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23-01-2008  Interview  
Le CICR ravitaille Gaza
Le jour même où Israël autorise la reprise de la livraison de secours, pendant une journée, à la bande de Gaza, la coordonnatrice du CICR chargé des questions liées à la santé, Eileen Daly, parle des menaces que fait peser sur la population civile l'interdiction de faire entrer des denrées et des marchandises sur le territoire. Des médicaments essentiels et d'autres fournitures ont pu pénétrer dans Gaza le 22 janvier après-midi.

©ICRC
Eileen Daly, coordonnatrice santé pour le CICR à Gaza.
Le 22 janvier, le gouvernement israélien a ouvert les points de passage pour la livraison de fioul et d'une aide humanitaire vitale. Quelles en sont les répercussions sur la situation à Gaza ?

C'est sans aucun doute une mesure positive prise par le gouvernement israélien. Toutefois, si l'on considère la gravité de la situation dans la bande de Gaza, la fourniture d'une assistance humanitaire essentielle doit être garantie sur le long terme pour éviter de grands problèmes. Les gens à Gaza sont confrontés à une situation extrêmement difficile après des mois de restriction sur les importations. Les infrastructures principales – comme les structures médicales et les installations de distribution d'eau et sanitaires – sont sur le point de s'effondrer.

Quelle est la situation dans les hôpitaux de Gaza ?

Il y manque cruellement de presque tout ce qui est nécessaire pour que les hôpitaux fonctionnent normalement. Par exemple, l'hôpital Shifa, l'hôpital pédiatrique Nasser et les magasins centraux de fournitures médicales de la ville de Gaza, ainsi que l'hôpital européen de Gaza à Khan Younis, ont besoin de fioul de toute urgence. À la demande du CICR, les Nations Unies (UNRWA, selon son acronyme anglais pour désigner l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le proche Orient) en ont livré 12 700 litres, juste assez pour deux jours. Sur les 11 hôpitaux suivis par le CICR, seuls deux ont du combustible pour plus de six jours.

Il fait froid dans les hôpitaux, car les appareils de chauffage sont éteints pour économiser le fioul. Il y a de moins en moins de gaz pourtant nécessaire à la cuisson des repas destinés aux patients et au personnel. Les transports étant limités, le personnel médical a du mal à se rendre au travail. Les buanderies des hôpitaux ont elles aussi besoin de fioul.

Compte tenu de ces problèmes, les hôpitaux peuvent-ils rester ouverts ?

©Reuters / M. Salem
Une Palestinienne auprès de sa fille malade à l'hôpital pédiatrique al-Nasser à Gaza, 21.01.2008.
Quatre hôpitaux de la ville de Gaza, dont le principal hôpital pédiatrique de la bande de Gaza, sont sur le point de fermer. L'hôpital psychiatrique (39 lits) n'a pas de courant ; l'hôpital ophtalmologique (31 lits) et l'hôpital pédiatrique Nasser (151 lits) ne traitent que les cas urgents.

À la tombée de la nuit, le 21 janvier, il n'y avait pas d'électricité dans ces trois hôpitaux, sauf dans les unités de soins intensifs aux nourrissons et aux enfants de l’hôpital pédiatrique, et ce, grâce à un petit générateur. L'hôpital pédiatrique al Dorra (79 lits) n'a pas de courant, sauf dans l'unité de soins intensifs.

Il en résulte que les hôpitaux ne traitent que les personnes dont la vie est en danger – tous les tests de diagnostic et interventions chirurgicales non urgentes sont supprimés. Ils mettent en commun leur fioul pour alimenter le générateur principal, afin de pouvoir faire marcher les services vitaux tels que les salles d'opération, les soins coronariens, les soins intensifs, les soins spéciaux pour bébés, les dialyses et la banque de sang.

Qu'en est-il de l'approvisionnement des hôpitaux de Gaza en médicaments ?

Plus d'1/5 des 470 médicaments ainsi qu'1/4 des 600 articles à jeter essentiels sont épuisés. Et les stocks de ces articles, prévus pour durer trois mois, ont eux aussi considérablement diminué.

Parmi les médicaments manquants figurent les anesthésiants ainsi que la sulfadiazine d'argent, cruciale pour le traitement du nombre croissant des brûlés. Ces médicaments, et d'autres tout aussi essentiels, de même que les articles jetables, sont à bord d’un camion qui attend de pouvoir traverser le point de passage de Kerem Shalom, en territoire israélien, pour entrer dans la bande de Gaza (NDE : le camion a traversé le point de passage en fin d'après-midi le 22 janvier).

Savez-vous si des patients ont perdu la vie à cause de cette situation extrême ?

Nous savons qu'un patient placé sous oxygène est mort à l'hôpital Ahli Arab pendant la commutation entre la centrale électrique principale et le générateur.

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23-01-2008