Situation générale
Le CICR continue à recevoir des dizaines d’appels au secours de personnes se trouvant dans des zones soumises aux attaques. « Hier, nous avons reçu un appel d’une famille de 40 personnes, dont 20 enfants, toutes rassemblées dans une maison située dans le secteur de Netzarim. Elles nous ont dit que cela faisait six jours qu'elles n'avaient pas d'eau potable, car le puits qui alimentait leur maison avait été endommagé », raconte une employée du CICR à Gaza. Elle-même est hébergée chez une tante, avec 17 autres membres de la famille ayant fui des zones peu sûres des environs de la ville de Gaza.
De nombreux appels proviennent également de personnes demandant des nouvelles de leurs proches et d’amis restés dans des secteurs inaccessibles. Les réseaux à fibre optique utilisés par les services de téléphonie fixe ayant été endommagés, ceux de téléphonie mobile étant congestionnés et les appareils difficiles à recharger en raison du manque d'électricité, les familles ont de plus en plus de mal à rester en contact. Les gens sont toujours plus préoccupés, car ils ne savent pas ce qu’il est advenu de leurs proches.
Le nombre de personnes auxquelles il est impossible d’accéder et de porter assistance demeure élevé, et les travailleurs humanitaires subissent des pressions accrues de la part des Gazaouis, qui leur demandent de faire davantage pour venir en aide à ceux qui en ont besoin. « Nous faisons tout ce que nous pouvons et n’épargnons aucun effort lorsqu’il s’agit d’aller secourir des gens, chaque fois que cela nous est possible, explique un employé des services médicaux du Croissant-Rouge palestinien. Nous-mêmes sommes frustrés de ne pas pouvoir faire davantage. Les opérations de secours doivent souvent être abandonnées en raison du manque d’accès. Elles deviennent en outre de plus en plus dangereuses, et nous avons toujours plus peur. »
« Des paroles comme celles-ci, venant d’employés des services médicaux du Croissant-Rouge palestinien, qui sont parmi les plus courageux – et qui sont habitués à travailler sous les feux croisés, dans des conditions extrêmement difficiles – nous incite à réitérer avec encore plus d’insistance notre appel pour avoir accès en toute sécurité aux victimes du conflit », réagit Antoine Grand, chef du bureau du CICR à Gaza.
Activités du CICR
Aujourd’hui, le CICR a facilité le passage en toute sécurité de cinq camions de pompiers afin d’éteindre un gigantesque incendie provoqué par les pilonnages auxquels le nord de la ville de Gaza a été soumise.
Des collaborateurs du CICR attendent toujours l'autorisation des autorités israéliennes d'escorter des ambulances du Croissant-Rouge palestinien vers Al-Atartra (Beit Lahiya), ainsi que vers Zeitoun et une autre zone située à l’est de Jabaliya, pour aller chercher les blessés et les évacuer.
Électricité
Bien qu’un certain nombre d’installations électriques aient été réparées, l’approvisionnement en électricité est toujours irrégulier et peu fiable. La centrale électrique de Gaza commence à manquer de carburant. Ses stocks n’ont pas été réapprovisionnés ces deux derniers jours, la situation de sécurité n’ayant pas permis qu'elle soit ravitaillée à partir de la ville de Gaza.
Santé
En raison du risque de coupures de courant, et pour permettre le fonctionnement ininterrompu d'installations vitales, les hôpitaux de la bande de Gaza, l’hôpital Al-Shifa notamment, sont toujours alimentés par des générateurs entre 20 et 24 heures par jour.
Comme ces deux derniers jours il n’a pas été possible de ravitailler en secours médicaux des établissements de soins tels que l'hôpital européen et les hôpitaux Naser et Al-Aqsa, depuis le nord de la bande de Gaza, ces derniers font face à une pénurie de médicaments et d'autre matériel médical. Le transfert sur Rafah de blessés devant être évacués vers l’Égypte a lui aussi été suspendu, de même que le transport de membres du personnel médical vivant dans le sud et censés reprendre leur service à l’hôpital Al-Shifa, situé en ville de Gaza.
Si, en dépit de toutes les difficultés qu’ils rencontrent, les hôpitaux parviennent à faire face à l’afflux des blessés, la situation en matière de soins de santé primaires semble elle se détériorer. De nombreux centres de soins de santé primaires ne sont plus opérationnels – partiellement en raison des dégâts que certains ont subis. Cette situation a de graves conséquences pour les personnes dont l’état de santé nécessite un suivi médical régulier, celles qui souffrent de maladies chroniques et les femmes enceintes, entre autres. « C’est très alarmant, déplore Palina Asgeirsdottir, déléguée santé du CICR. Si cette situation se prolonge, les conséquences à long terme pour ces patients pourraient être très graves. Au cours des deux dernières semaines, la priorité est allée aux blessés, ce qui est normal ; nous ne devons cependant pas oublier ceux qui ont besoin de soins de santé de base ».
Informations complémentaires :
Simon Schorno, CICR Genève, tél. : +41 79 251 93 02
Anne-Sophie Bonefeld, CICR Jérusalem, tél. : +972 2 582 88 45 ou +972 52 601 91 50
Iyad Nasr, CICR Gaza, tél. : +972 59 960 30 15 (arabe)
Yael Segev-Eytan, CICR Tel-Aviv, tél. : +972 3 524 52 86 ou +972 52 275 75 17 (hébreu)
Nadia Dibsy, CICR Jérusalem, tél. : +972 5917900 ou +972 52 601 91 48 (arabe)