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Aidez les victimes de la guerre : faites un don au CICR aujourd'hui
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23-02-2009  Éclairage  
République démocratique du Congo : au Nord-Kivu, la promesse d'un jour nouveau
Si la situation générale demeure volatile, la sécurité revient peu à peu dans certaines régions de l'est du pays. Des milliers de personnes déplacées font le pari du retour. Le CICR les aide à prendre ce nouveau « départ ».

Lorsqu'elle a appris la fin des combats, Béatrice Gasigua n'a pas eu l'ombre d'un doute : « Je me suis dit qu'il valait mieux rentrer chez moi. Dans le camp de déplacés de Kibati, où j'ai vécu plus d'une année, la vie était très difficile. Je suis donc revenue il y a une semaine, et je suis prête à recommencer ma vie au village. » Béatrice, 28 ans, sourit brièvement, tout en donnant le sein au dernier de ses quatre enfants.

On est à la mi-février, dans le village de Rugari. Timidement amorcé fin 2008, le retour au Nord-Kivu des déplacés s'accélère. Tout au long de la route poussiéreuse venant de Goma, des villages naguère vides se repeuplent. De petits groupes de fermiers s'attaquent à la végétation qui a recouvert leurs terres en friche.

« Avant la guerre, il y avait ici près de 16 000 habitants. Nombreux sont ceux qui ont dû s'enfuir à cause du conflit », raconte César Sebikima, président de la Croix-Rouge congolaise à Rugari. « La grande majorité est maintenant rentrée, surtout depuis la cessation des hostilités le 16 janvier. Et les gens continuent de revenir. »

Béatrice Gasigua et d'autres « retournés » massés sur la place du marché tuent le temps sous un soleil écrasant, en attendant qu'on les appelle l'un après l'autre. Pour répondre à leurs besoins, le CICR, en étroite collaboration avec la Croix-Rouge congolaise et avec le soutien du Programme alimentaire mondial, distribue ce jour-là semences et outils agricoles à Rugari.

Recommencer n'est pas chose aisée

« Les distributions visent entre 45 000 et 50 000 personnes dans l'ensemble du Nord Kivu », explique Olivier Martin, qui dirige la sous-délégation du CICR à Goma. « Depuis des semaines déjà, les déplacés rentraient timidement chez eux la journée, pour évaluer les conditions d'un retour éventuel. Dès qu'ils ont estimé la sécurité suffisante, ils ont décidé de faire le pas et de rentrer pour de bon. De notre côté, nous les accompagnons avec une aide adaptée. »

« L'aide comprend deux volets », ajoute Abdallah Togola, en charge des programmes du CICR pour la sécurité économique dans la région. « Pour le court terme, une ration alimentaire complète pour 90 jours, qui permettra aux gens de "tenir" jusqu'à la récolte. Et pour le moyen terme, de quoi relancer la production : deux houes, 15 kg de semences de haricots, 200 boutures de patates douces, et 30 g d'amarante [NDR : une sorte d'épinard]. »

Car recommencer n'est pas chose aisée, lorsque le labeur d'une vie entière a été anéanti. « Ma maison a été détruite, tous mes objets pillés, et mes champs sont vides. Mes poules et mes chèvres ont disparu », raconte Béatrice. Avec son mari et ses enfants, elle vit pour l'instant sous une bâche, ramenée du camp de Kibati.

« Ils ont même volé mon toit en tôle », ajoute Edouard Hishamunda, qui a lui aussi quitté son village de Mugora en octobre 2007, « avec juste ce que je portais sur le dos ». Les combats d'octobre 2008 l'ont forcé à un nouveau déplacement. Avec un fils handicapé, c'est lui qui, à 72 ans, doit nourrir quatre petits-enfants, âgés de deux à 12 ans.

« Le bon moment pour planter »

Grâce à la distribution d'aujourd'hui, il est optimiste. « Je vais planter les haricots, l'amarante et les patates douces, et vendre le surplus, s'il y en a. Je pourrai ainsi payer l'école des enfants, les soins médicaux et acheter des vêtements. »

« C'est le bon moment pour planter », renchérit Béatrice. « Dans quatre mois, je pourrai récolter. » Si la récolte est bonne, elle envisage d'acheter quelques poules.

Parmi ceux qui ont dû fuir, certains ne reviendront jamais. Comme le plus jeune fils de Bahati Renzaho : « Il n'avait pas deux ans. Il a été tué par balle durant notre fuite. Nous l'avons enterré, puis nous sommes allés à Goma. Nous vivions dans une église. Ce n'était pas facile, mais on se débrouillait. La semaine dernière, nous avons quitté Goma pour revenir au village, où quelqu'un nous loge. Maintenant, je vais pouvoir cultiver mes champs. »

La journée tire à sa fin. Edouard, Béatrice, Bahati et des centaines d'autres s'éloignent, chargés de sacs et de bidons d'huile, formant une longue file. Pour ceux qui vivent au pied du volcan Mikeno, il faudra affronter une pente ardue durant plus de trois heures. Tout à coup, une petite pluie vient rafraîchir l'atmosphère étouffante. Comme la promesse d'un jour nouveau.

© CICR/I. Jaquemet/V-P-CD-E-00857
Béatrice Gasigua vient de rentrer dans son village avec ses quatre enfants après avoir vécu pendant 15 mois dans un camp de déplacés.

© CICR/I. Jaquemet/V-P-CD-E-00858
Edouard Hishamunda, 72 ans, quatre petits-enfants à charge. Grâce aux outils et aux semences distribués par le CICR, il espère pouvoir récolter suffisamment pour vendre le surplus.

©CICR/I. Jaquemet/V-P-CD-E-00859
Bahati Renzaho, dont le fils de deux ans a été tué en 2007. Après une année passée dans une église de Goma avec d'autres déplacés, il a décidé de rentrer chez lui.

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23-02-2009