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31-01-2007  Éclairage  
Burundi : les projets en eau du CICR contribuent à la lutte contre des maladies mortelles
Après 13 ans de conflit dans le pays, la stabilité semble être à portée de main : la remise en état des infrastructures vitales - telles que l’adduction d’eau et l’assainissement - constitue désormais l’enjeu principal au Burundi. A ce jour, les projets du CICR ont permis d’approvisionner en eau potable quelque 100 000 personnes vivant dans différentes régions du pays.

© CICR / Marco Succi / bi-e-00003
Le CICR effectue des forages, construit des stations de pompage et des citernes de stockage.
L’école primaire de la ville de Gatumba, située à 10 km au nord de Bujumbura, capitale du Burundi, ne dispose que d’un seul point d’eau. Celui étant hors service depuis des années à cause du conflit, les élèves doivent apporter eux-mêmes l’eau nécessaire pour le nettoyage et l’hygiène.

Pour la plupart des enfants et leurs mères, aller chercher de l’eau signifie accomplir de longs trajets pour atteindre l’une des rares fontaines publiques qui existent, puis y attendre patiemment leur tour. Bien que l’on estime à 40 000 le nombre d’habitants de Gatumba, il n’y a dans toute la ville qu’un seul point d’eau qui fonctionne 24 heures sur 24, quelques autres fonctionnant tard le soir. Selon les autorités, la responsabilité du problème est imputable à la rapide croissance de la population depuis l’éclatement du conflit en 1993.

« Il y a déjà longtemps que notre ville souffre de cette calamité que représente le manque d’eau », explique le commissaire de district, Prosper Banzamba. « Avant 1993, la ville comptait à peine 12 000 habitants ; comme le calme régnait dans notre région, des gens qui fuyaient le conflit sont arrivés ici, venant de toutes les provinces du Burundi. C’est ce qui explique que la population soit aussi dense aujourd’hui. »

Comme Gatumba, la plupart des centres urbains du Burundi ont attiré un grand nombre de personnes déplacées ainsi que des réfugiés fuyant la guerre civile qui déchirait le pays voisin, le Congo. Les infrastructures du Burundi se sont presque complètement effondrées, notamment dans le domaine de l’eau et de l’assainissement : en 2006, moins d’un habitant du pays sur deux avait un accès direct à l’eau potable.

Pour beaucoup de familles, il n’existe pas d’autre solution que d’utiliser l’eau de la rivière Ruzizi. Prenant sa source au Rwanda, cette rivière traverse ensuite le Burundi avant de se jeter dans le lac Tanganyika. Trois autres pays – République démocratique du Congo (RDC), Tanzanie et Zambie se partagent ce lac (le plus long d’Afrique et le deuxième le plus profond du monde) dont l’eau est tout aussi impropre à la consommation que l’eau de la Ruzizi.

Malgré les risques évidents pour la santé, et bien que le fait de la faire bouillir ne suffise pas à rendre cette eau potable, les femmes l’utilisent pour la préparation des aliments et pour la boisson. Comme le fait remarquer un ingénieur en eau du CICR, Corrado Generelli : « La couleur indique que cette eau est absolument impropre à la consommation. Non seulement, il y a de la boue dans cette eau, mais aussi des germes et d’autres agents qui ne sont pas bons du tout pour la santé humaine. »

Une eau présidentielle…
L’eau joue un rôle si important dans la reconstruction d’un pays ravagé par la guerre tel que le Burundi, et son impact sur la santé publique est si déterminant, que le président du Burundi, Pierre Nkurunziza, s’est rendu à Rumonge, sur les rives du lac Tanganyika, pour l’inauguration du nouveau système de distribution d’eau réhabilité par le CICR.

Soucieux de donner à cette occasion un caractère encore un peu plus spécial, le président s’est fait accompagner non seulement de plusieurs ministres et membres du Parlement, mais aussi de son équipe de football, l'Alléluia Sport.

Le président a d’abord fait le tour des installations, sans oublier de goûter l’eau lui-même. Puis, avec son « équipe », il a affronté en match amical l’équipe locale du CICR. Potentiellement délicate, cette situation a été résolue grâce à un score ménageant à la fois l’honneur du président, la neutralité de la Croix-Rouge et la courtoisie diplomatique : « un but partout » !

Et cela, d’après le chef local, sans parler des restes humains et animaux…

Le seul centre de santé publique de Gatumba met la population en garde contre les risques liés à la consommation de l’eau tirée des rivières et des lacs. Des maladies telles que la typhoïde, le choléra et la dysenterie sont les dangers mortels les plus répandus : au Burundi, un décès sur cinq est dû aux maladies transmises par l’eau ou aux mauvaises conditions d’hygiène.

Éviter les épidémies constitue un défi majeur, car même le centre de santé n’a pas l’eau courante. Il n’y a pas d’eau aux robinets, et les patients doivent eux-mêmes apporter leur eau quand ils sont hospitalisés, explique l’infirmière Gloriose Bizimana.

Les habitants de Gatumba peuvent espérer voir prochainement s’améliorer quelque peu leur situation déplorable. En effet, le CICR s’emploie actuellement à remettre en service le système d’adduction d’eau de la ville. Ce projet prévoit notamment deux forages ainsi que la construction d’une station de pompage et d’une citerne de stockage. Plus de 20 bornes fontaines seront réparées et une conduite d’eau sera posée, reliant la ville à un grand réservoir. Ainsi, espère-t-on, chaque habitant de Gatumba aura bientôt accès à l’eau potable.

Un projet similaire porte déjà ses fruits à Rumonge, ville de 50 000 habitants située dans la province méridionale de Bururi, sur les rives du lac Tanganyika. Désormais, presque plus personne ne boit l’eau du lac et il est rare de voir les femmes vivant à proximité du lac venir y laver leur linge. Remis en état par le CICR, le système d’approvisionnement en eau fournit désormais suffisamment d’eau potable pour l’ensemble de la population. Depuis qu’au terme de deux ans de travaux, les installations ont été inaugurées en octobre 2006 (voir encadré), la quantité d’eau potable disponible a été multipliée par dix et 15 fontaines fonctionnent dans différents quartiers de la ville.

La responsabilité de la gestion du système incombe à la Régie nationale de production d’eau et d’électricité (REGIDESO). Le CICR organisera la formation du personnel impliqué dans ces activités.

Désormais, aller chercher de l’eau pour la famille n’est plus une tâche fastidieuse, explique un résident : « Avant la réalisation de ce projet, chacun devait aller jusqu’au lac pour se baigner et ramener de l’eau potable. De fait, une épidémie de choléra frappe Rumonge depuis 1978 ; la population a souffert longtemps de la pénurie d’eau. Pour la population de cette ville, le projet constitue vraiment un gros cadeau, je dirai même un cadeau inoubliable. »

Le CICR réalise actuellement des projets similaires dans d’autres régions du Burundi. Au cours de la seule année 2006, il a donné accès à l’eau potable à plus de 100 000 personnes, tant dans les villes que dans les villages.

Voir le film sur les projets en eau du CICR au Burundi.

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31-01-2007