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8-02-2008  Éclairage  
L'inhumation des corps devient urgente si l'on veut éviter tout risque pour la santé publique
N'Djamena, 15h30. Cinq hommes et deux femmes, volontaires de la Croix-Rouge du Tchad, s'entassent dans une Landcruiser qui se dirige vers Lamadji, petite ville située à 20 kilomètres de la capitale. Un camion de la municipalité de N'Djamena les suit, et une pelleteuse ferme ce convoi peu habituel. Il n'y a aucun blessé à bord, et il ne s'agira pas de dispenser des soins. Lamadji abrite un cimetière. Le camion contient les dépouilles de combattants et de civils morts pendant les combats qui ont secoué N'Djamena.

© ICRC/Inah Kaloga
Inhumations de dépouilles mortelles ramassés à N'Djamena par les équipes de la Croix-Rouge du Tchad.

Profitant de l'accalmie de ces derniers jours, les équipes de la Croix-Rouge du Tchad s'emploient à ramasser les corps qui jonchent certains quartiers de la ville et qui vont être inhumés à Lamadji. Depuis 8 heures du matin, ces volontaires, hommes et femmes, sillonnent les rues, un masque sur le visage. La plupart des corps sans vie sont dans un tel état de décomposition que toute tentative d'identification serait vaine.

« C'est un travail difficile, mais nécessaire », nous explique Bongor Zam, spécialiste au service d'urgence de la Croix-Rouge du Tchad. « Il s'agit d'une question de santé publique, bien évidemment, mais également de dignité – la dignité de ces personnes qui, malgré les circonstances de leur mort, malgré le fait que beaucoup d'entre elles ont été des combattants, malgré les violences que nous avons tous traversées, méritent une sépulture digne. »

Forts de cette conviction, les volontaires placent chaque corps dans un sac mortuaire alors que la pelleteuse creuse les tombes. En deux jours, avec l'aide de la municipalité de N'Djamena et le soutien du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), ils ont ramassé 80 cadavres dans différents quartiers de la ville. On les sent fatigués, mais ils songent déjà aux quartiers à quadriller le lendemain. Selon la mairie de la capitale, il resterait une centaine de corps dispersés à travers la ville, alors qu'une soixantaine se trouveraient dans les morgues des hôpitaux.

Pendant que des équipes achemineront ces corps d'hommes et de femmes fauchés par les combats, d'autres volontaires assureront le transfert et la prise en charge de blessés vers les structures sanitaires de la ville. D'autres encore, jour après jour, s'efforceront d'atténuer les effets de cette bataille de N'Djamena sur une population encore très ébranlée malgré le calme incertain qui règne maintenant sur la capitale tchadienne.

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8-02-2008