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Mount Elgon, Kenya. Des volontaires de la Croix-Rouge et des habitants du Mont Elgon déchargent des sacs lors d’une distribution de secours.
Le Mont Elgon étant l’une des régions les plus fertiles du Kenya, il semble étonnant que la Croix-Rouge ait dû y distribuer des vivres. Mais depuis 2006, les violences ont forcé les habitants de cette zone à fuir, en abandonnant leur ferme.
N'ayant plus de ferme ni d'argent, les habitants du Mont Elgon se sont tournés vers les organisations humanitaires pour pouvoir survivre. Le CICR est intervenu : en collaboration avec la Croix-Rouge du Kenya, il a commencé à soutenir les familles démunies.
Pendant près d'un an, la Croix-Rouge a distribué à 12 000 familles des rations mensuelles comprenant de l'huile de cuisine, du sel, du maïs et des fèves.
Un calme relatif est revenu dans la région, et un grand nombre de personnes sont rentrées chez elles. Mais la majorité des gens vivent chez des proches ou ont acheté un terrain ailleurs afin de s'y établir.
Elizabeth Chemutai est veuve et mère de plusieurs enfants. Elle a fui de sa maison construite dans le cadre d’un programme de redistribution des terres, à Chebyuk, une des zones les plus durement touchées par les violences. Elle habite depuis lors chez son oncle.
« Cela a été une période difficile, tout particulièrement pour les veuves, relève Elizabeth. Et pour couronner le tout, beaucoup d'hommes ont été enlevés ou ont dû fuir pour sauver leur peau. C'est pourquoi aujourd'hui, beaucoup de fermes du Mont Elgon sont dirigées par des femmes. »
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Mount Elgon, Kenya. Une fois les camions du CICR prêts à repartir, les gens commencent à prendre les secours qui viennent d'être livrés.
Comme beaucoup d'autres, Elizabeth compte sur la Croix-Rouge pour se nourrir et subvenir à ses besoins. Depuis qu'elle n'a plus de terres à cultiver, il lui est devenu très difficile de nourrir ses cinq enfants. Lorsque la Croix-Rouge a distribué des vivres pour la dernière fois, elle est arrivée avec son panier et a fait la queue, comme elle l'avait fait maintes fois auparavant.
Parmi ceux qui attendaient, certains portaient des marques de violence. Leur angoisse était visible, car ils s'étaient habitués à voir arriver les camions et les véhicules tout-terrain remplis de vivres pour le mois.
Martin Geiywa fait partie du comité local qui contrôle les bénéficiaires pour s'assurer que seules les personnes qui en ont besoin reçoivent des rations alimentaires. Martin a quitté sa maison à Chebyuk en août 2006, quand il a vu un homme se faire tuer devant sa ferme.
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Mount Elgon, Kenya. Des bénéficiaires de l'aide montrent leur carte de rationnement du CICR sur un lieu de distribution.
Martin a neuf enfants à nourrir avec les rations alimentaires distribuées chaque mois par la Croix-Rouge. Il dit que les vivres arrivent régulièrement depuis novembre 2007, lorsque la Croix-Rouge a commencé à venir en aide aux habitants du Mont Elgon.
« Cela va nous manquer quand la Croix-Rouge arrêtera les distributions de secours, mais ils ont mis sur pied un plan solide pour que nous fassions pousser nous-mêmes nos aliments. De plus, nos terres sont très fertiles, et nous retrouverons notre fierté quand nous recommencerons à vendre nos produits », déclare Martin.
Les dernières distributions ont eu lieu en octobre, mais les villageois étaient préparés bien à l'avance à la fin du programme.
« Nous voulions que les gens soient capables de subvenir à leurs besoins. En avril 2008, nous avons distribué les premières semences ainsi que des outils, en plus des rations alimentaires », explique Philippe Mbonyingingo, délégué du CICR.
Chaque famille a reçu des graines de maïs, de fèves et de légumes. Comme les familles n'avaient pas de matériel, la Croix-Rouge a donné à chacune d'elles deux houes et de l'engrais.
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Mount Elgon, Kenya. Une volontaire de la Croix-Rouge vérifie les cartes de rationnement.
Elizabeth se rappelle avoir partagé les semences avec ses proches, car elles étaient particulièrement bonnes, et tout le monde voulait sa part. Et les propriétaires qui avaient accepté de la laisser cultiver leurs terres voulaient quelque chose en retour.
« Sans terre à cultiver, vous avez les mains liées. Parfois, nous devons attendre que les propriétaires aient terminé leur récolte pour pouvoir planter nos semences », explique son amie Jane.
Les distributions prennent du temps, et vu l'état des routes, il est très fatigant de parvenir jusqu'aux différents lieux de distribution. Le lendemain, les volontaires de la Croix-Rouge étaient à Toiyendet, un des endroits les plus reculés, très haut sur le Mont Elgon.
Le chauffeur de camion du CICR a vite déchargé les semences et les engrais puis est reparti. « Nous devons rejoindre un terrain ferme avant l'arrivée des pluies, sinon nous risquons de nous enliser », lance-t-il.
Maintenant, les habitants de la région pourront se remettre à cultiver grâce au soutien de la Croix-Rouge.