14-03-2008 Éclairage Liban : le CICR aide à rétablir l’approvisionnement en eau et l’emploi à Nahr al-Bared, et à redonner espoir à la population. La vie reprend peu à peu le dessus à Nahr al-Bared (nord du Liban), dans ce camp qui connaissait la prospérité jusqu’à ce qu’il soit dévasté par trois mois de combats acharnés en 2007. En rétablissant le système d’approvisionnement en eau, le CICR contribue à la renaissance du camp. Récit de Samar el Kadi depuis Tripoli. Rétablissement du réseau d’eau dans le camp dévasté
Le CICR, qui a joué un rôle clé dans l’assistance à la population civile pendant les hostilités, a commencé à remettre en état le réseau d’eau un mois après la fin des combats entre l’armée libanaise et les milices du Fatah al-Islam.
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Transfert d'eau d'un camion citerne au réservoir de Gineen
À la suite d’une évaluation des besoins en eau et des dégâts subis par les infrastructures, et en coopération avec l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), le CICR a commencé à réhabiliter les conduites principales du réseau, et à venir en aide aux victimes du conflit qui se réinstallaient dans le camp, où vivaient à l’origine 30 000 réfugiés palestiniens. Deux mois après le commencement des travaux, début novembre 2007, après avoir installé près d’un kilomètre de conduites, les ingénieurs hydrauliciens du CICR terminaient la remise en état du réseau dans la partie sud du camp. Ces nouvelles conduites permettront de faire des connections avec le reste du réseau. À l’avenir, celui-ci devrait desservir la partie ancienne du camp qui, aujourd’hui, n’est toujours qu’un amas de ruines et de bâtiments éventrés. Depuis lors, de nouveaux travaux ont été entrepris sur le reste du réseau dans le but de desservir d’autres parties du camp. « Il s’agit de tenir compte non seulement des besoins actuels, mais également d’une croissance probable de la population du camp », explique Paul-Henri Bourlon, ingénieur hydraulicien du CICR. « Une des principales difficultés auxquelles nous, au même titre que d’autres organisations humanitaires, avons dû faire face, au début, a été de répondre aux besoins immédiats des personnes qui revenaient dans le camp, tandis que nous lancions un projet sur 4 mois », fait remarquer Randa Sabeh Aoin, collaboratrice locale du CICR.
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Des résidents du camp de Nahr el Bared vont chercher de l'eau
« Nous avons commencé par nous assurer qu’il serait possible d’acheminer de l’eau par camion à partir d’un puit situé à Jenin, de manière à répondre aux besoins urgents de quelque 1 200 familles qui s’étaient réinstallées dans le camp », ajoute-t-elle.L’organisme de secours Islamic Relief et L'Agence d'aide à la coopération technique et au développement (ACTED) s’occupent de l’acheminement de l’eau par camion. En moyenne, 75 camions d’une capacité de 4 000 litres chacun permettent d’assurer l’approvisionnement quotidien en eau des personnes réinstallées, et notamment de 125 familles relogées dans des abris provisoires aménagés par l’UNRWA à proximité du camp. La disparition des documents officiels, notamment des plans des infrastructures, a constitué un autre problème auquel le CICR a été confronté. « Nous avons mis les gens à contribution, leur demandant de faire appel à leur mémoire pour nous aider à retrouver le tracé des anciennes canalisations », explique M. Bourlon. Pour l’heure, le CICR a aussi remis en état deux réservoirs d’une capacité de 60 m3 chacun, et travaille actuellement sur un troisième. Il installe également du matériel de chloration pour le traitement de l’eau de quatre puits, et en équipe un autre d’un générateur et d’une pompe. Les projets d’approvisionnement en eau que le CICR mène à Nahr al-Bared procurent en outre des emplois aux habitants du camp. Après avoir perdu leurs habitations et leurs moyens de subsistance, ils s’étaient retrouvés dans une situation très précaire, et il était impératif qu’ils puissent travailler à nouveau. Le nombre de travailleurs employés à la journée par le CICR varie en fonction des besoins. « Les gens ont absolument besoin de pouvoir travailler et d’avoir un revenu. Dans ce sens, le CICR a incontestablement contribué à créer de l’emploi », se réjouit Abou Othman, le chef d’équipe, lui-même habitant du camp. Estimés à 250 000 dollars US, les travaux devraient être achevés d’ici fin mars. Le camp disposera alors d’une conduite d’eau principale. Par la suite, l’UNRWA pourra développer le réseau en installant des canalisations de branchement, afin de ravitailler les maisons des familles qui viendront s’installer dans le camp. |