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15-02-2008  Le point sur les activités  
Tchad : prendre soin des blessés et rétablir les liens familiaux
Dans le calme relatif qui règne dorénavant dans la capitale tchadienne de N’Djamena, le CICR et la Croix-Rouge du Tchad continuent de soigner les blessés, d’enterrer les morts et de répondre aux besoins des personnes déplacées. Ci-après, le point sur les activités conduites par le CICR au cours de la semaine dernière, du 7 au 14 février.

Situation humanitaire

Un calme relatif s’est installé après les combats qui ont fait rage entre des groupes d’opposition armés et l’armée nationale tchadienne. Tandis que les habitants de N’Djamena qui s’étaient réfugiés à la périphérie de la ville ainsi qu’un grand nombre de ceux qui avaient franchi la frontière camerounaise reviennent petit à petit à N’Djamena, le CICR et la Croix-Rouge du Tchad maintiennent leur présence dans les structures de santé de la ville où les blessés sont soignés.

Activités de la Croix-Rouge à N’Djamena

Médecine

Le CICR a renforcé son équipe médicale grâce à l’arrivée d’une seconde équipe chirurgicale et continué de soutenir l’hôpital « La Liberté », où la première équipe avait été déployée.

Avec l’assistance de la Croix-Rouge du Tchad et les sections suisse et luxembourgeoise de Médecins sans frontières, les équipes médicales du CICR ont fourni des soins à plus de 950 blessés, civils et combattants des deux camps.

Pendant la semaine qui a suivi les combats, la Croix-Rouge du Tchad a évacué au total 200 blessés de guerre vers divers hôpitaux de la ville et recueilli 145 corps qu’elle a entrepris d’inhumer. Lorsque les circonstances le permettaient, des mesures ont été prises pour identifier les corps et recueillir des informations pour les familles des personnes décédées.

Situation des civils résidant à N'Djamena

Le CICR et la Croix-Rouge du Tchad ont conduit une évaluation des besoins des civils qui vivent à N'Djamena. Malgré la violence des affrontements, les dommages matériels sont restreints et ne concernent que quelques zones précises, notamment le sud de la ville, les alentours de la station de radio nationale et la mosquée. Les magasins et les marchés ont rouvert et les habitants peuvent acheter des produits essentiels car leurs prix, qui avaient connu une hausse subite peu après les combats, sont revenus à un niveau normal.

Détention

Un certain nombre de membres de l’opposition sont détenus. Le CICR entretient un dialogue avec les autorités tchadiennes afin d’enregistrer les personnes qui ont été arrêtées, et d’observer leurs conditions de détention et le traitement qui leur est accordé. Conformément à la pratique habituelle du CICR, tout dialogue avec les autorités détentrices reste bilatéral et confidentiel.

Rétablissement des liens familiaux

De nombreuses familles ont été dispersées dans la confusion régnant alors qu’elles fuyaient les combats. De plus, nombre de personnes résidant à l’étranger n’ont plus de nouvelles de leur famille restées au pays.

Le 12 février, le CICR et la Croix-Rouge du Tchad ont lancé un service permettant aux habitants de N'Djamena d’appeler à l’étranger des parents qui n’ont pas pu obtenir de nouvelles de leurs proches vivant au Tchad. Ce service sera fourni jusqu’à ce que les liaisons téléphoniques soient rétablies. À ce jour, quelque 100 familles ont pu appeler leurs proches dans plus de 20 pays pour échanger des nouvelles dont ils avaient grand besoin et apaiser l’angoisse des personnes qui n’avaient eu aucune nouvelle directe de leurs proches.

Le CICR, la Croix-Rouge du Tchad et la Croix-Rouge camerounaise s’efforcent d’établir des systèmes permettant aux civils qui ont franchi la frontière camerounaise, ainsi qu’aux Tchadiens se trouvant dans d’autres régions du pays, de localiser leurs proches et de renouer ou de maintenir des liens avec les membres de leur famille.

Tandis que des équipes du CICR et de la Croix-Rouge répondent aux besoins issus des affrontements armés du week-end dernier, d’autres équipes du CICR poursuivent leur travail dans d’autres régions du pays, en particulier dans l’est du Tchad.

L’attaque de la capitale a nui à la situation de sécurité de tout le pays et provoqué une baisse des activités, la plupart des acteurs humanitaires s’étant retirés ou ayant restreint leurs mouvements dans l’est du Tchad, où la survie de plus de 400 000 réfugiés et personnes déplacées dépend en grande partie de l’aide humanitaire.

Après l’attaque de la ville de Seleia, dans le Darfour Ouest, qui a provoqué la mort d’un membre du personnel du CICR, il est estimé qu’entre 10 000 et 15 000 personnes, principalement des femmes et de jeunes enfants, ont franchi la frontière pour rejoindre la ville de Birak et ses environs. En coordination avec d’autres acteurs humanitaires, les équipes du CICR présentes ont organisé la fourniture d’une assistance d’urgence pour les réfugiés, afin de garantir la satisfaction des besoins essentiels jusqu’à ce que des structures d’hébergement et une assistance puissent être mises en place de façon plus permanente. Le CICR a aidé à organiser le transfert des blessés vers les structures médicales.



©CICR/I. Kaloga
Un centre d’appels à N'Djamena permet de rétablir les liens entre les déplacés et leurs proches.



©CICR/I. Kaloga

Kormanda, à la périphérie N'Djamena. Un volontaire de la Croix-Rouge du Tchad recueille des informations sur les déplacés afin d’évaluer leurs besoins.

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15-02-2008