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30-09-2008  Éclairage  
Azerbaïdjan : les reporters de guerre sont informés des lois les protégeant
Les 3 et 4 juillet 2008, le CICR et l’Institute for War and Peace Reporting (IWPR) (institut de reportage sur la guerre et la paix) ont tenu un atelier sur les droits que le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme confèrent aux journalistes en mission professionnelle dans des zones de conflit armé.

La manifestation a eu lieu à Sheki, dans le nord-ouest de l’Azerbaïdjan, et a réuni 10 journalistes d’Azerbaïdjan, de Géorgie et de la République du Daghestan (Fédération de Russie). Ils faisaient tous partie du Cross Caucasus Journalism Network (réseau de journalistes du Caucase) de l’IWPR – un réseau de plus de 50 journalistes du Caucase du Sud et du Caucase du Nord, dont les reportages portent essentiellement sur les conflits et la situation des minorités nationales. Un atelier similaire s’est tenu à Bakou en 2006.

L’atelier s’est ouvert par un exposé d’un représentant du CICR, Vugar Naghiyev, sur le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme.

« Un journaliste en mission dans une zone de conflit est considéré comme un civil », a expliqué Vugar Naghiyev. « Pour votre propre sécurité, vous devriez vous abstenir de porter une tenue militaire et toujours être munis d’une pièce d’identité de l’organisme des médias que pour lequel vous travaillez. »

Gulnaz Guliyeva, une attachée de presse du CICR établie en Azerbaïdjan, a évoqué les relations entre le CICR et les médias – en particulier sur des sujets sensibles tels que les activités de l’institution dans les lieux de détention.

« En enregistrant les détenus et en observant leurs conditions de détention, nous pouvons contribuer à faire en sorte qu’ils ne « disparaissent » pas ou qu’ils ne soient pas victimes de mauvais traitements. C’est grâce à une méthode de travail fondée sur la confidentialité que les délégués du CICR peuvent avoir accès à ceux qui ont besoin de son aide », a affirmé Gulnaz Guliyeva.

Certains journalistes qui participaient à l’atelier ont, dans un premier temps, reproché au CICR de ne pas partager ses conclusions, en particulier sur les conditions de détention et le traitement réservé aux détenus. Toutefois, après avoir écouté l’exposé sur les activités de l’institution en faveur des détenus, la plupart se sont ralliés à l’idée d’adopter une approche confidentielle.

« Les explications m’ont fait prendre conscience du fait que je manquais d’informations sur les principes de travail du CICR et sur son rôle dans la défense des droits des détenus. À présent, les raisons de l’approche confidentielle du CICR m’apparaissent clairement », a déclaré Diana Aliyeva, journaliste au Svobodnaya Respublika du Daghestan.

Sa collègue de Bakou, Leyla Suleymanova, a expliqué : « J’envisageais la question de la confidentialité sous un autre angle. Désormais je comprends que le but est de protéger les personnes qui se trouvent derrière les barreaux. »

Les journalistes ont également reçu des informations sur la question des personnes portées disparues – en particulier sur les obligations incombant aux États et sur le rôle du CICR. Ils ont pris connaissance des efforts déployés pour découvrir ce qu’il était advenu de plus de 4 400 personnes disparues à la suite du conflit du Haut-Karabakh. Cette initiative nécessite une coopération à long terme entre le CICR et les parties au conflit. Les tentatives entreprises pour faire la lumière sur le sort de personnes disparues en Azerbaïdjan, qui impliquent de recueillir des données auprès de leurs familles, ont également été présentées.

Leyla Suleymanova a décidé d’écrire un article sur les personnes disparues en relation avec le conflit du Haut-Karabakh. « Je suis impressionnée non seulement par l’ampleur du problème, mais aussi par celle du travail que vous effectuez. Bien sûr, je savais que des actions étaient menées, mais je n’imaginais pas qu’elles étaient d’une telle envergure », a-t-elle affirmé.

Nombre de participants ont souligné l’importance d’organiser de telles manifestations. « Le sujet concernait tous les pays dont provenaient les journalistes invités. Nous avons eu maintes occasions de débattre et de partager nos expériences et nos idées sur des questions telles que les droits des journalistes, la pression exercée sur eux, et leur sécurité dans les conflits armés et dans d’autres situations de violence », a déclaré Diana Aliyeva. « La formation dispensée ici est véritablement utile aux journalistes, car quand on connaît ses droits, on est plus à même de se défendre. »

Informations complémentaires :
Gulnaz Guliyeva, CICR Bakou, tél. : +99 412 465 6335

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30-09-2008