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un réservoir d'une capacité de 10 000 litres a été rénové et fournit de l'eau à 10 bornes fontaines et à plusieurs autres points d'approvisionnement répartis dans la ville.
En ce matin de février 2008, les cris des femmes dans le marché et l'affairement général pourraient presque faire oublier que Saõ Domingos, à la lisière entre la Guinée Bissau et le Sénégal, est au cœur d'une zone sensible particulièrement touchée par les conflits passés.
À la demande des autorités de la ville, le CICR a réhabilité le réseau d'adduction d'eau de la ville. Désormais relié à un forage alimenté par un générateur, un réservoir d'une capacité de 10 000 litres a été rénové et fournit de l'eau à 10 bornes fontaines et à plusieurs autres points d'approvisionnement répartis dans la ville.
Pour rendre le système plus autonome et écologique, le CICR compte remplacer le générateur avec des panneaux solaires. Le préfet de la ville s'est engagé à former une association de gestion afin de rendre le système fonctionnel sur le long terme.
Pour les 3000 habitants que compte la bourgade, le manque d'eau courante a été bien plus qu'une simple privation, elle a modifié les habitudes de vie. Auparavant lieu de regroupement des femmes, qui échangeaient sur la vie de leurs foyers, les bornes fontaines ont été désertées pendant des années. Aujourd'hui, l'accès à une eau courante de qualité, bien meilleure que celle des puits villageois, contribuera à éradiquer certaines infections de la peau et maladies diarrhéiques. Depuis près 10 ans que le réseau est paralysé, de rares intervenants humanitaires ou privés ont creusé des puits sans que cela puisse répondre à tous les besoins.
Autorités administratives et locales, branche de la Croix-Rouge, ONG et groupements de femmes étaient présents lorsque les premières gouttes d'eau sont tombées des robinets. Dans la foule, Georgette a assisté à l'événement. Née à Saõ Domingos à la fin des années 1950, elle a dû fuir le pays avec sa famille lors de la première guerre de libération pour s'installer au Sénégal. Revenue au pays, elle a une fois de plus été forcée de prendre le chemin de l'exil lors du conflit de 1998.
Revenue dans sa ville natale, cette monitrice en broderie et en teinture s'est fournie dans les puits villageois. Lorsque ces puits étaient à sec au moi de mai, l'eau était conservée de longues semaines dans des récipients qui lui donnaient une couleur brunâtre. Avec la rénovation du réseau, elle va pouvoir travailler dans de meilleures conditions. "Vous nous avez aussi apporté la santé !", confie-t-elle joyeusement au délégué Eau et habitat présent.