait beaucoup de neige sur les routes, ce qui a rendu le voyage long et fatiguant ; cela sans compter le froid. « Mais ça ne fait rien. Ce qui importe c’est que je puisse parler à mon frère. » « Je me réjouis tellement de le voir. J’ai beaucoup de choses à lui dire de la part de notre mère. Elle aussi aurait voulu venir, mais elle est trop malade pour entreprendre un voyage si long et si pénible. » Et à l’idée du grand moment qu’il va vivre demain à 9 h 50, son visage s’illumine d’un large sourire. Faizulla
© CICR / G.L. Piccolo
Délégation du CICR à Kaboul / Janvier 2008 : Faizulla était enchanté de recevoir un message Croix-Rouge ; mais la visioconférence est encore bien plus prometteuse.
Faizulla a 43 ans. Il vient de Tarahul, un village situé à la périphérie de Kaboul. Il a un cousin qui est détenu à Bagram, et il est venu avec Rafiulla, un des fils de celui-ci, âgé de 19 ans. |