Aide humanitaire d’urgence pour la population déplacée
Entre janvier et mars 2008, le nombre de déplacés internes a augmenté de 45% par rapport au trimestre précédent (octobre à décembre 2007). Les problèmes continuent à être préoccupants, et dans des départements comme Arauca, Chocó et Nariño, les personnes déplacées vivent dans des conditions socio-économiques très difficiles.
Au cours de la période faisant l’objet de ce rapport, 21 764 personnes ont reçu de l’aide. Le nombre de personnes qui se déplacent individuellement continue à être élevé. Près de 70% de l’assistance offerte par le CICR est allée à des déplacés internes qui se sont présentés seuls dans notre bureau.
Les 30% restants correspondent à 16 cas de déplacements massifs (groupes de plus de 50 personnes qui se déplacent simultanément à la suite du même événement) qui se sont produits dans les départements d'Antioquia, Arauca, Caldas, Cauca, Chocó, Córdoba et Meta.
Vu les conséquences du phénomène des déplacements de populations, le CICR suit la situation de près pour pouvoir offrir une aide efficace aux familles déplacées qui le souhaiteraient et, dans le cadre de ses activités sur le terrain, il poursuit son dialogue confidentiel avec toutes les parties au conflit pour tenter de prévenir tout déplacement futur.
Eau et habitat
Le CICR soutient diverses initiatives prévoyant la construction et la réhabilitation de petites infrastructures afin d’améliorer les conditions de vie de la population civile se trouvant dans des zones touchées par le conflit armé. Il s’agit notamment d'écoles, de lieux d’hébergement, de centres communautaires ou d’aqueducs situés dans différentes communes des départements d’Antioquia, Arauca, Caquetá, Cauca, Meta et Norte de Santander.
À Sincelejo, dans le département de Sucre, le CICR a contribué à la transformation du bâtiment où est installée l’unité de soins et de conseils pour la population déplacée de la ville.
Santé
Informations et soutien à la population civile touchée par le conflit armé
Au cours de la période considérée, 141 personnes déplacées et 25 habitants des zones frappées par le conflit armé ont reçu une aide financière pour payer des soins médicaux. D’autres personnes (286) ont été orientées vers les services de santé de l'État.
En outre, 233 victimes de mines antipersonnel, de restes explosifs de guerre ou d'autres armes, ainsi que des femmes ayant subi des violences sexuelles, ont reçu une aide financière pour pouvoir assumer les frais de traitement médical ou de réadaptation physique.
Accompagnement du personnel de santé
Afin que le personnel de la santé publique puisse pénétrer dans les zones en proie au conflit armé, le CICR, après avoir obtenu des garanties de sécurité de la part des parties au conflit, accompagne les équipes médicales pour leur permettre de prodiguer des soins de santé primaires. Au cours du premier trimestre de 2008, il a effectué cinq missions d’accompagnement.
Réadaptation physique
Par ce programme, le CICR vise avant tout à aider les personnes handicapées touchées par le conflit armé, qui ne bénéficient pas des programmes de santé de l’État, à avoir accès à des services de réadaptation physique de qualité. Pour ce faire, il soutient différents centres spécialisés en leur offrant du matériel, des composants, des machines, des conseils techniques et une formation spécialisée.
Au cours du premier trimestre de 2008, 21 victimes du conflit armé ont été prises en charge dans les centres spécialisés soutenus par le CICR.
D’autre part, le CICR continue à apporter son soutien au Service national d'apprentissage et au Centre Don Bosco pour la mise en œuvre d’un programme de formation aux métiers de technologue orthoprothésiste et technicien orthoprothésiste. En outre, il collabore avec le ministère de la Protection sociale à l'élaboration de normes de qualité pour la fabrication et l'adaptation de prothèses et d'orthèses.
Protection
Rétablissement des liens familiaux
Par l’échange de messages Croix-Rouge (MCR) – des nouvelles exclusivement familiales – le CICR aide les otages et les détenus à rétablir le contact avec leurs familles. Au cours de la période considérée, le CICR a fait parvenir 20 MCR à leurs destinataires et en a recueilli 12.
Le 10 janvier et le 27 février, deux missions humanitaires ont été organisées pour accueillir respectivement Clara Rojas et Consuelo González de Perdomo, puis Gloria Polanco, Luis Eladio Pérez, Eduardo Géchen et Orlando Beltrán, libérés par les FARC. Le CICR est satisfait de la collaboration de toutes les parties concernées par ces libérations, en particulier les gouvernements de Colombie et du Venezuela, et les FARC.
En sa qualité d’institution humanitaire neutre, impartiale et indépendante, le CICR continuera à rechercher tous les moyens pouvant permettre d'obtenir la libération rapide des otages.
Visites aux personnes privées de liberté pour des motifs liés au conflit
Les délégués du CICR ont évalué les conditions de détention des personnes privées de liberté lors de 80 visites dans des lieux de détention permanents (sous la responsabilité du service pénitentiaire national, INPEC), et de 121 visites dans des centres transitoires (dépendant des forces armées, de la police nationale, du département de la sécurité (DAS) ou du ministère public).
Communication
Le CICR, par le biais de ses activités de communication et de protection, fait part de ses préoccupations au sujet des conséquences d’ordre humanitaire que le conflit armé entraîne pour la population civile. Il organise des réunions d’information pour différents publics : les autorités, les forces de sécurité et l’armée (Fuerza Pública), les groupes armés organisés, la société civile et la population, au cours desquelles il cherche également à faire connaître et comprendre sa mission et ses méthodes de travail.
Dans le cadre de ces activités, il a organisé deux manifestations internationales à Bogotá : le lancement de l’étude sur le droit international humanitaire coutumier et le cours régional pour l’enseignement du DIH dans les milieux universitaires de l’Amérique latine.
En outre, au cours de la période considérée, le CICR a mis sur pied 41 séances de diffusion du DIH, auxquelles ont assisté près de 3 000 personnes, dont 2 650 porteurs d'armes de la Fuerza Pública et de groupes armés organisés.
Coopération avec la Croix-Rouge colombienne
Assistance
En collaboration avec la Croix-Rouge colombienne, le CICR a lancé en janvier, dans la ville de Pasto, un projet d’aide humanitaire d’urgence qui vise à offrir conseils, protection et assistance aux personnes qui se rendent seules dans cette ville.
En outre, depuis le début de l’année, la Croix-Rouge colombienne a collaboré avec ses volontaires aux distributions d’aide d’urgence en faveur de personnes déplacées lors de 16 déplacements massifs.
Mines
Le CICR et la Croix-Rouge colombienne poursuivent leur collaboration dans le cadre du projet de sensibilisation aux dangers des mines, qui s’adresse aux communautés vivant dans des zones particulièrement exposées.
Santé
Un nouvel accord a été conclu avec le service de la santé de la Croix-Rouge colombienne pour offrir une formation sur la prise en charge initiale des blessés aux promoteurs de la santé et aux aides-soignants qui travaillent dans les zones les plus touchées par le conflit armé. Ces ateliers ont pour but d’améliorer les premiers secours fournis par les équipes sanitaires locales.