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27-11-2008  Éclairage  
Liban : au cœur de l'action
La Croix-Rouge libanaise joue un rôle crucial dans la fourniture d'assistance lors de situations d'urgence au Liban. Ses capacités en la matière sont renforcées par son partenariat avec le CICR.

Lorsque Yaman Saab s'est rendu au travail le 11 mai 2008, il ne s'attendait pas à devoir faire face ce jour-là à de pareilles situations d'urgence. Il est le responsable du poste médical d'urgence de la Croix-Rouge libanaise dans le petit village de Kaber Chamoun, qui surplombe Beyrouth.

Il est vrai que les partisans armés des partis politiques libanais rivaux se battaient depuis plusieurs jours, mais les combats étaient confinés à certains quartiers de Beyrouth. Personne ne s'attendait à une telle propagation de la violence sur les collines proches de la capitale.

©CICR
Hazmieh, Beyrouth. Des opérateurs du centre d'opérations principal du Service médical d'urgence de la Croix-Rouge libanaise reçoivent des appels.
Saab s'était néanmoins préparé à une éventuelle situation d'urgence. Il avait mis 45 volontaires en état d'alerte, et six ambulances étaient prêtes à intervenir. « Nous avons commencé à recevoir des appels en début d'après-midi ; c'était un dimanche, raconte-t-il. Soudain, de violents combats ont éclaté dans le quartier. »

À certains endroits, les ambulances ne pouvaient pas arriver jusqu'aux victimes en raison des tirs nourris. Elles s'approchaient alors le plus possible de l'endroit où elles étaient appelées. Les victimes étaient ensuite transportées à pied jusqu'à l'ambulance puis évacuées vers l'hôpital le plus proche.

« Nous devions appuyer nos services avec des ambulances d'autres postes médicaux afin de libérer certains de nos véhicules pour d'autres urgences », explique Yaman Saab. Le poste de Kaber Chamoun couvre une grande partie du Mont-Liban, où le plus gros des combats était concentré. Alors que les volontaires étaient partis répondre à des appels provenant des collines, plus haut, des affrontements violents ont éclaté dans la zone de Shoueifat, au sud-est de Beyrouth, qui est également couverte par le poste de Kaber Chamoun.

« Nous étions submergés par les appels et restions en contact permanent avec les familles de victimes prisonnières des combats. Ces familles à leur tour maintenaient le contact avec leurs proches et leur donnaient des instructions par téléphone jusqu'à l'arrivée des ambulances, raconte Saab. C'était stressant. Nos ambulances ne pouvaient pas parvenir jusqu'à certaines victimes parce que c'était trop risqué. »

L'amertume dans la voix de Saab est palpable lorsqu'il repense à la situation : les volontaires de la Croix-Rouge libanaise réussissant finalement à se rendre auprès des victimes « quand c'était hélas trop tard pour beaucoup d'entre eux. Nous n'arrivions pas à mener notre mission humanitaire de manière satisfaisante à cause des obstacles liés à la sécurité. Ce n'était vraiment pas facile – mais la guerre, c'est moche ».

Des installations nouvelles et plus performantes

Les missions de secours menées par le poste de Kaber Chamoun et d'autres services médicaux d'urgence de la Croix-Rouge libanaise au Mont-Liban et à Beyrouth sont organisées et gérées depuis le siège du Service médical d'urgence à Hazmieh.

En août, ce service a quitté le vieux bâtiment exigu qu'il partageait avec l'école d'infirmières de la Croix-Rouge libanaise à Baabda, autre quartier de Beyrouth, pour de nouveaux locaux à Hazmieh. « Notre rêve, qui était d'avoir notre propre bâtiment séparé et indépendant, est devenu réalité », raconte Georges Kettaneh, directeur du Département des secouristes. « Nous avons plus d'espace maintenant et nous pouvons nous déplacer plus librement. Dans les anciens locaux, nous étions entassés dans deux pièces et marchions sur la pointe des pieds pour éviter de déranger les collègues des autres départements », explique-t-il.

©CICR
Volontaires de la Croix-Rouge libanaise sur le point de partir pour une mission sur le terrain.

Grâce au soutien du CICR, le siège du Service médical d'urgence est désormais doté de bâtiments tout neufs et rénovés, et d'un matériel de communication performant, notamment d'une antenne puissante qui permet de maintenir le contact avec le terrain. Cela a complètement changé la vie des 15 opérateurs, volontaires pour la plupart, qui gèrent le service central des urgences 24 heures sur 24. « La charge de travail est toujours la même, mais le travail est aujourd'hui plus facile à organiser », précise Rudy Daoud, chef du centre d'opérations.

Le centre d'opérations de Hazmieh couvre la zone où la densité de population est la plus forte. Les téléphones ne cessent de sonner, des informations sont transmises par radio, avec la télévision en fond sonore, et les opérateurs répondent aux appels : « Opérations, oui ?… De quel genre de blessure s'agit-il ? De quelle zone appelez-vous ? Quelle est votre adresse ? »

Soutien de la population

Grâce à son action au cours de la guerre civile, la Croix-Rouge libanaise jouit d'un large soutien. Son centre nerveux, le centre d'opérations de Hazmieh, traite une moyenne de 150 interventions d'urgence par jour en temps de paix. Ce chiffre double lors de situations d'urgence. Trois autres grands services médicaux d'urgence à Tibnine, Tripoli et Zahleh couvrent les opérations de la Société nationale dans le sud et le nord du Liban et dans la région de la Bekaa, respectivement.

Expliquant le fonctionnement du centre d'opérations principal, André Harfouche, volontaire au service des urgences depuis 21 ans, dit que dans les situations d'urgence liées à des conflits armés, « les seules informations dont les opérateurs ont besoin sont la provenance de l'appel de détresse et les conditions de sécurité à cet endroit. Ensuite, ils alertent le poste de secours le plus proche pour qu'il procède à l'évacuation dans la mesure où cela peut se faire sans danger ». Dans les situations d'urgence, les volontaires peuvent travailler jusqu'à 36 heures d'affilée, comme c'était le cas durant la guerre de juillet 2006.

En temps de paix, les opérateurs sont soumis à moins de pression. Ils peuvent également recueillir des informations plus détaillées sur les cas de détresse avant de donner le feu vert pour l'intervention. Bien que les opérateurs du Service médical d'urgence traitent généralement des cas graves, ils ont quand même quelques belles histoires à raconter. Il n'est pas rare, notamment dans les régions reculées, que le service d'ambulance des urgences soit sollicité pour emmener d'urgence à l'hôpital une femme sur le point d'accoucher. Une fois, les volontaires de la Croix-Rouge libanaise ont presque dû mettre eux-mêmes l'enfant au monde.

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27-11-2008