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21-08-2008  Éclairage  
Pakistan : une issue heureuse
La vie est précieuse. Tajir Hussain et sa famille ne le savent que trop bien. Tajir était au plus mal, plongé dans un coma profond. Alors que tout espoir semblait perdu, il s'est miraculeusement rétabli. Récit de Sitara Jabeen.

Les événements tragiques remontent à février 2008 et ont pour scène un rassemblement politique auquel il participait. À un moment donné, une explosion se produisit, et Tajir, 30 ans, se retrouva souffrant de blessures multiples, 10 jours à peine après s’être marié. Tajir Hussain vient de Para Chinar, dans le district de Kuram. Cette région limitrophe de l’Afghanistan est l’une des plus durement touchées par la violence sectaire.

Tajir est l’une des innombrables victimes de la violence armée qui frappe le Pakistan où, depuis l’année dernière, des affrontements en série ont coûté la vie à des centaines de personnes. Les principaux axes routiers étant fermés depuis des mois, les déplacements de personnes sont extrêmement difficiles dans la région. Tajir a ainsi mis plusieurs jours avant de pouvoir atteindre l’hôpital du CICR à Peshawar. Lorsqu’il y a été admis, en mars dernier, il était gravement blessé, affaibli, et présentait des symptômes de choc traumatique.

Du fait que beaucoup de temps s’était écoulé avant qu’il ne puisse recevoir des soins, Tajir a eu un arrêt cardiaque. Les lésions cérébrales qui en ont résulté l’ont plongé dans le coma. Il a perdu la parole et a énormément maigri. Pour rester en vie, il a dû être nourri par voie intraveineuse pendant près d’un mois. Les perspectives étaient des plus sombres, et tout espoir semblait perdu.

Avant le drame, Tajir était un jeune homme en bonne santé, en dépit des conditions de vie rigoureuses dans cette région du monde, où les biens de première nécessité manquent. Les habitants de cette zone frontalière sont connus pour leur force physique et leur résistance. Mais de là à pouvoir résister à l’épreuve meurtrière des armes...

Ses deux frères, Tahir et Jabir Hussain, sont restés à ses côtés depuis le jour de l'accident, prenant inlassablement soin de Tajir, alors que l’état de ce dernier ne cessait de se détériorer. Ils étaient à son chevet lorsque, déjà inconscient, il a eu sa crise cardiaque.

« Il est très important d’être sincère quant à l’état d’un patient envers les personnes qui l’accompagnent. J’ai ainsi dit à ses frères que je ferais tout ce que je pourrais pour tenter de le sauver, sans toutefois leur cacher que ses chances de survie étaient très minces », a déclaré le Dr Diego Cornaldesi du CICR qui suit Tajir.

Et, alors que ses frères s’apprêtaient à le ramener à la maison, pas tant pour qu’il ait davantage de chances de s’en sortir, mais pour qu’il puisse mourir entouré des siens, le miracle s’est produit.

Un jour, Tajir est sorti du coma et s'est mis reconnaître ses frères et les médecins. Ceux-ci n’en revenaient pas. C'était magnifique de le voir commencer à se rétablir. En fait, seuls ceux qui sont parvenus à s’arracher des griffes de la mort savent combien précieuse est la vie

Si sa guérison a énormément réjoui les membres du personnel médical qui s'occupaient de lui, elle a été une véritable bénédiction pour ses frères. Les soins et l’attention qu’il a reçus ont permis à Tajir de reprendre progressivement une vie normale. Il arrive aujourd'hui à bouger la jambe qui n’a pas été blessée, ainsi que ses bras. Il réagit lorsqu’on l’appelle par son nom, et il s’est même mis à prononcer quelques mots.

Les médecins sont d’avis que le rétablissement de Tajir est exceptionnel. Il incarne l’espoir qu’il y a lieu de garder dans les situations qui semblent désespérées.
S’il y a des blessés par armes qui meurent, c’est parce qu’ils ne peuvent accéder à temps aux hôpitaux. Il est difficile de déterminer avec exactitude la proportion de personnes qui se trouvent dans cette situation. Ce qui est certain, c’est que celles qui, comme Tajir, s'en sortent après avoir frôlé la mort de près, ne sont pas légion. La survie des victimes dépend de la plus ou moins grande facilité qu’elles ont à se rendre dans des établissements de soins. Nous avons tous un rôle à jouer pour faire en sorte que cela soit possible. La vie humaine est précieuse : elle vaut tous les efforts que nous pouvons faire pour la préserver.

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21-08-2008