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23-03-2006  Éclairage  
Azerbaïdjan : améliorer le traitement de la tuberculose dans les prisons
Alors qu’il avait 16 ans, Natiq Agiyev a vu son frère aîné Shahin dépérir en une année. Il se rappelle que les médecins ne voulaient pas s’occuper de son frère parce que sa famille ne parvenait pas à trouver l’argent nécessaire au traitement de la tuberculose (TB) dont souffrait Shahin.

Cinq ans plus tard, Natiq fait partie des prisonniers qui suivent un traitement contre la TB dans l’établissement spécialisé dans le traitement des détenus atteints de tuberculose (STIDT). En attente de jugement, il reçoit gratuitement un traitement contre la TB depuis mai.

Aujourd’hui, tous les prisonniers d’Azerbaïdjan ont accès gratuitement à un diagnostic de pointe et un traitement de haute qualité. Fin décembre 2005, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) avait fourni à plus de 6 900 détenus tuberculeux le traitement DOTS (traitement de brève durée sous surveillance directe) qu’elle recommande.

En 2005, le CICR et le ministère de la Justice ont célébré dix ans de partenariat pour la lutte contre la TB dans les prisons. À cette occasion, une visite spéciale a été organisée dans l’établissement du ministère (STIDT ).
Les ambassadeurs des États-Unis et de la Turquie, des représentants de l’OSCE, du Conseil de l’Europe, de l’UNICEF et d’autres ambassades et organisations internationales ainsi que des représentants gouvernementaux et des journalistes ont participé à cette visite de deux heures.

C’est en mai 1995 que le ministère de la Justice et le CICR décidèrent de coopérer en mettant sur pied un projet pilote à l’hôpital central pénitentiaire de Baku. Le but de ce projet était de fournir à 300 patients un traitement adéquat, complet et sous totale surveillance. Le STIDT fut réhabilité en juillet 1998. Avec une capacité de 1 000 lits, il est devenu la principale structure de traitement antituberculeux du système carcéral.

Nizami Guliyev, le directeur du STIDT, a déclaré que quelque 500 patients, dont trois femmes, suivaient actuellement un traitement. Depuis juin 1995, le CICR a assuré sans interruption la fourniture de médicaments antituberculeux de première intention et de réactifs pour le laboratoire.

Même si le DOTS est la stratégie la plus efficace pour prévenir le développement de la tuberculose à bacilles multirésistants ou TB-MR, une chimiothérapie de brève durée ne permet pas de guérir la majorité des cas. Un traitement correct avec des médicaments anti-TB de deuxième intention n’est pas offert dans les prisons, essentiellement en raison de son coût élevé et de l’absence de surveillance.

Guliyev a attiré l’attention sur le fait qu’il y avait encore 80 cas de TB-MR.

« Ces patients ne peuvent pas être guéris aujourd’hui, mais l’espoir existe qu’ils puissent un jour recevoir le traitement nécessaire, » a-t-il déclaré.

Pour s’attaquer à ce problème, en 2004 le CICR a aidé les autorités à présenter une demande au Comité Feu vert dans le but de lancer un projet pilote DOTS-Plus dans les prisons azerbaïdjanaises. La réponse a été positive et le projet sera financé par le Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Le CICR fournira une assistance technique pour la mise en œuvre de ce programme.

« Grâce aux efforts déployés conjointement, le taux de mortalité parmi les nouveaux cas de TB a chuté de manière spectaculaire au cours des ans, passant de 14% en 1995 à 12% en 1999 et à 3% en 2004 » a déclaré Fikret Mammadov, ministre de la justice, au cours de la cérémonie consacrée l’année dernière au 10e anniversaire du programme de lutte contre la tuberculose dans les prisons de l’Azerbaïdjan.

« La tuberculose est l’un des problèmes majeurs de santé publique auxquels l’Azerbaïdjan doit faire face actuellement ; il n’est pas limité aux prisons. Ce sont les secteurs les plus pauvres de la société qui risquent le plus d’être infectés, » a souligné Mary Werntz, cheffe de la délégation du CICR.

Tout en soulignant que l’épidémie n’est pas maîtrisée, Mme Werntz s’est dite confiante dans les progrès futurs.

« Aujourd’hui, je suis optimiste. L’Azerbaïdjan est prêt à faire face au problème, il en est capable. Pour cela, il faut obtenir un soutien réel, à la fois financier et politique, de la part du gouvernement de ce pays. »






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23-03-2006