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11-02-2008  Éclairage  
RDC : aider les enfants soldats à retrouver le chemin de chez eux
Un centre, situé dans l’est de la RDC, a aidé plus de 1 500 anciens enfants soldats à se réinsérer dans leurs communautés. Le CICR lui apporte un soutien matériel et joue un rôle essentiel pour que les enfants renouent les liens avec leur famille. Bernard Barrett fait rapport depuis Bukavu.

©CICR/B. Barrett/cd-e-00675
Un agronome (en chemise blanche) enseigne les rudiments de l’agriculture à d’anciens enfants soldats au centre du BVES à Bukavu.

Le centre est géré par le Bureau du service volontaire pour les enfants et la santé (Bureau for Volunteer Service for Children and Health, BVES). Pendant les cinq dernières années, il a accueilli plus de 1 500 anciens enfants soldats, dont 173 jeunes filles.

« Nous devons leur réapprendre la notion même de famille, explique Mamy Wema, travailleuse sociale dans un centre de Bukavu pour anciens enfants soldats. Quand ils étaient dans les groupes armés, ils considéraient père et mère comme des objets ; pendant longtemps, ils n’ont connu aucune relation parentale ni aucun amour familial. Et c’est un aspect important du travail que nous faisons ici. »

Les enfants passent au moins trois mois dans le centre avant de rentrer dans leur famille. On leur y enseigne certaines compétences minimales qui faciliteront leur réinsertion, ce qui inclut des cours d’alphabétisation, ou des cours de rattrapage pour ceux qui ont été scolarisés auparavant, ainsi que des activités ludiques visant à améliorer leur socialisation, des travaux manuels, une formation aux travaux agricoles ou à d’autres métiers.

©CICR/B. Barrett/cd-e-00676
D’anciens enfants soldats suivent des cours d’alphabétisation au centre du BVES à Bukavu.

Services psychosociaux et centre de soins

Le centre dispose également de services psychosociaux et d’un centre de soins. « Certains enfants sont atteints de maladies sexuellement transmissibles, d’infections pulmonaires, ou même de blessures par balle », explique Adolphine Nsimire, une des infirmières du centre. « Certaines jeunes filles sont enceintes et tous souffrent de malnutrition. »

Le soutien apporté par le CICR inclut la fourniture de matériel au centre et la recherche des familles des enfants en dehors de Bukavu, et même dans les pays voisins tels que le Rwanda et l’Ouganda. Une fois que la famille est localisée, il organise des échanges de messages Croix-Rouge, et enfin la réunification des enfants avec leur famille.

Le directeur du BVES, Murhabazi Namegabe, explique que les différents groupes armés ont une stratégie délibérée qui consiste à déplacer les enfants dans différentes régions pour les maintenir éloignés de leur famille. « Les infrastructures de transport sont tellement mauvaises dans la région que seule une organisation comme le CICR peut utiliser le vaste réseau dont elle dispose et accéder aux régions reculées où il faut aller pour retrouver les familles », dit-il.

©CICR/B. Barrett
Partie d’échecs entre un travailleur social (en chemise verte) et d’anciens enfants soldats au centre du BVES à Bukavu autour d’un échiquier improvisé fabriqué avec des capsules de bouteilles.

Le retour chez soi n’est pas facile

« Même quand ces jeunes ont retrouvé leur famille, les problèmes ne cessent pas pour autant », explique Marnie Lloyd, déléguée du CICR à la protection à Bukavu. « Le traumatisme de ce qu’ils ont vécu est toujours présent. Leur réseau social s’est brisé et ils ont parfois été très longtemps sans aucun contact avec leur famille. Ils ne sont en général pas allés à l’école et certains se sont habitués à avoir recours à la violence pour obtenir ce qu’ils veulent. La famille ou la communauté peut avoir peur des anciens enfants soldats et il va parfois être nécessaire de leur réapprendre à accepter ces enfants. »

« Les messages Croix-Rouge sont le moyen de rétablir le contact entre l’enfant et sa famille, explique-t-elle. Le contact ainsi renoué est important pour rétablir les liens et la confiance qui sont nécessaires pour que les deux parties marquent leur accord et que la réunification familiale puisse avoir lieu. »

« Les messages Croix-Rouge sont souvent le premier contact entre l’enfant et sa famille après de nombreuses années de silence. Ils y joignent souvent des photos et quand le message est remis, l’émotion peut être extrêmement forte, dit-elle. »

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11-02-2008